Accueil / Actus / Pro / European Tour / Open britannique : le sacre de Shane Lowry

Open britannique : le sacre de Shane Lowry

Soutenu par tout un peuple, l’Irlandais Shane Lowry décroche le 148e British de l’histoire avec un score final de -15 (269), six coups devant l’Anglais Tommy Fleetwood. Benjamin Hébert et Romain Langasque finissent respectivement 41e et 63e.

Avec ce triomphe, Shane Lowry décroche entre autres cinq années d'exemption sur les trois autres Majeurs et une exemption jusqu'à 60 ans au British Andrew Redington / Getty Images Europe - AFP
18-21
juillet
OPEN BRITANNIQUE
LIEU : Royal Portrush Golf Club, Irlande du Nord
CIRCUIT : European Tour

Le résumé

Jour de gloire pour Shane Lowry ! On serait tenté de rajouter pour toute l’Irlande. Que ce soit celle du sud (l'Eire), dont est originaire le golfeur, ou celle du nord (rattachée au Royaume-Uni). Ce grand gaillard d’1,85 m pour 100 kilos a en effet été porté par tout un peuple tout au long de la semaine. Leader à -16 avec quatre coups d’avance sur l’Anglais Tommy Fleetwood au départ de ce dernier tour placé sous le signe de la menace météorologique, le vainqueur du premier Rolex Series 2019 au mois de janvier à Abu Dhabi a su faire le dos rond, gérant en vrai cador son matelas de points. Ainsi, en concédant un bogey sur son premier trou, Lowry ne s’est nullement affolé. Le ciel jouant comme prévu son rôle d’incontournable arbitre. En effet, la pluie et le vent entrèrent rapidement en action (rafales atteignant par moment les 45 km/h), laminant les parties de tête les unes après les autres. Après trois birdies rapprochés (entre les trous 4 et 7), l’Irlandais âgé de 32 ans et au physique de déménageur accusait trois bogeys de suite (du 8 au 10) avant de douter – quelques minutes seulement – au 14 avec une cinquième erreur. Vite effacée par un ultime birdie au 15. Son adversaire direct, Tommy Fleetwood, n’arrivait pas de son côté à mettre la pression, virant à +1 après neuf trous et comptant toujours entre quatre et six coups de retard. Son 74 (+3) final le mettait à l’arrivée à six longueurs de Lowry, deuxième à -9 (275), juste devant l’Américain Tony Finau, seul troisième à -7 en ayant été l’un des rares dans les six dernières parties des prétendants au titre à ne pas signer une carte au-dessus du par. En l’occurrence un solide 71 (par) tant les éléments furent contraire presque tout au long de l’après-midi à Portrush. Six coups d’écart entre le vainqueur et son dauphin dans un British, il faut remonter à 2010 et le succès sans partage (7 coups d'avance) du Sud-Africain Louis Oosthuizen à St Andrews pour trouver trace d’une telle suprématie.

Après avoir manqué les cuts des quatre derniers Open britannique en cumulant un score peu flatteur de +23, Shane Lowry décroche ici en Ulster sa plus belle victoire. Celle qui devrait le propulser l’an prochain dans l’équipe européenne de Ryder Cup dont le capitaine n’est autre que son compatriote, Padraig Harrington.      

Le coup du jour

Le chip, certes un peu chanceux, de Romain Langasque aux abords du green du 4 pour un sublime birdie. Le seul de sa journée, hélas…

Le fait du jour

Le 66 (-5) du tenant du titre, l’Italien Francesco Molinari, sans bogey mais avec un eagle et trois birdies qui lui permet de gagner 43 rangs au leaderboard et de terminer aux portes du top 10. Plus précisément à la onzième place à -3 (281). 

Le chiffre du jour

12Comme le nombre de tops 5 en Majeurs de Lee Westwood depuis sa cinquième place à l’US Open 2000. L’Anglais a ainsi fini trois fois deuxième (Masters et British 2010, Masters 2016), six fois troisième (Masters 2012, US Open 2008 et 2011, British 2009 et 2013, USPGA 2009), deux fois quatrième (British 2004 et 2019) et une fois cinquième (US Open 2000).

Les Français

Journée difficile pour tout le champ, y compris pour les deux Français ayant franchi le cut vendredi soir. Benjamin Hébert, parti à 8h57 locale (9h57 en France), a toutefois su tirer profit d’une météo moins « compliquée » en claquant un joli 71 (par) avec deux birdies contre deux bogeys. Son +2 final (286) l’envoie en 41e position, devant quelques pointures mondiales telles Bubba Watson, Dustin Johnson ou Paul Casey.

« Je me suis battu avec ce que j'avais, souffle le Briviste à notre confrère du Figaro. J'ai été fatigué toute la semaine. Je suis content de ce dimanche dans le par, le vent commençait à se lever assez fort avec la pluie qui arrivait à la fin du parcours. C'était bien de jouer aussi avec Paul Casey et de se mesurer à un top player. J'ai fait une bonne journée. Le bilan de ce British Open est très positif pour moi. En termes de jeu, je pense être dans le juste. Avec mon staff, j'essaye de ne zapper aucun secteur de la performance. Je pense qu'on est dans le vrai et sur le bon chemin avec le staff que j'ai mis en place depuis deux ans. »

Convoqué sur le tee n°1 à 11h12 (12h12 en France), Romain Langasque n’a pas connu la même réussite, démarrant avec deux bogeys au 1 et au 2 avant une seule et unique éclaircie au 4 (voir ci-dessus). Le retour fut un long chemin de croix ponctué par six bogeys dont cinq d’affilée entre le 14 et le 18. Son 78 (+7) est bien évidemment sa plus mauvaise journée, lui qui a néanmoins réussi à jouer deux fois sous le par (69 jeudi, 70 samedi).

« Les conditions de jeu étaient compliquées aujourd'hui, regrette l’Azuréen au micro de notre confrère du Figaro. Malheureusement, je n'ai pas joué mon meilleur golf. J'ai mal commencé. Je n'étais pas dedans au début même si je ne m'en suis pas si mal sorti. Et puis, à la fin, j'ai commis beaucoup de petites erreurs. Quelques rebonds un peu à droite à gauche. C'était une journée dure. Le vent s'est renforcé sur les quatre derniers trous. Je suis un peu déçu… Je n'ai fait qu'une seule très bonne journée, samedi. Mon putting n'était pas là. Ça reste mon premier majeur en tant que pro. Cela reste aussi une très bonne expérience. Mine de rien, j'ai eu des bonnes parties comme celle d'aujourd'hui avec Kevin Kisner. On apprend comme ça. Ce sont des tournois où il faut être en situation. »


Par Lionel VELLA
21 juillet 2019