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Open britannique : quatre Français en Ulster…

Alexander Levy, Michaël Lorenzo-Vera, Romain Langasque et Benjamin Hébert défendront cette semaine les couleurs tricolores sur le sublime site du Royal Portrush Golf Club. 68 ans après le dernier passage de The Open en Irlande du Nord...

Le fairway torturé du trou n°7 et son green tout aussi redoutable... Stuart Franklin / Getty Images Europe - AFP
18-21
juillet
OPEN BRITANNIQUE
LIEU : Royal Portrush Golf Club, Irlande du Nord
CIRCUIT : European Tour

C’est assez rare pour être souligné. L’Open britannique se dispute cette semaine (18-21 juillet) ni en Angleterre, ni en Ecosse. Pour la seconde fois en 160 ans d’existence, le plus vieux tournoi du Grand Chelem de golf a en effet élu domicile en Irlande du Nord. Plus exactement au Royal Portrush Golf Club, déjà hôte d’un premier « British » en 1951 remporté par l’Anglais Max Faulkner. Portrush a donc dû attendre 68 ans, revoir de fond en comble ses infrastructures afin d’accueillir un tel événement et être libéré de la guerre « sans nom » livrée pendant plus de trente ans en Ulster entre catholiques et protestants pour enfin revenir dans la rotation de The Open.

Le -11 du jeune Rory McIlroy

Le top 50 mondial, à l’exception de l’Américain Kevin Na (32e), blessé au cou, effectue le déplacement sur cette terre de golf qui a par exemple vu naître il y a presque 40 ans de cela le vainqueur de l’US Open 2010, Graeme McDowell. GMac est d’ailleurs toujours membre éminent du Royal Portrush Golf Club. Né à une heure de route de ce lieu unique baigné par la mer d’Irlande, Darren Clarke, vainqueur du British 2011 au Royal St George’s, donnera pour sa part le coup d’envoi jeudi à 6h35 (7h35 heure française) de cette 148e édition. Quant à Rory McIlroy, certainement le plus qualifié des trois pour l’emporter dimanche en milieu d’après-midi, il connait le parcours du Dunluce Links (par 71 de 6 715 mètres) comme sa poche. A 16 ans, le natif d’Holywood, dans la banlieue de Belfast, avait signé ici une carte monumentale de 61 (-11). Réussira-t-il de nouveau un tel exploit, lui qui n’a plus gagné le moindre Majeur depuis l’USPGA 2014 ?

Woods en petite forme...

Lauréat de l’édition 2014 au Royal Liverpool, il fait cependant partie des grands favoris. Rory McIlroy est d’ailleurs plutôt en forme puisqu’il vient de s’imposer à deux reprises sur le PGA Tour, d’abord au PLAYERS Championship, considéré comme le 5e Majeur de la saison, puis au RBC Canadian Open. Le Britannique devra toutefois composer avec une demi-douzaine d’Américains remontés comme des coucous tels Brooks Koepka, l’actuel n°1 mondial, qui demeure sur une impressionnante série en Grand Chelem. Depuis sa victoire à l’USPGA 2018, le Floridien n’a ainsi jamais fait pire que deuxième (au Masters et à l’US Open) et a même conservé son titre à Bethpage au mois de mai dernier. Dustin Johnson (6 tops 15 en 10 British), Gary Woodland (vainqueur à l’US Open) mais aussi Jordan Spieth (lauréat à Birkdale en 2017) et bien entendu Tiger Woods sont les autres noms qui reviennent en boucle chez les bookmakers. Le Tigre, qui n’a pas joué un seul tournoi depuis sa 21e place à Pebble Beach, est pourtant apparu sur la réserve ce mardi en conférence de presse, jugeant que son golf n’était peut-être pas le plus compétitif du moment.

Lorenzo-Vera enchaîne les performances

Outre McIlroy, la plupart des vainqueurs de la Ryder Cup 2018 au Golf National sont eux aussi dans le coup pour la gagne. Que ce soit l’Italien Francesco Molinari, le tenant du titre, l’Anglais Justin Rose, l’Espagnol Jon Rahm ou encore le Suédois Henrik Stenson, en net de regain de forme, tous sont en mesure de brandir la fameuse aiguière d’argent.
Et les Français dans tout cela ? Michaël Lorenzo-Vera, Alexander Levy, Romain Langasque et Benjamin Hébert affichent des états de forme plutôt hétérogènes. Si Benjamin Hébert, battu en playoff du Scottish Open par l’Autrichien Bernd Wiesberger, trône au sein du top 10 de la Race (9e), si Michaël Lorenzo-Vera enchaîne les performances (2e en Andalousie, 9e en Irlande), si Romain Langasque, troisième du Scottish Open, a d’ores et déjà assuré sa carte pour 2020, le cas d’Alexander Levy interroge. L’ancien n°1 français traverse une sérieuse zone de turbulences (un cut franchi lors de ses huit derniers départs). Le Varois a même glissé à la 170e place mondiale et n’a toujours pas réussi à se qualifier pour un week-end dans un Open britannique après trois tentatives infructueuses en 2015, 2017 et 2018.

Arnaud Massy, 21 British au compteur

Pour Lorenzo-Vera et Langasque, qui prennent part à leur second British après leur respective 62e et 65e places à Birkdale (2017) et St Andrews (2015), l’objectif est clairement de rivaliser avec les meilleurs. Le Basque l’a prouvé en mai à l’USPGA, finissant seizième sur un parcours dantesque, alors que l’Azuréen monte en puissance semaine après semaine. Quant à Benjamin Hébert, présent en 2008 à Birkdale en tant qu’amateur (cut manqué), il cherchera à rebondir de la meilleure des façons après sa cruelle « défaite » dimanche en Ecosse alors que la victoire lui tendait les bras.
Ce quatuor ambitieux fait partie des 58 joueurs tricolores ayant participé au moins une fois à The Open depuis sa création en 1860. Le recordman demeure, et de loin, le légendaire Arnaud Massy, 21 British au compteur, devant Jean Gassiat (14), Jean Garaialde (11), Raphaël Jacquelin (10), Jean Van de Velde et Thomas Levet (9). Premier représentant de l’Europe continentale à prendre le départ d’un Open britannique (en 1902), Massy est toujours à ce jour le seul français victorieux en Majeur (British 1907). A noter enfin que deux de nos représentants avaient pris part au premier British en Irlande du Nord en 1951. Jean-Baptiste Ado et l’amateur Henri de Lamaze n’avaient, hélas, pas franchi le cut ! 


Par Lionel VELLA
17 juillet 2019