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Robin Sciot-Siegrist, le plein de confiance

Troisième en Australie le week-end passé après avoir fini huitième à Maurice le 8 décembre, le début de saison du gaucher de Saint-Nom-la-Bretèche confirme le déclic opéré à la finale de la Road à Majorque en novembre puis quelques jours plus tard aux PQ3.     

Semaine studieuse en perspective pour le Français du côté d'Essaouira... Jack Thomas / Getty Images Asiapac - AFP
27 févr. -
1 mars
OMAN OPEN
LIEU : Al Mouj Golf, Oman
CIRCUIT : European Tour

A peine revenu d’un très long périple en Australie – plus de 24h00 pour retrouver la France avec une escale à Abu Dhabi – voilà que Robin Sciot-Siegrist décolle de nouveau ce mercredi pour le Maroc. Il part en effet rejoindre son coach, Benoit Willemart, qui possède une académie à Essaouira.
« Je reste une semaine là-bas, explique le gaucher de Saint-Nom-la-Bretèche (78). On va pouvoir continuer à travailler sereinement et je vais aussi pouvoir profiter de conditions de jeu beaucoup plus clémentes qu’en région parisienne actuellement… »

Un seul bogey concédé en 36 trous

Le jeune golfeur tricolore, 26 ans depuis le 15 décembre dernier, vient de réaliser une sacrée performance sur le Tour européen en montant sur la troisième marche (ex-aequo) du podium de l’ISPS Handa Vic Open, remporté par l’Australien d’origine coréenne, Min Woo Lee. Il s’est même payé le luxe de prendre les commandes du tournoi à mi-parcours avec deux cartes très solides de 66 et 64 en ne concédant qu’un seul bogey en 36 trous. Et dire que cette belle semaine aux antipodes n’a failli jamais avoir lieu…
« C’est vrai, confirme-t-il. J’ai hésité à aller en Australie. C’est quand même très loin… On s’est posé la question avec Benoit (Willemart) et Rudy (Thuillier), mon caddie. Et puis finalement, on s’est dit que ce serait malgré tout une bonne idée. Je n’ai pas joué beaucoup de tournois depuis les Cartes européennes. Je n’avais rien fait avant pendant deux-trois semaines et je savais qu’après l’Australie, j’aurais encore deux semaines de break jusqu’à Oman. Au final, je ne regrette pas mon choix… »

Pas de pression !

Arrivé le samedi soir dans la grande banlieue sud de Melbourne, il lui a fallu deux à trois jours pour digérer les dix heures de décalage horaire avant de lâcher les chevaux sur les deux tracés du 13th Beach Golf Links de Barwon Heads. Sans la moindre pression…
« J’ai abordé ce tournoi comme un autre, ajoute celui qui était le seul à défendre les couleurs françaises chez les hommes tandis qu’elles étaient trois, Céline Boutier, Perrine Delacour et Karine Icher, chez les dames. Dans ma tête, ça s’est bien passé. Dès le jeudi, j’ai rentré rapidement des birdies, je me suis retrouvé assez vite sous le par. Cela vous permet de prendre confiance et de vous dégager l’esprit pour la suite. Lors des deux premiers tours, honnêtement, j’ai très bien joué. J’ai surtout très bien putté et sorti aussi d’excellents coups de wedges qui m’ont permis de me placer près des drapeaux pour birdies. On n’a rien lâché avec Rudy. Après le week-end, j’ai joué dans des conditions de jeu vraiment difficiles, avec beaucoup de vent. A ce moment-là, il faut alors être patient, ne pas se prendre la tête. Et moi, justement, je me suis un peu pris la tête. Je n’ai pas assez surclubé quand je jouais vent contre, pas assez pris de marge quand le vent était latéral. Bref, j’ai mal géré la journée mais au niveau de la pression, je me suis senti bien. »

Oman, Qatar, Kenya...

76 (+4) le samedi, vite effacé par un très bon 68 (-4) le dimanche pour finir pour la première fois de sa jeune carrière au plus haut niveau à la troisième place, à trois longueurs du Néo-Zélandais Ryan Fox, seul deuxième, et à cinq points du vainqueur. En quatre départs depuis l’Alfred Dunhill Championship début décembre, Robin Sciot-Siegrist a donc déjà accroché deux tops 10 (8e à Maurice). De quoi faire le plein de confiance avant les prochaines échéances : Oman, le Qatar et le Kenya
« Ce qui fait surtout plaisir, c’est de marquer des points rapidement, savoure-t-il. Avec ma catégorie 17, il faut engranger. Cela me conforte dans l’idée qu’on est sur le bon chemin avec Benoit. Après, la saison est encore longue. Mais J’espère continuer comme ça. »

Mentalement au point

Cette belle dynamique, il la doit très certainement à cette deuxième place (ex-aequo) à la finale de Road le 10 novembre à Majorque, sur le sublime tracé d’Alcanada. On peut même parler de déclic…
« Je le pense, oui, abonde Robin Sciot-Siegrist. En 2019, j’ai très bien joué toute la saison mais j’ai eu néanmoins un peu de mal à vraiment enfoncer le clou. A partir de Majorque, ça été vraiment bon. Là-bas, c’était spécial dans le sens où je n’avais pas le choix. Je pensais qu’il fallait que je fasse 2e ex-aequo (en fait seul deuxième) pour finir dans le top 15. Ce fut une semaine sous grosse pression, avec beaucoup de vent. Avoir tenu comme ça, cela m’a fait du bien, notamment dans la manière d’aborder les parcours, et sur moi-même aussi. Dans la foulée, je fais un top 10 aux PQ3 (8e) et je grimpe sur le Tour européen. Aujourd’hui, mentalement, je me sens bien. Il faut juste que le jeu suive… »

Pas de Challenge Tour en 2020

Avant de conclure, confirmant au passage qu’il ne jouera pas sur le Challenge Tour en 2020 malgré cette certitude qu’il ne pourra pas rentrer sur les plus gros événements au calendrier de l’European Tour. A moins de gagner bientôt :
« Je fais confiance à ce que l’on met en place avec Benoit, ce travail commencé ensemble en novembre 2018. On a fait quelques petits changements et ça a mis un peu de temps à se mettre en place, même si j’ai bien joué en 2019. Là, en fin d’année, avec les dernières performances, ça me laisse entendre que ce que l’on fait, ça fonctionne. Cela me permet aussi de comprendre mes points forts mais aussi mes points faibles, afin d’adapter tout cela sur le parcours. J’essaie surtout de ne pas me prendre la tête. Je sais qu’il faut que je fasse une bonne saison. J’ai marqué des points importants, donc c’est primordial de se focaliser sur le Tour européen. Tout ça pour dire que je n’ai pas envie de faire une saison écartelé entre deux circuits… »


Par Lionel VELLA
12 février 2020