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Sébastien Gros : « J’ai hâte que ça commence… »

Après quatre mois sans compétition, le Lyonnais effectue son grand retour au Kenya, sur le Tour européen. Un circuit dans lequel il n’évoluera pas cette année, ayant perdu son droit de jeu en novembre dernier à l’issue des Cartes européennes...

Sébastien Gros avait fini 37e des Cartes européennes. Insuffisant pour conserver son droit de jeu sur le Tour européen... Luke Walker / Getty Images Europe - AFP
14-17
mars
KENYA OPEN
LIEU : Karen Country Club, Kenya
CIRCUIT : European Tour

A quelques heures seulement du Kenya Open, nouvelle destination de l’European Tour en 2019, Sébastien Gros livre ses impressions sur cette semaine en Afrique et, plus généralement, ses sentiments sur une année où il n’effectuera aucune visite sur le Tour européen, préférant se consacrer à l’objectif principal qu’il s’est fixé : finir dans le top 15 du Challenge Tour ! 

Dans quel état d’esprit vous trouvez-vous cette semaine ?
Je commence ici mon année au Kenya, sur le Tour européen. Sauf que ce n’est pas le Tour que je vais jouer cette saison. Je suis toujours en phase de préparation et c’est une bonne occasion pour voir où j’en suis. Je n’avais pas joué ce tournoi lorsque j’étais sur le Challenge Tour (en 2015). C’est donc une totale découverte. C’est un parcours qui se joue avec beaucoup d’options différentes. On va peut-être avoir des gars qui vont taper le driver toute la semaine pendant que d’autres joueront les fers ou choisiront de jongler entre l’un et l’autre suivant l’instant. Et ce, compte tenu du dessin du tracé, ou encore de l’altitude (1 800 mètres) puisque la balle vole énormément ici. Mais j’aime bien l’endroit ! 

Qu’attendez-vous de cette première en 2019 pour vous ?
Rien ! Je travaille désormais avec Olivier Elissondo (l’ancien caddie de Grégory Bourdy). C’est une semaine où je vais lui laisser les clés du camion. On va beaucoup dialoguer, échanger et gagner un peu de temps avant le début de la saison sur le Challenge Tour. Il y a donc très peu d’attente. Je vais être plus spectateur qu’acteur en termes de stratégie et de décision sur le parcours. J’essaierai aussi d’avoir un regard très objectif sur l’évolution de mon jeu. Ensuite, si je suis dans le coup pour la gagne à cinq trous de la fin, je ne me gênerai pas. Je reste toujours un compétiteur et j’ai envie de bien faire. 

Si je suis dans le coup pour la gagne à cinq trous de la fin, je ne me gênerai pas.

Qu’avez-vous fait depuis la finale des Cartes européennes en novembre dernier ?
Je n’ai pas joué au golf du 15 novembre au 2 janvier afin de soigner mon dos qui m’embêtait sérieusement depuis le mois de juillet. Quand j’ai commencé à avoir mal, je n’ai pas eu l’intelligence de calmer le rythme en termes de tournois et d’entraînements. J’ai subi une infiltration début décembre mais je reste encore un peu gêné. Depuis janvier, je suis parti à Dubaï avec mon coach, Franck Lorenzo-Vera. Il y avait aussi les joueurs qu’il entraîne (Mike Lorenzo-Vera, Benjamin Hébert, Frédéric Lacroix). J’ai ensuite passé un peu de temps sur Evian pour m’entraîner avant de rejoindre en février Marrakech (Maroc) et le site de Samanah. On est resté dix jours là-bas avec Franck (Lorenzo-Vera) et Olivier (Elisondo). Et puis me voilà au Kenya… 

Effectuerez-vous des apparitions cette année sur le Tour européen ?
(Catégorique) Non ! J’ai tendance à penser qu’il faut regarder la chose avec humilité. Quand un club de foot est relégué en Ligue 2, on ne lui propose pas de venir de temps en temps en Ligue 1 en pensant qu’il a sa place à ce niveau. Donc, même si je pense que ma place est sur le Tour européen, le fait est que j’ai été relégué. Donc la manière la moins compliquée pour remonter sur le Tour, c’est de faire un top 15 cette année sur le Challenge Tour. Mon calendrier, je vais l’orienter sur les dates du Challenge Tour, en fonction de mes périodes de récupérations, en fonction de mes pics de performances souhaités, en fonction des séries de tournois que je veux ou pas enchaîner… La première étape est d’accepter l’échec. Tant que cette étape n’est pas franchie, c’est difficile de regarder devant. Comme Greg Havret, je suis un amoureux du jeu. Et s’il faut passer par le Challenge Tour pour remonter... N’importe quelle entreprise peut connaître à un moment un petit coup de mou. Le plus important, c’est de cerner les choses qui ont causées la perte du chiffre d’affaire de l’entreprise. 

J’ai eu du mal à me sortir la tête du couperet représenté par la fin d’année. Ce qui a engendré la deuxième erreur, c’est-à-dire de trop jouer à partir de début juillet alors que j’avais mal au dos.

Justement. Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné pour vous en 2018 ?
Quand le Tour européen commence à vous mettre la tête sous l’eau, c’est difficile d’en sortir. C’est là que les meilleurs sont les meilleurs justement. Moi, j’ai eu du mal à me sortir la tête du couperet représenté par la fin d’année. Ce qui a engendré la deuxième erreur, c’est-à-dire de trop jouer à partir de début juillet alors que j’avais mal au dos. D’un point de vue plus général, je peux avoir tendance à lâcher sur des choses basiques et pourtant ce sont ces choses qui vous permettent quelque part d’être bon tout le temps. 

Etes-vous maintenant impatient de passer aux choses sérieuses ?
J’avais l’impression que non il y a encore quelques semaines et finalement, plus le départ vers le Kenya approchait, plus je me disais que c’était bien de passer aux choses sérieuses. J’ai hâte que ça commence… 

Quel va être votre programme après le Kenya ?
La première semaine d’avril, je vais aller en Jordanie disputer un tournoi (Jordan Mixed Open) englobant le Challenge Tour, le Senior Tour européen et le Ladies European Tour (LET). Il y aura plus d’argent en jeu que sur les tournois du Challenge Tour. C’est donc dommage de refuser. Ce sera mon deuxième tournoi de préparation qui ne compte pour rien. On sera dans la continuité du Kenya… Ensuite, je serai en Turquie (25-28 avril) pour le lancement de la saison du Challenge Tour.


Par Lionel VELLA
13 mars 2019