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US Open : Pavon, à qui perd gagne…

Parti très tôt dans ce Moving Day (9h29 locale), le seul français rescapé au sein de ce 118e US Open de l’histoire a bénéficié de bien meilleures conditions de jeu que les leaders. Il pointe à la 43e place à +12 (222). A huit points de Justin Rose, cinquième !

74 (+4) durant ce Moving Day pour le Bordelais... Andrew Redington / Getty Images North America - AFP
14-17
juin
U.S. OPEN
LIEU : Shinnecock Hills Golf Club, Etats-Unis
CIRCUIT : European Tour

C’est ce qui fait la particularité de l’US Open. On peut partir bien avant les leaders et gagner une bonne vingtaine de places au leaderboard. Au moins. Le cas plus frappant étant celui de Daniel Berger et Tony Finau, qui se sont respectivement élancés à 10h30 et 10h57 locales ce samedi à Shinnecock et qui trônent en tête à +3 (213) après 54 trous en compagnie de Dustin Johnson et Brooks Koepka, partis plus de quatre heures plus tard. Il faut dire qu’entre temps, le vent s’est levé sur Long Island et les greens, déjà bien secs, se sont transformés en véritable carrelage, semant la pagaille et le chaos l’après-midi. Matthieu Pavon, convoqué sur le tee n°1 à 9h29 locale (15h29 en France) avec l’Américain Cameron Wilson en a donc profité pour grimper au classement. Avec 93 % de fairways touchés et plus de 60 % de greens pris en régulation (pour 31 putts), le Bordelais, qui a concédé cinq bogeys pour un seul birdie (au 5), s’en sort avec un bon 74 (+4). 58e au moment de signer sa carte, il pointe finalement à la 43e place. 

+6 en huit trous 

« Ma partie est plutôt bonne, même si mon score ne le reflète pas forcément, a-t-il souligné par la suite. J’ai pris beaucoup de fairways, ce qui était mon objectif aujourd’hui. Maintenant, pour ce dernier tour, j’ai vraiment envie de battre ce parcours. » Le fameux par 70 de Shinnecock Hills, qui avait déjà fracassé le champ lors du dernier tour de l’US Open 2004 (moyenne de score de 78,73), est clairement sorti vainqueur de ce Moving Day à la limite du raisonnable, tant les accidents ont été nombreux. Solide leader à -4 après 36 trous, Dustin Johnson s’est ainsi totalement manqué sur l’aller, encaissant un horrible +6 sur neuf trous avant de stopper l’hémorragie sur le retour avec un +1. Le vainqueur de l’US Open 2016 à Oakmont (Pennsylvanie) est rejoint en tête à +3 (213) par le couple improbable Berger-Finau mais aussi par l’étonnant Brooks Koepka, auteur d’un superbe 72 (+2). Le tenant du titre peut ici rejoindre dans la légende Curtis Strange, dernier golfeur à avoir réalisé le doublé en 1988-89. 

Le geste fou de Mickelson 

Curtis Strange, désormais consultant pour la télévision US, qui fut le témoin d’un acte pour le moment inédit sur le trou n°13. Phil Mickelson s’est en effet permis de jouer un putt alors que sa balle, qui se dirigeait vers une zone injouable près d’un bunker, était encore en mouvement. Un geste incompréhensible et bien évidemment coupable de deux coups de pénalité que le gaucher de San Diego a clairement assumé une fois sa carte signée. Un mini-séisme que la plupart des commentateurs ont condamné, demandant la disqualification du joueur. En vain. « Je n’ai pas cherché à manquer de respect à quiconque. J’ai juste profité des règles », a expliqué celui qui fêtait ce samedi ses 48 ans. Auteur d’un terrible 81 (+11), il s’élancera ce dimanche à 8h43 locale en 64e position en compagnie de Rickie Fowler, 84 (+14) dans ce troisième tour complètement fou ! 


Par Lionel VELLA
17 juin 2018