Céline Boutier sur le LPGA

Céline Boutier, qui a brillamment décroché son droit de jeu sur le LPGA Tour via le Symetra Tour, une première pour une Française depuis Perrine Delacour en 2013, nous plonge toute l'année dans son quotidien.

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Céline Boutier sur le LPGA – épisode 7 : « La Solheim Cup, le plus grand moment de ma carrière ! »

En France jusqu’à samedi avant de regagner les Etats-Unis pour préparer la tournée asiatique et la finale en Floride, la Francilienne revient avec passion sur ses deux semaines folles en Solheim Cup et au Lacoste Ladies Open de France.

« Après ma sixième place au British, j’ai eu la chance d’être retenue dans l’équipe européenne de Solheim Cup par la capitaine, Catriona Matthew. Ce fut une super nouvelle. Au lendemain du Scottish Open (8-11 août) qui suivait le British (1er-4 août), il y a eu une journée de reconnaissance du parcours à Gleneagles, histoire de se familiariser avec ce tracé. Ce qui, au final, nous a beaucoup aidées durant la semaine en Solheim Cup. On avait en effet sélectionné les trous que l’on voulait jouer… Si bien que le lundi de la Solheim Cup, lorsque la tempête s’est abattue sur la région, on n’a pas paniqué puisqu’on connaissait déjà le parcours. Cette reconnaissance au mois d’août nous a aussi permis de mieux nous connaître. Et quelque part d’imaginer également les différentes associations pour les futurs doubles. »

« Catriona Matthew nous a reçu individuellement en nous proposant plusieurs associations possibles. Durant les reconnaissances, j’ai joué une fois dix-huit trous et deux fois neuf trous, à chaque fois en compagnie de Georgia Hall. Donc, je me suis dit qu’on jouerait ensemble. Mais deux jours avant le début de la compétition, je ne savais toujours pas avec certitude avec qui j’allais évoluer en double. Le vendredi, en foursomes, je tape le premier coup sur le tee du 1. C’était assez impressionnant avec ces grands gradins tout autour de nous… 80 % des spectateurs présents étaient derrière nous. Curieusement, j’ai été plus nerveuse à la fin du match qu’au début. Ce fut une sensation bizarre. Alors oui, j’étais un peu stressée au départ mais pas autant qu’on me le laissait imaginer. C’était plus une belle expérience qu’un gros stress finalement. »

« Et pourtant, en début de semaine, je n’étais pas vraiment bien. Surtout lundi. Je n’étais pas bien dans ma peau. J’avais l’impression d’être emportée dans le tourbillon du tournoi. Heureusement, j’ai pris confiance assez rapidement en moi en me disant que je pouvais réaliser ce que j’ai finalement accompli, c’est-à-dire gagner mes quatre matches… Du coup, j’ai pris les choses les unes après les autres, en faisant le job et ça m’a permis de me calmer et de me focaliser uniquement son mon jeu. C’était aussi sympa d’avoir Gwladys (Nocera) au sein de l’équipe (dans le rôle de helper). Elle a partagé son expérience mais je crois qu’au-delà de ça, la Solheim Cup, c’est quelque chose que l’on vit d’abord soi-même. »

« J’ai été aussi éblouie par l’ambiance dans le groupe. Le golf est un sport tellement individuel… Tout le monde s’entendait vraiment super bien. Dès la reconnaissance, j’ai senti qu’il se passait quelque chose de particulier. Tout le monde autour de nous disait que c’était le meilleur groupe jamais réuni dans une Solheim Cup. Tout le monde croyait en ses chances, et ça a apporté énormément de confiance pour chacune des joueuses concernées. Sur ce point, le rôle de la capitaine est important mais je dirais que ça dépend aussi beaucoup des joueuses. Cette année, on avait un groupe de golfeuses très expérimentées qui savaient comment gérer la situation… Et ça, c’est primordial ! »

« Cette Solheim Cup a toujours été serrée, jusqu’au bout. Il y a eu des moments où on n’était pas très bien, surtout le dimanche durant les simples. Mais, de manière générale, on était tellement prises par le truc que chacune d’entre nous voulait ramener son point. En fait, le tournant est intervenu à la fin de la journée des simples… Pas mal de gens pensaient que les Etats-Unis allaient gagner. Il nous fallait remporter nos trois derniers matches. Anna Nordqvist venait de gagner son duel 4&3 et Brontë Law était jusque-là square avant de réaliser un putt monstrueux au 16 pour passer 1 up. Pour moi, c’est là que ça a basculé en notre faveur. Et puis il y a Suzann (Pettersen) au 18 qui met le dernier putt. En fait, tout s’est joué sur un putt de deux mètres. Curieusement, je n’ai pas en tête un coup qui a caractérisé ma semaine en Ecosse. Il y a eu beaucoup de matches, beaucoup de coups mais c’est vrai que lorsqu’il a fallu se bouger, surtout quand on n’était pas bien au score, j’ai réussi à mettre quelques putts importants…Une chose est sûre, c’est le plus grand moment de ma carrière. Et de loin. Au niveau des émotions et de pouvoir partager ça avec onze autres joueuses, c’est quelque chose d’assez incroyable ! »

« J’ai eu ensuite deux jours pour me remettre de ces émotions, de me reposer et de remettre tout en ordre pour bien me lancer dans le Lacoste Ladies Open de France. Nelly Korda a effectué une très grosse semaine, ne commettant quasiment aucune erreur. J’ai joué trois jours avec elle et il faut bien reconnaitre que c’était difficile de la rattraper. J’avais déjà joué à ses côtés deux ou trois fois je crois sur le LPGA Tour. Cette deuxième place finale est toutefois mon meilleur résultat en professionnel obtenu en France. La semaine en Solheim Cup m’avait bien préparé en termes de mental, donc, du coup, au Médoc, ça ne me paraissait pas aussi fort. Mais j’étais hyper heureuse d’être là. Je crois qu’il n’y a jamais eu autant de monde autour de moi dans mes parties. C’était génial d’avoir tous ces gens avec moi, tous à fond derrière moi. Ce public français que je ne vois pas beaucoup finalement… C’est un tournoi que j’aimerais gagner bientôt. C’était donc une semaine importante. J’ai été aussi très contente pour Joanna Klatten (3e ex-aequo). L’année n’a pas été facile pour elle. J’ai partagé avec elle les deux derniers tours et pour le public français, c’était sympa d’avoir deux golfeuses tricolores en dernière partie. »

« Je rentre ce samedi aux Etats-Unis et j’entamerai par la suite la tournée en Asie (du 17 octobre au 10 novembre) où je prendrai part à tous les tournois ainsi que la finale en Floride (21-24 novembre). Je vais être en effet sur le pont tout le temps même s’il y a une semaine de break entre le Japon et le CME Group Tour Championship (5 millions de dollars de dotation). C’est à ce moment-là qu’il faut mettre un coup d’accélérateur et donner tout ce que l’on a avant la trêve où on pourra alors se reposer tranquillement. Je ne connais pas trop les parcours, que ce soit en Chine, en Corée ou encore à Taïwan… C’est difficile par conséquent de se fixer des objectifs sur cette fin de saison. Mais forcément, si je pouvais en gagner un, ça me ferait très plaisir. Enfin j’espère que tout cela n’est que le début. J’ai tellement de choses à prouver encore. Et si mon statut a peut-être changé aux Etats-Unis avec cette victoire en Solheim Cup, ce n’est pas une fin en soi… »   


Par Lionel VELLA
25 septembre 2019