Céline Boutier sur le LPGA

Céline Boutier, qui a brillamment décroché son droit de jeu sur le LPGA Tour via le Symetra Tour, une première pour une Française depuis Perrine Delacour en 2013, nous plonge toute l'année dans son quotidien.

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Céline Boutier sur le LPGA - épisode 9 : « Je ne peux pas me plaindre… »

Stoppée en février après quatre tournois joués (dont 3 tops 10) en raison de la pandémie liée au Covid-19, la Française, domiciliée à Dallas, s’avoue chanceuse. Contrairement aux décisions prises en Europe, elle peut jouer au golf, son club restant partiellement ouvert.

« Ici, au Texas, on est censé rester chez soi mais ce n’est pas aussi contrôlé qu’en France, par exemple. J’habite près d’un parc et je vois pas mal de gens dehors, faire des promenades, sortir leur chien, faire un peu de sport ou prendre juste l’air. On peut le faire quand on veut. Mais toujours en respectant la distanciation sociale. Mentalement, ça fait du bien d’aller dehors. Mon golf est dans un parc, on peut aller jouer neuf trous en respectant les règles en vigueur. On ne touche pas les drapeaux, il n’y a pas de chariot, ni de voiturette… On marche. Et pas plus de trois par partie tout en restant à deux mètres les uns des autres. »

Pas de cage d'entraînement, ni de zone de chipping 

« En ce qui concerne le confinement, chaque Etat décide un peu ce qu’il veut… La décision finale de déconfiner restant toujours au gouverneur (Ndlr, Greg Abbott, le gouverneur du Texas, a autorisé depuis le 1er mai la réouverture de certaines entreprises, mais à 25 % de leur capacité, comme les restaurants, les cinémas, les centres commerciaux, les magasins de détails. Le 18 mai, une deuxième phase de réouverture est programmée et suivra les premières données du déconfinement entrepris le 1er mai). Je vis dans Dallas, près de l’Université SMU. Il y a beaucoup d’espaces verts… Mon club, le Trinity Forest Golf Club, est partiellement ouvert. On peut jouer neuf trous. J’y vais quand je veux… Généralement, je joue toute seule. Mais je ne peux rien faire d’autre que de jouer. Je ne peux ainsi pas m’entraîner… Je n’ai pas repris l’entraînement proprement parlé. Le physique ? C’est compliqué car je n’ai pas vraiment d’équipement chez moi. Mais on se débrouille. On reste actif. Là où je vis, il n’y a pas de possibilité d’installer une cage d’entraînement, ou une zone de chipping. Il n’y a pas de place non plus pour la musculation. Toutefois, mon prépa physique (Orsmin Guevara) m’a concocté des exercices sans avoir besoin d’équipement. C’est pratique mais ce n’est pas évident non plus… Bref, on fait avec ! »

Des infos souvent anxiogènes 

« Je regardais pas mal les infos au début de la crise mais j’ai commencé à me détacher, car ce n’est pas très réjouissant. Les infos sont très souvent anxiogènes… C’est long pour tout le monde, je ne le nie pas. Mais les avis sont partagés ici. Il y a des gens qui partagent la gravité de la situation (Ndlr, plus de 72 000 morts au 5 mai aux Etats-Unis) et d’autres qui manifestent pour que le déconfinement soit effectif. » 

« Je n’ai pas joué en compétition depuis février (9e au Diamond Resorts, 4e au Gainbridge LPGA at Boca Rio, cut manqué au Vic Open, 6e à l’Australian Open). Au début, ça faisait bizarre. Maintenant, je me suis habituée. Il faut faire preuve de beaucoup de patience. Je me dis que j’ai encore beaucoup de chances d’aller sur un parcours et de taper la balle. Il y a plein de gens en Europe qui ne peuvent pas faire ça. Je ne peux donc vraiment pas me plaindre. Je me sens même chanceuse. »

Rapatriement, quarantaine... 

« La reprise du LPGA a été repoussée au 15 juillet (Ndlr, pour le Dow Great Lakes Bay Invitational, dans le Michigan). Reprendre en juin (Ndlr, la semaine du 19 juin au préalable), c’était un peu prématuré selon moi. Actuellement, il y a pas mal de joueuses en dehors des Etats-Unis. Il faut les rapatrier, les mettre en quarantaine, tester tout le monde, les caddies, les accompagnateurs… C’est compliqué. La logistique et la sécurité des joueuses, c’est primordial. Il y a beaucoup de variantes à contrôler. Comme par exemple les hôtels… Il faut aussi savoir que beaucoup de joueuses durant les tournois se déplacent dans des familles d’accueil (housing). Et puis il faut rouvrir les frontières. Ce n’est pas simple. On jouera aussi très certainement à huis clos... Mais bon, si le LPGA a décidé de réajuster son calendrier, c’est pour le bien des joueuses. Je ne peux donc que valider cette décision ! Mais je ne sais pas combien de tournois je jouerai cette année. Le calendrier peut encore évoluer. C’est très difficile de s’exprimer sur ce point. »


Par Lionel VELLA
6 mai 2020