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Victor Perez sur le Tour européen – épisode 1 : « un début de saison plutôt bon »

Troisième du Challenge Tour l’an passé, Victor Perez dispute en 2019 sa première saison sur le Tour européen. Troisième pour son premier tournoi à Hong Kong, le Français réalise des débuts très encourageants parmi l’élite mais n’est pas du genre à s’emballer.

« J’ai réalisé un début de saison plutôt bon en terme de résultats (sept cuts passés sur huit), sur la lancée du Challenge Tour. Cela m’a permis de mettre des points rapidement et de démarrer sans me mettre sous tension d’entrée. Cela s’est enchaîné de la meilleure des manières car j’ai fini troisième sur mon premier tournoi de l’année à Hong Kong donc j’étais un petit peu décomplexé pour la suite. Je ne sais pas comment cela se serait passé si j’avais raté deux cuts pour commencer. Mais cette bonne perf’ m’a pas mal relâché pour la suite. Je pensais avoir le niveau mais c’est toujours en situation qu’on voit où on en est. »

Une troisième place pour le premier tournoi de la saison

« C’était un super tournoi, sur un parcours étroit avec des petits green. Cela m’a permis de mettre mes forces en avant, de prendre beaucoup de fairways et de greens. Ça se jouait un peu à l’usure. À part Aaron Rai et Matthew Fitzpatrick qui étaient loin devant, j’étais dans les clous et j’ai fini la semaine à -11. Cela ne se jouait pas comme sur un parcours plus ouvert où il faut aller chercher un -18 et où c’est un petit peu plus un concours de putts. Ce parcours m’a beaucoup rappelé les Etats-Unis et les tracés que je jouais à la fac qui étaient challenging avec des fairways étroits, des petites zones pour poser la balle. J’ai toujours préféré ces parcours-là car cela correspond bien à mon fond de jeu. Ca m’a permis de bien m’exprimer sur les secteurs où je suis performant. »

« Cette expérience universitaire aux Etats-Unis est un atout pour s’adapter peut-être plus facilement aux parcours du Tour européen. J’en avais parlé avec Matthieu Pavon avec lequel je suis assez proche. Il m’a dit que quand il est monté sur le Tour, c’était des parcours qu’il n’avait jamais vu avant sur le Challenge tour ou l’Alps, avec beaucoup de rough, des greens fermes, des drapeaux compliqués et un setup de parcours complètement différent. Ceux qui ont été aux Etats-Unis ont eu cette chance de jouer des parcours super durs avec des drapeaux coincés. À la fac, si on faisait trois fois dans le par on terminait dans les 10 ou 15 premiers en général. Le par était valorisé donc ça m’a appris à bien gérer, à être patient et savoir comment gérer ces parcours plus compliqués. »

La transition avec le Challenge Tour

« Grâce à ma troisième place sur le Challenge Tour, j’ai pu rentrer sur les plus gros tournois de début de saison comme le Rolex Series à Abu Dhabi. C’est un bel avantage car en venant du Challenge Tour on a un calendrier un petit peu limité. On ne lutte pas à armes égales avec les joueurs du Top 50 qui choisissent leur calendrier et ne jouent que des tournois entre 3 et 7 millions de dotation. Même si la réforme des points à la Race to Dubaï a attenué un petit peu ce déséquilibre cette année. Mais si on arrive à performer la bonne semaine, on marque trois fois plus de points que sur des tournois à 1 millions. »

« Sur ce genre de tournois, on se retrouve au milieu des meilleurs joueurs du monde. Mais j’ai tendance à faire mon job de mon côté. C’est assez difficile de performer à ce niveau là, je n’ai pas le luxe de passer du temps à regarder ces mecs là s’entraîner. On est conscient qu’ils sont là, on peut jeter un petit coup d’œil, mais la seule personne qui pourra nous faire performer c’est nous même et il faut rester concentré sur ce qu’on fait.

Les tous meilleurs font leur job et ne passe pas leur temps à regarder les autres car ce sont les autres qui les regardent. Ils sont concentrés sur leur stratégie et ils font le boulot. Je ne suis pas persuadé d’avoir encore la solution pour performer un jour avec eux. Le temps nous le dira. »

Un petit coup de fatigue

« J’ai manqué mon premier cut lors de mon huitième tournoi au Qatar. Il y a eu un petit retour de flamme de ma saison sur le Challenge Tour. On a beaucoup joué depuis avril et j’étais sur le fil physiquement et mentalement. J’ai cramé beaucoup d’énergie sur ma fin de saison sur le Challenge Tour en gagnant en Chine et en faisant deuxième de la finale puis 3e à Hong Kong sur le Tour. Je ne suis pas surhumain et j’ai logiquement fatigué. C’est aussi la beauté de ce sport. Il faut arriver à gérer sa saison pour arriver au meilleur résultat à la fin. »

« On a eu trois semaines de break à Noël mais on ne peut pas trop travailler non plus parce que c’était les fêtes et après ça a vite repris. Ensuite j’ai décidé de ne pas aller en Australie mais même ces semaines de pause n’étaient pas suffisantes. J’avais récupéré physiquement mais pas mentalement. C’est une petite pensée par ci par là qui fait perdre un coup et change la physionomie d’une partie. De toutes façons, il ne faut pas se leurrer et se dire que vu que mes résultats on été bons, finir quinzième devient normal et qu’une cinquantième place est une contre performance. Il faut le mettre en perspective avec ce que font les autres joueurs, marquer des points quand c’est possible. Avancer au classement est quoiqu’il arrive un bon résultat. »

7Le nombre de cuts passés du Français en huit tournois disputés. 3e à Hong Kong, il a également réussi deux Top 20 à Maurice et en Arabie Saoudite.

Un gros mois de break

« Là j’ai un bon break pour pouvoir me reposer et faire la pause que je n’ai pas eu entre le Challenge et le Tour. Je suis en Ecosse, à Édimbourg, où je vis depuis l’année dernière. Il va y’avoir pas mal de repos, pas mal de réflexion sur la saison, sur les choses qui ont été bien faites ou moins bien faites. On va créer un plan d’entraînement pour les semaines à venir, travailler certains points dans mon jeu, tester peut être des clubs pour voir s’il n’y a pas quelques petits points à améliorer et quelques petites choses à gratter. C’est une période que j’attendais impatiemment qui va me permettre de bien me ressourcer et de revenir avec une bonne stratégie pour le corps de la saison. Je reprendrai au Maroc fin avril. »


Par Sébastien CACHARD-BERGER
20 mars 2019