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Victor Perez sur le Tour européen – épisode 2 : « apprendre à planifier mes saisons »

Après un très bon début de saison sur le Tour européen, Victor Perez devrait garder ses droits de jeu sur le circuit en 2020. 76e de la Race to Dubaï, le Français espère participer aux gros tournois de fin de saison mais apprend encore la gestion d’un calendrier très chargé.

Un petit coup de mou au printemps

Après mon bon début de saison, j’ai connu une période un petit peu plus terne au printemps avec quelques cuts manqués (quatre). Entre la fin de saison sur le Challenge Tour 2018 et le début sur le Tour en 2019, j’avais énormément enchaîné de tournois. Malheureusement, on n’est pas des machines donc il y a eu une petite baisse de régime car c’est très difficile d’enchaîner comme ça. C’est d’ailleurs généralement le cas pour l’ensemble des joueurs. On ne voit personne rester au top pendant toute une saison, mais souvent quelqu’un bien jouer pendant trois ou quatre mois puis être moins en vue pendant quelques semaines avant de revenir au top. C’est ce qu’il s’est passé pour moi. J’ai fait un très bon début de saison qui m’a bien placé. Ensuite, il y a eu cette petite baisse de régime et là c’était en train de remonter depuis le début de l’été.

C’est ma première année sur le Tour et je dépendais de l’année dernière et de ma catégorie de joueur du Challenge Tour. J’étais obligé de beaucoup jouer en début de saison parce que je ne savais pas sur quel tournoi j’allais entrer en milieu d’année. C’est à moi d’apprendre les calendriers, comment ça se goupille et apprendre à planifier mes saisons. C’était en tous cas une satisfaction d’entre dans le champ des Rolex Series en Irlande (61e) et en Écosse (20e). Ce sont des gros tournois avec beaucoup de points à prendre. Si on arrive à performer correctement, on va progresser au classement de manière conséquente. Je ne sais pas encore si je rentrerai dans les prochains Rolex Series. Les champs sont limités en fin d’année donc je me concentre sur la Suède et ce que j’ai à faire cette semaine et on verra par la suite.

Sur le Tour en 2020

photo : Warren Little

Avec ma 76e place à la Race to Dubaï, je ne sais pas encore de quoi sera faite ma fin de saison. Normalement, en terme de droits de jeu, je suis tranquille pour l’année prochaine. On a déjà joué les deux tiers de la saison et je devrais avoir suffisamment de points pour garder ma carte sur le Tour. Pour le reste de la saison, je ne fais pas trop attention aux points car ça peut aller très vite si on joue bien. J’essaie plutôt de bien jouer au golf et de faire des bons tournois. Si je fais ça, les points viendront. C’est super dur de définir des objectifs. Le seul objectif est de se mettre en position de gagner des tournois au fil des semaines. On peut joueur super bien sur une semaine où il y a peu de points à prendre sans que cela ne bouleverse le reste de la saison, et puis si tout se goupille bien sur la semaine où c’est un Rolex, tout d’un coup on avance fortement au classement… Il y a tellement de scénarios que c’est compliqué de réfléchir. Peut être que dans quatre jours mon calendrier sera différent de celui que j’envisage maintenant. Si on gagne un tournoi ça change tout, on passe d’un calendrier flou à jouer les plus gros tournois du monde.

La gestion du calendrier est en quelques sortes une improvisation permanente. On ne peut pas vouloir tout caler et devoir tout bouleverser à chaque fois. Je préfère prendre une semaine à la fois et voir comment ça évolue. C’est un petit peu compliqué de gérer ça mais de toute façon il ne doit y avoir qu’une trentaine de joueurs dans le monde qui n’ont pas ce problème et mille autre de tous les circuits confondus dont les calendrier évoluent sans arrêt. Ca fait partie du job. Ça a ses défauts mais aussi ses avantages. C’est toujours agréable d’avoir un tournoi où on se qualifie au dernier moment et où on est super content d’aller. Mais c’est aussi plus dur de planifier en terme de préparation physique où on a envie d’être bon.

Apprendre à gérer le calendrier

Pour la gestion du calendrier, chacun a sa manière de le faire, c’est très personnel. Certains aiment jouer beaucoup de tournois d’affilée, d’autre moins avec deux ou trois semaines maximum consécutivement. Chaque joueur doit savoir pour lui-même mais on apprend avec le temps. On voit des joueurs plus expérimentés toujours bien jouer au fil des ans parce qu’ils se connaissent par cœur, jouent des tournois qu’ils connaissent et qu’ils aiment, leur calendrier est bien planifié. Moi c’est ma première année donc je ne sais rien encore et j’avance un peu à l’aveuglette sur ces sujets là. Cette année, j’ai surtout joué deux semaines d’affilée et parfois trois semaines. J’essaie encore de savoir, mais j’ai eu des bons résultats dans les deux cas. Il y a aussi d’autre facteurs : si on aime le parcours du troisième tournoi, si la semaine du milieu on était au fin fond du classement et on n’a pas passé le cut, ou si on était en tête et on s’est un peu cramé avant la troisième semaine. Il y a tellement de variables qu’il faut avoir vécu ces scénarios un paquet de fois pour savoir et pour comprendre.

Pour l’instant, au delà de cette semaine en Suède, je sais que je jouerai à Crans la semaine prochaine pour l’Omega European Masters. Ensuite, cela dépendra de si je joue ou non le Rolex Series à Wentworth. La semaine suivante, je serai Dunhill mais pour la suite c’est déjà trop loin ou presque. Bien sûr, il y a l’Open de France en octobre. Jouer son Open national est toujours important mais je ne préfère pas dire que je serai présent pour l’instant car cela dépendra aussi de ma fin de saison. Au final, si on doit choisir entre avoir un Français qui gagne l’Open de France ou qui remporte la Race to Dubaï, je pense que pour le golf tricolore il n’y pas photo. Il ne faut pas dire oui pour faire plaisir aux gens et se retrouver cuit pour les derniers tournois qui sont très importants.


Par Sébastien CACHARD-BERGER
22 août 2019