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L'Interview Hors-Limites : Grégory Bourdy

Père de famille, épicurien, sportif passionné et fervent représentant de la région bordelaise… Découvrez un golfeur aux multiples facettes !

Grégory Bourdy lors des Jeux Olympiques de Rio en 2016 Getty Images

Trou n°1 : quelles sont tes résolutions pour 2020 ?

Pas vraiment de résolution, ni de révolution, pour cette année.

J’aimerais simplement prendre un peu de temps pour pratiquer d’autres sports qui me plaisent, comme le tennis. Et y aller plus souvent avec ma compagne car on aime cela tous les deux et je pense que c’est important de faire une activité de couple également.
 

Trou n°2 : est-ce que tu arrives à combiner facilement ta vie de père et de sportif de haut niveau ?

Petit à petit, avec l’expérience, je pense que j’y arrive plutôt bien. Même si ça fait un grand changement dans la vie au départ, j’ai réussi à trouver un équilibre assez satisfaisant.

Est-ce que ta famille te suit sur certains tournois ?

Ils essayent de me suive en tournoi, même si en ce moment avec l’arrivée d’un deuxième enfant en bas âge il faut un peu s’adapter. Mais l’idée est évidemment qu’ils puissent m’accompagner dès que cela est possible car j’attache beaucoup d’importance à passer du temps en famille, que ce soit chez moi, en entraînement ou en compétition. Le but est de trouver un juste milieu pour qu’on soit tous épanouis dans notre vie de famille et que j’arrive à m’épanouir également dans mon sport.
 

Trou n°3 : as-tu déjà réfléchi à ton après-carrière ?

Pas vraiment. Je suis vraiment investi dans ma carrière et je sais que la carrière de golfeur est assez longue et qu’il y a encore de belles années devant moi. Je suis dans une période un peu compliquée certes mais je ne compte pas m’arrêter là, ce sont des choses qui arrivent.

En tout cas, et peut être inconsciemment, je ne me projette pas du tout dans mon après-carrière pour le moment.

Mais si je devais y réfléchir maintenant je pense que j’essayerais de faire quelque chose qui lie mes deux passions qui sont le golf et le vin. Donc pourquoi pas mêler ces deux activités...

Tu as déjà eu envie de mettre fin à ta carrière ?

Non pas du tout, même si sportivement parlant il y a des hauts et des bas à l’image de la période que je traverse. Mais j’ai une vie de famille qui s’est construite en parallèle et ça m’aide beaucoup à relativiser. Le golf a toujours été en numéro 1 depuis que je suis tout petit, mais depuis l’arrivée de mes enfants c’est passé en second plan.

Ce qui n’enlève rien à ma motivation, mon implication et mes ambitions mais c’est vrai que ce n’est plus une priorité à l’échelle de ma vie. Ma famille a vraiment pris le dessus et cohabite parfaitement avec ma passion et mon métier.

 

Trou n°4 : est-ce que tu as envie que tes enfants jouent au golf ?

Évidemment je ne peux pas cacher que j’ai envie qu’ils jouent. J’emmène déjà Louis, qui a un peu plus de deux ans, au golf et au practice. Il a un club en plastique et j’ai un green synthétique à la maison et il s’amuse pas mal dessus. Bien évidemment sans aucune pression, c’est juste du jeu, avec l’idée qu’il prenne du plaisir, qu’il prenne contact avec ce sport, qu’il me regarde un petit peu faire. 

J’ai personnellement reçu une éducation sportive et c’est très important pour moi de reproduire cela avec mes enfants. Peu importe le sport qu’ils choisiront, je pense que c’est primordial pour le corps et l’esprit de pratiquer une activité sportive.

Ils toucheront forcément au golf par la force des choses. S’ils aiment tant mieux, si ça ne leur plaît pas, ils feront une autre activité.

Mais c’est vrai que le golf reste un sport super à pratiquer en famille.

 

Trou n°5 : est-ce que tu t’interdis certaines activités sportives dangereuses pour ta carrière ?

Oui, le ski en fait partie, c’est un sport que j’ai arrêté au début de ma carrière professionnelle, vers l’âge de 19 ans. J’ai eu la chance d’y aller quasiment tous les ans avec mes parents, c’est un sport génial à pratiquer en famille et ça me manque un peu, mais il a fallu faire le choix de prioriser ma carrière professionnelle à un moment. 

En parallèle avec mon ancien préparateur physique nous nous sommes mis au ski de fond. C’était une alternative vraiment sympa. Même s’il existe des risques, comme dans tout sport, ils sont quand même fortement limités en comparaison avec le ski alpin. C’est un travail physique incroyable et cela permet de vraiment s’oxygéner dans un air sain. Pendant plusieurs années j’y allais tous les hivers.

Depuis que j’ai changé de préparateur physique il y a quelques années je n’y suis pas retourné et l’envie est très présente de retourner à la montagne et de permettre aux enfants de profiter de la montagne.

 

Trou n°6 : quelle est la première victoire de ta carrière qui t’a vraiment marqué ?

C’est compliqué de n’en citer qu’une !

Ma première victoire en tant que pro, c’est évidemment un évènement marquant. D’autant plus que c’était à l’Open de Bordeaux sur le parcours de Bordeaux Lac, chez moi. Ça reste un beau souvenir.

Puis il y a eu une victoire en Afrique du Sud en 2004 ou 2005, qui a relancé ma carrière. Je suis allé m’expatrier sur un circuit sud-africain pour tenter de renouer avec la victoire et changer d’air et j’ai remporté le Telkom PGA Championship, où j’étais le seul non sud-africain. 

Et évidemment mes quatre victoires sur le Tour Européen ont chacune leur saveur et une très grande importance pour moi. En particulier celle à Hong Kong en 2009 qui réunissait tous les paramètres et où j’avais joué un golf très solide toute la semaine, ce qui m’avait permis de m’imposer devant de grands joueurs comme McIlroy et Poulter.
 

Trou n°7 : si tu pouvais réaliser trois vœux, ce serait lesquels ? 

Mon premier vœu, et le plus fort, c’est que ma famille proche soit la plus heureuse possible.

Et ensuite professionnellement mon rêve serait de remporter le Masters et le British Open. J’en rêve depuis tout petit.

J'attache beaucoup d'importance à passer du temps en famille.

 

Trou n°8 : es-tu un lecteur ?

Je lis beaucoup de magazines sur le vin car cela me passionne depuis quelques années et j’aime bien lire des livres sur les sportifs, des biographies, des livres sur le mental et tout ce qui tourne autour du sport globalement.

J’aime aussi beaucoup la culture asiatique. J’étais un grand fan de Bruce Lee donc je lis pas mal de choses sur les arts martiaux et la culture chinoise.

Quel livre y a-t-il sur ta table de nuit ? 

Actuellement il y a un bouquin sur les vins et un livre sur la sophrologie et la performance sportive, pour le côté plus pro.

 

Trou n°9 : tu te sens plus Koh Lanta ou Fort Boyard ?

Plus Fort Boyard ! Cela me dérange moins de mettre ma tête dans les insectes que de les manger on va dire.

Quelle est l’activité la plus extrême que tu aies faite ?

Je n’ai pas vraiment fait d’activités extrême dans le genre saut en parapente, parachute, etc... Ça m’attire un peu mais l’idée de sauter dans le vide avec simplement un sac à dos pour tenir ma vie c’est trop compliqué pour le moment.

À part la plongée sous-marine, qui est une activité peu commune mais pas non plus extrême, je ne vois pas trop...

J’avais rencontré quelqu’un de la patrouille de France qui m’a proposé d’aller faire un tour dans un avion de chasse. Je n’ai pas encore eu l’occasion de le faire mais j’ai bien envie. Ce doit être de sacrées sensations.

 

Trou n°10 : qui est ton meilleur copain golfeur ?

Mes meilleurs amis ne sont plus forcément en activité sur le circuit mais ils enseignent. J’ai vécu de superbes moments dans ma carrière amateur et au début des années professionnelles avec Éric Chaudouet. Et j’ai passé beaucoup de temps durant mes premières années pro avec Benoit Teilleria, qui est resté un très bon ami.

Aujourd’hui j’ai de très bons amis sur le Tour, des néo-Bordelais qui sont venus habiter dans la région et qui n’étaient pas d’ici à l’origine, comme Julien Quesne et Greg Havret. On se côtoie souvent, on s’entraîne ensemble et on partage de bons dîners autour de bons repas et de bonnes bouteilles de vins (rire).

 

Trou n°11 : comment décrirais-tu la différence entre l’European Tour et le Challenge Tour ?

C’est très différent au niveau de l’organisation et de la logistique, ça n’a rien à voir.

Mais en termes de jeu, de ce que j’ai pu voir pour l’instant, je trouve que le niveau de jeu est très bon sur le Challenge Tour. Finalement, il y a peu d’écart entre le niveau moyen du Challenge Tour et celui du Tour, excepté les tops joueurs du Tour Européen qui sont vraiment au-dessus.

En revanche la difficulté et la préparation des parcours n’est pas la même. Sur le Challenge Tour, on se retrouve avec des très beaux parcours bien préparés maintenant mais le niveau d’exigence reste inférieur à celui du Tour.

Sur le Tour, on joue sur les meilleurs parcours du monde, préparés selon un cahier des charges très exigeant et adapté à ces grands rendez-vous. Sur le Challenge Tour, ils ne peuvent pas se le permettre pour différentes raisons et notamment par rapport aux membres des clubs dans lesquels on joue.

 

Trou n°12 : est-ce que tu écoutes beaucoup de musique ? Quand tu t’entraînes par exemple ?

Pas vraiment pour l’instant. Je ne suis pas un expert, mais je suis très attiré par ce domaine, peut-être que cela fera partie des activités dans lesquelles je m’impliquerais dans mon après-carrière.

Et pourquoi pas me mettre au piano, car ma femme vient de s’y remettre et ça me donne envie. Mais trouver le temps et l’abnégation aujourd’hui c’est compliqué.

Niveau musique je reste en tout cas assez classique, j’aime la variété française « old school » et quelques groupes de rock assez connus.

Et un petit jazz de temps en temps. Mon père et surtout mon oncle étaient des experts et j’ai toujours pris du plaisir à en écouter.

 

Trou n°13 : quel est le défaut que tu ne supportes pas chez les autres ?

L’arrogance.

Et un défaut que tu ne supportes pas chez toi ? 

Ma lenteur dans la prise de décision.

 

L’Amen Corner

 

Trou n°14 : ta chanson préférée ?  « Ne me quitte pas » de Jacques Brel. 

Trou n°15 : ton sportif préféré ? Roger Federer.

Trou n°16 : ton plat préféré ?  Côte de bœuf, frites maisons.

Trou n°17 : ta destination de vacances préférée ?  Ce n’est pas très exotique mais j’adore le Bassin d’Arcachon. 

Trou n°18 : ton coup de golf préféré ? Le drive.

 

À toi de jouer maintenant, de quel joueur ou joueuse souhaites-tu tester les limites pour L’Interview Hors-Limites ?

Mes acolytes Greg Havret, Julien Quesne et Édouard Dubois.


Par Prune JUNGUENET
12 février 2020