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L’Interview Hors-Limites : Joël Stalter

Rencontre avec un Lorrain épicurien, amoureux des gens et amoureux du jeu !

Joël Stalter
Joël Stalter croque la vie à pleines dents. Alexis Orloff / ffgolf

Trou n°1 :  quand t’es-tu senti stressé pour la dernière fois ?

Je dirais que je suis souvent stressé, que ce soit dans le golf ou dans la vie de tous les jours. Mais la dernière fois que j’ai été vraiment stressé récemment c’était quand j’ai demandé ma femme en mariage !

Tu avais un doute sur la réponse ?

(rires) Non pas vraiment de doute, mais je pense que même lorsqu’on connaît la réponse c’est un moment où on ne fait pas trop le malin, c’est un cap quand même.

Trou n°2 : ça va ressembler à quoi ton mariage ?

Ça c’est secret !

Trou n°3 : tu t’entraînes seul ou avec des partenaires ?

Par défaut je m’entraîne souvent seul.

Mais quand je suis à Paris, je joue au Paris International Golf Club et je m’entraîne avec Quentin Debove, un jeune espoir de l’équipe de France qui va intégrer l’université de Florida. C’est un bon partenaire et un jeune prometteur qui a la tête sur les épaules. C’est toujours agréable !

J’aime beaucoup avoir quelqu’un avec qui je peux faire des matchs. Se mettre sous pression et être performant c’est ce qu’il y a de plus important chez les pros. Et ça, on ne peut l’avoir qu’en jouant contre d’autres joueurs en faisant des matchs.

Je pense que c’est primordial. A la fac aux Etats-Unis on s’entraînait toujours à 4 ou 5, c’était la compétition, et on se tirait vers le haut. Le niveau augmente forcément, je crois beaucoup au fait qu’on progresse mieux à plusieurs.

Où t’entraînes-tu la majorité de l’année ?

C’est compliqué comme on bouge partout. On n’est jamais à un endroit fixe.

Ma base d’entraînement est au Paris International Golf Club. Je suis ambassadeur pour le golf et c’est aussi un endroit où j’aime m’isoler quand je veux bien bosser pendant une semaine et rester dans ma bulle. C’est top !

Ma résidence principale est au Luxembourg, je m’y entraîne un peu, ce sont des parcours que je connais par cœur car j’ai grandi là-bas. En revanche les infrastructures sont moins bien que ce que m’offre le PIGC toute l’année et qui sont exceptionnelles.

Mais je voyage beaucoup. Là, par exemple, je pars m’entraîner une semaine aux États-Unis avec un ami. Ce n’est jamais monotone.

Trous n°4 : Quel est ton passe-temps favoris quand tu ne joues pas au golf ?

Alors j’aime bien faire de bonnes tables avec ma fiancée. Je suis un véritable épicurien, tout comme elle. On aime découvrir des restaurants, moi je suis passionné de vins, mon père m’a transmis cette passion depuis mon plus jeune âge.

C’est un univers surprenant, on peut faire des découvertes en permanence, c’est très vaste comme passion. J’aime aussi la notion de partage, avec des amis, des proches, ma femme, se retrouver autour d’une bonne bouteille pour fêter quelque chose ou juste passer du bon temps, c’est toujours un plaisir.

Je suis par-dessus tout un fan de Bourgogne, servez-moi un bon pinot noir et je suis heureux !

Trou n°5 : tu as l’air très branché nouvelles technologies, ça t’aide dans ton golf ?

Je suis quelqu’un d’empirique, pour moi les chiffres resteront toujours objectifs.

Il faut toutefois savoir les analyser, j’ai une équipe en place qui m’aide beaucoup. Ce sont des gens que je considère comme plus intelligents que moi et qui font ce travail très bien ! Ils travaillent tous ensemble, et m’aident à m’améliorer chaque jour.

Évidemment je comprends globalement toutes ces données, mais il y a des gens très spécialisés qui savent en tirer l’essentiel et m’orienter dans la bonne direction. C’est tout un art de ne sortir que les données essentielles, sans embrouiller les joueurs avec les informations superflues. Je leur fais parfaitement confiance. Ils analysent et repèrent les choses à améliorer et moi j’exécute.

Je me base beaucoup sur les statistiques car en tant que golfeur on est rarement objectif, on a parfois des œillères et on n’interprète pas toujours la réalité de la bonne manière je pense. Ce n’est pas facile d’être réaliste sur son jeu, et les chiffres eux ne mentent pas en général.

Après il faut garder une part de feeling mais la technologie dans notre sport s’est démocratisée, on a accès à des outils très performants et ce serait bête de s’en priver même si ça ne fait pas tout.

Trou n°6 : si ta vie était un film, quel serait le titre et le synopsis ?

Le titre serait : « Life is beautiful because of the people we meet » (ndlr : la vie est belle grâce aux gens que nous rencontrons).

C’est un morceau d’une citation de Simon Sinek un britannique spécialisé dans les théories sur le management et la motivation auprès des grandes entreprises. J’admire beaucoup son travail.

J’ai toujours trouvé cette phrase parfaitement juste et ce serait le synopsis de mon film : un jeune Lorrain qui part aux Etats Unis grâce à sa passion et qui rencontre plein de gens fascinants dans des cultures totalement différentes et qui comprend que le monde ne se résume pas à la France et qu’il y a plein de choses à découvrir au-delà de nos frontières.

C’est aussi apprendre à respecter d’autres rythmes et d’autres modes de vies. C’est vraiment enrichissant.

J'ai toujours eu dans l'idée de laisser ma trace.

Trou n°7 : si tu pouvais changer quelque chose dans ton physique ou ton caractère, ce serait quoi ?

Je voudrais faire 1m90 et avoir des yeux bleus (rires). Je plaisante, je vais revenir à une citation encore : « You’re born an original, don’t die a copy » (ndlr : vous êtes né en orignal, ne mourrez pas en copie) de John Mason.

J’adore cette phrase, elle reflète ma philosophie, donc je ne change rien, je suis né comme ça et je m’en accommode. Si je ne suis pas dans la norme ce n’est pas grave.

Trou n°8 : si tu gagnais à l’Euromillion qu’est-ce que tu ferais ?

J’achèterais une grande villa pour ma famille et mes parents au bord de la mer, en haut d’une falaise, avec un panorama magnifique sur l’océan. Peu importe l’endroit.

Je me consacrerais aussi à beaucoup de projets utiles. J’ai toujours eu dans l’idée que je voulais quitter ce monde en y laissant ma trace, et c’est vrai que lorsqu’on a de l’argent cela peut aider à réaliser de grandes choses pour aider les autres notamment.

Je continuerais évidemment à jouer au golf, j’aurais toujours la même envie de gagner et de remporter le Masters.

Mais je pourrais me consacrer à d’autres projets en parallèle. C’est d’ailleurs mon objectif si je fais une bonne carrière dans le golf.

Trou n°9 : es-tu bon cuisinier ? Quelle est ta spécialité ?

Honnêtement pas du tout ! Ma spécialité ce doit être les pâtes au beurre avec un émincé de poulet. Très difficile !

Trou n°10 : quelle est ta plus grosse blessure ?

Je touche du bois, il ne m’est rien arrivé de mal pour le moment. J’ai une très bonne préparation physique. Cela me permet d’endurer les chocs des swings à répétition pendant toute une saison sans me blesser.

Je n’ai pas d’équipe médicale à proprement parler. Je vais voir un ostéopathe en qui j’ai vraiment confiance 3 ou 4 fois par an, il me remet tout d’équerre et pour l’instant ça suffit. Et je fais beaucoup de stretching moi-même.

Je suis encore jeune et en bonne forme, peut-être que par la suite il faudra que je sois suivi par un kiné plus régulièrement mais pour l’instant tout fonctionne bien comme ça !

Trou n°11 : un regret dans ta vie ?

Aucun regret ! J’ai fait plein de bêtises et d’erreurs comme tout le monde mais je ne regrette pas. Le regret c’est un frein, cela empêche d’avancer.

Quand on fait quelque chose à un moment M, on se dit que c’est la bonne décision. A partir de ce moment, il ne faut pas regarder en arrière. J’avance et je cherche ce que j’ai à tirer de positif dans ces actes bons ou mauvais.

Trou n°12 : raconte-nous ta journée d’entraînement type ?

J’arrive au golf vers 10h. Je fais 5 heures de golf maximum par jour, sauf si je vais sur le parcours.

Je pars du principe qu’au-delà de 5 heures d’entraînement que de la technique pure, on est plus concentré. Pour moi ça n’a pas de sens, c’est comme ça qu’on se blesse. Je préfère travailler bien en qualité sans me fixer un nombre d’heures à atteindre absolument.

J’ai un objectif à chaque séance, et je considère que lorsque je l’ai atteint c’est bon. Je passe à l’objectif suivant.

Je n’ai pas de journée type avec des horaires prédéfinis. Une bonne journée d’entrainement mélange du parcours, du practice et du petit jeu et toujours une séance de sport complète. J’en fait en général 5 par semaine, que j’espace pour qu’elles soient le plus utiles possible.

Je ne me fixe pas un programme identique chaque jour, je me connais, je sais ce que je dois bosser et quand. Parfois j’ai besoin d’insister sur la technique au practice, parfois tout est en place et je préfère aller sur le parcours. Il y a du changement chaque jour en définitive.

Trou n°13 : c’est quoi le programme idéal pour un week-end off ?

Voyager, découvrir une ville et faire un bon restaurant évidemment !

Ou aller se reposer au bord de la mer, sans faire grand-chose, mais toujours passer par une bonne table et découvrir les vins locaux. J’adore aller au bord de la mer.

L'Amen Corner

Trou n°14 : ta chanson préférée ? Hier encore de Charles Aznavour.

Trou n°15 : ton sportif préféré ? Roger Federer.

Trou n°16 : ton plat préféré ? un tataki de thon. 

Trou n°17 : ta destination de vacances préférée ? San Francisco.

Trou n°18 : ton coup de golf préféré ? un bon coup de Bois 5.

À toi de jouer maintenant, de quel joueur ou joueuse souhaites-tu tester les limites pour L’Interview Hors-Limites du mois d’avril ?

Damien Perrier, Alexandra Bonetti et Gary Stal.


Par Prune JUNGUENET
4 avril 2019