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L'Interview Hors-Limites : Julie Aimé

Julie Aimé la golfeuse ascendant « roadtripeuse », amoureuse des U.S.

Julie Aimé swingue le rêve américain. LET

Trou n°1 : quelles sont tes bonnes résolutions depuis la rentrée de septembre ?

Ma plus grande résolution c’est de rester dans le présent. Un peu dans tous les domaines, que ce soit au golf ou dans la vie de tous les jours. Le golf aide à apprendre à accepter ce qu’il se passe, que ce soit bon ou mauvais et je pense que cela va être mon plus grand objectif cette année.

Trou n°2 : as-tu réussi à combiner golf et études ?

Je pense que oui. J’ai joué au golf dans l’équipe d’une université américaine au Texas (ndlr : l’Université de Lamar) de 2010 à 2013 et ça a vraiment été quatre années fantastiques. Le matin j’allais en cours, l’après-midi c’était entraînement avec l’équipe et le coach. Et nous partions environ dix fois par semestre le week-end en tournoi.

J’ai obtenu un Bachelor en communication et marketing. J’avais commencé mon cursus en sciences politiques car je voulais faire du droit initialement et je me suis dit que ça allait me plaire. Mais rapidement je me suis rendue compte que c’était très axé sur la politique américaine et très peu sur des sujets internationaux. J’avais un peu peur d’avoir un diplôme qui me bloque aux États-Unis donc j’ai changé de voie.

Trou n°3 : est-ce que tu as toujours rêvé de devenir golfeuse professionnelle ?

En réalité, avant mes 18 ans je n’ai jamais pris le golf vraiment au sérieux. J’étais à l’école de golf de Saint-Donat, je m’éclatais et je jouais le mercredi, le samedi et le dimanche mais c’était uniquement ma passion en parallèle des études.

Finalement j’ai été recrutée pour jouer aux États-Unis quand j’avais à peine 18 ans. C’était une superbe opportunité, même si pour être honnête en partant j’étais plutôt inquiète de devoir jouer au golf tous les jours. Je me suis demandée si cela n’allait pas me dégoûter. Finalement ça été les quatre plus belles années de ma vie ! 

À la fin de mon cursus je suis rentrée travailler en France. J’ai remis le golf de côté, même si je travaillais dans l’évènementiel dans le domaine du golf dans le sud.

C’est à ce moment-là que j’ai rencontré Roger Damiano qui m’a mis le pied à l’étrier. En 2015, il m’a dit « donne-moi une année et je te remets au niveau, on travaille techniquement et je t’amène sur le Tour ». Quand il m’a dit ça, j’ai un peu rigolé. Je lui ai dit que je ne savais même pas comment on faisait pour aller sur le Tour. Il m’a tout expliqué et m’a coaché de A à Z pendant une année. Je lui dois beaucoup.

J’ai vu ce que c’était de travailler, d’être derrière un bureau toute la journée. Je ne pense pas que ce soit fait pour moi aujourd’hui. J’ai bien aimé, mais maintenant que j’ai touché à cet univers sportif, que je suis bien dans mon corps et dans ma tête, je n’envisage pas autre chose.

Trous n°4 : quel est ton plus beau souvenir de golf ?

Il y en a quand même pas mal ! Mais le plus récent, c’était en octobre dernier, lors des qualifications pour le Symetra Tour, sur lequel je joue actuellement. Je devais faire birdie sur le trou n°18 pour me garantir une pleine carte pour cette année, mais je ne le savais pas car j’avais refusé de regarder les résultats tout au long du tournoi pour ne pas me mettre une pression inutile.

Et j’ai rentré un chip roulé avec mon club préféré, le 54 degrés. Donc j’étais déjà contente de terminer par un birdie de cette manière, et en prime lorsque je suis arrivée au recording, Mathilda Cappeliez m’a annoncé que grâce à mon birdie j’étais dans le Top 80 et que cela me permettait donc d’avoir une catégorie pleine sur le Symetra Tour. Double joie ! 

Trou n°5 : est-ce que tu pratiques d’autres sports ?

J’ai pratiqué beaucoup de sports différents quand j’étais plus jeune, j’étais un peu garçon manqué et j’ai voulu tout essayer, tennis, judo, saut à l’élastique... J’ai brièvement essayé la danse mais au bout de deux cours j’ai su que ce n’était pas pour moi !

Malheureusement je me suis cassée le tibia en faisant du roller à 14 ans et j’ai réalisé que je ne pouvais pas tout faire et que si je voulais continuer à jouer au golf il fallait que je sois en bonne forme physique tout de même.

Et puis financièrement et au niveau du temps j’ai dû faire des choix. Je ne pouvais pas continuer à tout faire, j’ai donc décidé de me concentrer sur le golf. Je continuais juste le ski en hiver pour m’amuser aussi, mais pas de manière assidue. 

Aurais-tu aimé être une sportive professionnelle dans une autre discipline ?

Si j’avais pu choisir, j’aurais bien aimé être professionnelle de tennis ou de volley-ball. Juste parce que j’adore le tennis, je suis encore énormément les tournois, mais j’avoue que l’idée de faire un sport d’équipe me plaît beaucoup, et je pense que mon choix porterait sur le volley. 

Trou n°6 : penses-tu que c’est facile de concilier vie personnelle et vie de golfeuse de haut niveau ?

Je pense que j’ai beaucoup de chance car j’ai voyagé toute la saison cette année avec mon fiancé. C’était vraiment super, ça a été un bon test pour notre relation et nous avons vraiment bien cohabité. Test réussi !

Après ce qui est compliqué c’est que ma famille est en Europe et moi aux États-Unis donc on ne se voit pas régulièrement. Mais je suis habituée depuis mes années d’études en université.

En tout cas nous avons passé une très belle année à deux, nous avons voyagé à travers tout le pays en voiture, au total dix-huit États en 20-25 semaines, ça laisse plein de beaux souvenirs.

Ton fiancé est également golfeur ? 

Il est aussi golfeur, nous nous sommes rencontrés dans l’équipe à l’université. Il avait un très bon niveau lorsqu’il était jeune, il jouait pour l’équipe nationale belge et a fait les championnats du monde lorsqu’il avait 13 ans. Puis il est parti en université et il a eu le choix entre passer pro ou continuer ses études. Il a choisi de faire un master dans le business et a donc un peu bifurqué.

Aujourd’hui il me coache et me caddeye toute l’année donc il reste quand même dans le milieu. Il joue pour le plaisir mais il a gardé un très bon niveau et souhaite rester connecté au monde du golf. C’est quand même un avantage car je suis tout le temps en vadrouille, j’ai dû avoir deux ou trois semaines off cette saison, alors on ne se verrait pas beaucoup autrement. 

Trou n°7 : où souhaiterais-tu habiter si tu avais le choix ?

Je resterais aux États-Unis pour le moment. C’est une vie qui me correspond plutôt bien. Et si j’avais beaucoup d’argent je choisirais la Californie ! Ou bien la ville dans laquelle j’ai étudié au Texas, Beaumont. C’est à une heure de Houston et j’y ai tous mes amis, tous les gens que j’ai rencontré à l’université et qui y habitent encore. C’est une ville que j’ai vraiment adorée.   

J’aime aussi la France, mais le fait que je sois dans le domaine du golf joue également. Si j’étais cheffe cuisinière je serais sûrement attirée par d’autres destinations plus européennes.

Trou n°8 : sur le parcours as-tu un tempérament plutôt calme ou impulsif ?

Je suis plutôt calme, je ne m’énerve pas de manière virulente. Je n’ai jamais cassé de club, je ne crie jamais, je ne tape pas mon sac, et je pense que je ne le ferai jamais. Mais j’ai quand même le côté scorpion en moi qui me joue parfois des tours. Je peux avoir les oreilles qui chauffent. 

Te souviens-tu de la dernière fois où tu t’es énervée ?

La semaine dernière j’ai un peu chauffé. Je ne me suis pas énervée mais je sentais que ça me prenait bien la tête. Il y avait 40 km/h de vent, je jouais vraiment bien malgré tout et j’étais -2. Sur les trois derniers on fait deux erreurs de clubs et je termine par deux mauvais bogeys qui me font louper le cut. Je peux te dire que là j’étais un peu rouge ! 

Trou n°9 : as-tu un programme d’entraînement particulier que tu suis rigoureusement ?

Je suis en tournoi toutes les semaines et j’ai besoin de jouer en compétition. Passer des heures au practice cela m’ennuie assez rapidement ! J’aime jouer pour un score, être sous pression, c’est comme ça que j’ai l’impression de bien progresser et de savoir sur quoi bosser chaque semaine. 

Et qui sont tes « sparing partner » habituels ?

Je n’ai pas vraiment de partenaires régulières. Cette année c’était assez différent, je passais environ une heure au practice, puis j’allais directement faire la reconnaissance du nouveau parcours pour le tournoi de la semaine.

Ce qui est cool sur le Symetra Tour, c’est que nous sommes 145 filles qui voyagent chaque semaine sur ces mêmes destinations, donc au fur et à mesure on rencontre beaucoup de filles, on fait les reconnaissances ensemble et à la fin de l’année tu t’es donc fait quelques copines que tu retrouves chaque semaine.

Trou n°10 : la Solheim Cup est-elle un objectif dans ta vie de golfeuse où tu n’y penses pas vraiment encore ?

Ce n’est pas un objectif actuel, pour le moment je suis concentrée sur le Symetra Tour, j’ai envie de grappiller des tournois sur le LPGA, et de progresser. J’essaye de voir étape par étape de mon côté pour le moment. 

Mais je suis super contente pour Céline (Boutier ndlr) qui a intégré l’équipe, j’ai également rencontré Anne Van Dam, c’est vraiment la première Solheim Cup où je connais des joueuses donc je suis d’autant plus intéressée, et c’est hyper intéressant de les voir jouer.

Il y a un véritable engouement aux États-Unis ? 

Oui, les gens suivent vraiment, même s’ils connaissent surtout les joueuses de l’équipe américaine, mais en tout cas, ça n’a rien à voir avec l'Europe... 

Trou n°11 : si tu pouvais soutenir une cause, une association, ce serait quoi ?

N’importe quelle association qui aide les animaux, mais sûrement les animaux domestiques car je suis très attachée aux chiens en particulier. D’ailleurs quand je voyage et que je réside dans les maisons des membres ou des joueurs qui nous accueillent pendant les tournois, ils ont souvent des chiens et j’adore ça ! 

Trou n°12 : quel est le programme idéal pour une journée de repos ? 

J’aimerais me lever tôt, prendre ma petite tasse de café au calme face au soleil qui se lève et me détendre. Après, j’irais à la gym faire une séance tranquille, simplement pour me réveiller. 

Ensuite, aller faire un brunch, j’adore ça ! Avec des toasts d’avocats par exemple. Je suis à fond dans la nutrition et j’aime manger correctement. Puis profiter d’un cocktail autour de la piscine avec de la musique et des amis et, enfin, terminer par un barbecue. Je pense que c’est un bon programme...

Trou n°13 : en vacances, tu joues au golf ou tu aimes bien laisser tes clubs parfois ?

J’aime bien passer trois, quatre jours où je ne touche pas à mon sac. Mais rapidement je vais avoir envie de jouer quelques trous. Sans forcément me prendre la tête avec le côté technique mais juste rester dans le jeu. Je pense que je me sentirais mal si je laissais vraiment les clubs de côté pendant une semaine complète.

Du coup, tu choisis tes destinations de vacances en fonction des golfs sur place ?

Pour être honnête ces deux dernières années je n’ai pas vraiment pris de vacances. Mais je pense que les prochaines vacances que je vais avoir ce sera à Noël. Nous rentrons en Belgique dans la famille de mon copain, et peut-être que ce sera différent car s’il fait froid ou mauvais j’aurais certainement moins envie de m’entraîner... Ce sera sûrement plus du repos, de la gym, des bons petits plats, de la cuisine et le retour à une vie posée et normale car j’ai beaucoup bougé ces derniers mois.

L'Amen Corner

Trou n°14 : ta chanson préférée ?  « Suddenly I See », c’est la chanson du film le Diable s’habille en Prada. Je ne sais pas si c’est ma chanson préférée mais c’est celle qui me donne toujours la pêche et me fait danser.

Trou n°15 : ton sportif préféré ? Novak Djokovic.

Trou n°16 : ton plat préféré ?  Les plats type « Poke Ball » au quinoa. Il y a dix ans j’aurais dit les pâtes carbonara mais j’ai évolué. 

Trou n°17 : ta destination de vacances préférée ? Sur une île, ou une destination ensoleillée... Si je dois remplir ma valise de maillots, de robes, de sandales et de crème solaire, je suis partante !

Trou n°18 : ton coup de golf préféré ? Le coup de 75 mètres, un 3/4 de 54 degrés j’adore ce coup. 

 

À toi de jouer maintenant, de quel joueur ou joueuse souhaites-tu tester les limites pour L’Interview Hors-Limites du mois d'octobre ?

Camille Chevalier, Émie Peronnin et Erwan Vieilledent.


Par Prune JUNGUENET
24 septembre 2019