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L'Interview Hors-Limites : Paul Barjon

Ce mois-ci, rencontre avec Paul Barjon, le Frenchy des îles expatrié aux États-Unis.

Paul Barjon
Le sourire de Paul Barjon, épanoui sur le circuit canadien. DR

Trou n°1 :  est-ce que tu suis la coupe du monde de football féminine ? tu penses quoi du foot féminin ?

Je n'ai vu qu’un match de l’équipe américaine pour le moment, car ici ils montrent essentiellement leurs matchs je crois, et c’était très sympa, elles ont un super niveau.

D’ailleurs c’est assez surprenant car la France joue cet après-midi (ndlr : le match France / USA du vendredi 28 juin), et des membres de mon club m’ont demandé si je voulais regarder le match. Ils ne regardent déjà pas beaucoup le football classique ici, alors je ne pensais pas qu’ils s’intéressaient au football féminin.

Mais comme l’équipe masculine ne s’est pas qualifiée à la dernière coupe du monde, ils doivent reposer tous leurs espoirs sur cette équipe féminine en plus.

Pour être honnête c’est la première fois que je regardais le football féminin, et j’ai trouvé ça vraiment bien. 

Trou n°2 : pourquoi as-tu choisi de vivre aux États-Unis ?

À vrai dire, j’ai grandi en Nouvelle-Calédonie, mes parents n’habitent pas en France donc ce n’est pas comme si j’avais quitté mes racines en m’éloignant de la France métropolitaine. Si je m’étais installé en Europe, ça aurait été un peu pareil pour moi en fin de compte, et les opportunités ont fait que je suis resté au Etats-Unis après la fac. 

J’ai un peu suivi la même trajectoire que Julien Brun, qui avait passé les cartes pour le tour canadien quand il était à l’université, ce qui nous as permis de passer pro directement en sortant de la fac. C’était plutôt une bonne idée ça.

Aujourd’hui c’est un mode de vie qui me convient, ça fait 7 ans que j’habite ici donc j’ai eu le temps de m’acclimater, et pour le golf c’est le paradis, on est dans d’excellentes conditions.

Trous n°3 : est-ce que tu as un tour préféré lors d’un tournoi ?

Je ne dirais pas qu’il y a un tour où je gère mieux la pression, ou pendant lequel je joue mieux. Mais c’est vrai que le dernier tour, reste mon préféré. C’est celui qui compte vraiment. C’est sympa d’être premier au bout d’un ou deux tours mais en vrai ce n’est pas ça qui compte. 

Ce que j’adore c’est être dans la position où tu peux lancer une charge sur les leaders le dernier jour quand tu es à quelques coups de la tête.  Être premier au départ du quatrième tour ce n’est pas la place la plus confortable selon moi, il y a du monde derrière qui te chasse. 

Trou n°4 : tu n’as pas l’air très réseaux sociaux, ni Instagram ni Twitter ? tu penses quoi des réseaux ?

J’aime bien mais c’est vrai que j’ai une personnalité assez addictive et ça me fait perdre trop de temps. Je n’ai gardé que Facebook, ce qui me permet de garder contact avec des gens que je connais mais qui habitent loin ou que j’ai connus par le passé. 

Mais les autres, je me suis surpris à y passer des heures et ça ne me servait pas à grand-chose. 

Si ce n’est pas avec les réseaux, avec quoi tu perds du temps ?

Je dirais avec la télé, et les émissions américaines un peu « bébêtes ». Ils sont très forts aux États-Unis pour ça. Il y a une chaîne d’histoire que j’aime bien regarder, ils passent des reportages sur des gens qui fabriquent des couteaux, ou d’autres sujets un peu bizarres, et je me laisse hypnotiser par ça pendant des heures parfois.

Trou n°5 :  la partie que tu préfères et celle que tu aimes le moins dans ton métier

La partie que je préfère c’est l’intensité que je retrouve sur le parcours, quand tu commences à bien jouer, ce sont des émotions qui sont difficiles à retrouver hors du parcours, à moins de faire des sports extrêmes. Ça apporte une pression que j’apprécie. 

Le côté négatif je trouve que c’est le lundi, mardi, mercredi, entre deux tournois je tourne un peu en rond. Alors oui je m’entraîne et je fais des reconnaissances de parcours, mais ça n’a rien à voir. Il y a quand même beaucoup de temps libre où je ne sais pas trop quoi faire.

Trou n°6 : dans quel autre sport que le golf aurais-tu pu rêver d’être professionnel ?

Quand j’étais petit je regardais beaucoup de surf et j’étais assez fan de Kelly Slater. Je trouvais ça cool, mais je n’en faisais pas, j’ai commencé très tard. Mais ça me faisait rêver.

Trou n°7 : ta plus grande peur dans la vie ?  La situation qui te met le plus sous pression ? 

J’ai un peu le vertige, ça me fait quand même bien peur. Sur un pont ou dans une tour, je ne suis pas forcément à l’aise. Je ne ferai jamais de saut en parachute ou à l’élastique. 

Et j’ai un petit souci avec les serpents. J’en croise parfois au Texas et c’est vraiment quelque chose que je déteste.

L’intensité que je retrouve sur le parcours, quand tu commences à bien jouer, ce sont des émotions qui sont difficiles à retrouver ailleurs.

Trou n°8 : quel style de musique écoutes-tu ? quelle place a la musique dans ta vie ?

La musique à une place assez importante, j’écoute beaucoup de classique-rock et depuis que je suis arrivé aux États-Unis je me suis mis à la country.  Je suis allé à quelques concerts dans le coin, des trucs locaux, bien cowboys !

Par contre je déteste le rap. C’est à peu près le seul style que je n’écoute pas. Pour le reste je suis assez ouvert. Récemment je suis allé voir le film sur Queen (Bohemian Rhapsody ndlr) et j’ai adoré.

As-tu déjà joué d’un instrument ?

Quand j’étais petit j’ai joué de la trompette pendant quelques années. Mais aujourd’hui je pense que je ne saurais pas refaire une note.

Et puis vers 14/15 ans j’ai fait de la guitare. J’en ai toujours une chez moi d’ailleurs, mais je ne joue jamais, faudrait que je m’y remette.

Trou n°9 : est-ce que tu as déjà songé à abandonner cette carrière de golfeur professionnel ?

J’ai eu des doutes quand j’étais à la fac. Vers la fin de mon cursus universitaire je ne jouais pas forcément très bien, et je me suis demandé si cette carrière était faite pour moi. J’ai rencontré un « mentor » à ce moment-là, un des assistants coachs de TCU (ndlr : Texas Christian University), il m’a un peu aiguillé en me disant qu’il me restait deux ans de scolarité et qu’il fallait que j’essaye de faire de mon mieux pour voir au dernier moment, et que ça ne servait à rien de se poser ce genre de questions ou de faire un bilan trop tôt. 

Je me suis donné à fond, et j’ai finalement bien joué la dernière année.

J’ai aussi été un peu dans le fond du sac l’année dernière après être descendu du Web.com au Mackenzie Tour, il a fallu que je reparte aux cartes où j’ai fait un mauvais dernier tour. Et après quand tu as tout l’hiver qui arrive, qu’il n’y a pas vraiment de tournois, tu as beaucoup de temps pour cogiter.

Après je pense que beaucoup de golfeurs passent par cette étape quand ils loupent les cartes, il faut passer l’hiver, quand il fait froid tu ne t’entraînes pas 10 heures par jour non plus, donc tu te poses pas mal de questions. 

Trou n°10 : ton plus beau souvenir de voyage ? 

Alors pendant les années universitaires, nous allions à Pebble Beach tous les ans, et ça c’est difficile à battre ! C’était le paradis, on restait sur le golf tout le temps, c’était vraiment top. 

Et en voyage plus personnel, je suis allée aux îles Fidji pour un tournoi. À la fin de l’année 2016, avant ma montée sur le Web.com j’ai reçu une invitation pour jouer ce tournoi, à la dernière minute. J’y suis donc allée tout seul, j’avais dormi dans un gîte avec des bungalows sur l’eau, il n’y avait pas d’eau chaude, pas d’électricité, pas de téléphone, c’était magique ! J’en garde un super souvenir, en plus j’avais pas mal joué. 

Trou n°11 : est-ce que tu te souviens de ton dernier fou rire ?

C’était sans doute la semaine dernière avec Jérémy Gandon qui joue aussi sur le tour canadien, qui a un rire extrêmement communicatif. Je ne me souviens pas du sujet initial, mais rien qu’avec son rire c’est des fous rires toutes les 20 minutes avec lui !

Trou n°12 : la personne que tu rêverais de battre en match play en Ryder cup ? 

Alors pas très original à mon avis, comme tout le monde je rêverai de battre Tiger Woods.

Et celle avec qui tu aimerais jouer en foursome ? 

J’ai joué presque tous mes foursomes avec Julien Brun, donc j’aimerais bien que ce soit avec lui, golfiquement ça fonctionne bien.

Et sinon en superstar, j’aimerais bien jouer avec Miguel Angel Jimenez, ce serait sympa.

Trou n°13 : ton plus grand craquage au golf ?

Je n’ai pas de souvenir où j’ai vraiment craqué, au point de me faire perdre un tournoi.

Mais il y a deux fois où j’ai eu un peu de regrets. La première fois c’était aux cartes l’année dernière lors du deuxième stage, j’étais à -14 après trois tours et j’ai joué +1 au dernier tour. Ce n’était pas vraiment un gros craquage, mais c’était le tour le plus décevant de ma carrière.

Et lors de la dernière année de Julien, on avait joué un tournoi universitaire national et j’ai fait un triple au 8 qui était mon 17e trou et ça a un peu empêché l’équipe d’aller jusqu’au match play. Après, ce n’était pas seulement ma faute, mais je m’en souviens encore bien !

L'Amen Corner 

Trou n°14 : ta chanson préférée ? Depuis que j’ai vu le film sur Queen, je réécoute à fond Bohemian Rhapsody.

Trou n°15 : ton sportif préféré ? En ce moment Brooks Koepka.

Trou n°16 : ton plat préféré ? Le magret de canard - frites. Mais ça se fait rare ici.

Trou n°17 : ta destination de vacances préférée ? Je suis allé il y a deux ans à Cabo dans l’ouest du Mexique. C’est une péninsule, dans le genre Cap Ferret, mais aux dimensions américaines. C’était assez fou.

Trou n°18 : ton coup de golf préféré ?  Le drive.


Par Prune JUNGUENET
3 juillet 2019