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L'Interview Hors-Limites : Jade Schaeffer

Rencontre avec Jade Schaeffer, le cœur léger d'une fille des îles toujours prête à croiser le fer.

Jade Schaeffer
Jade Schaeffer-Calmels veut rejouer au plus haut niveau en 2019. Alexis Orloff / ffgolf

Quel est ton meilleur souvenir de 2018 ?

Lorsque j’ai fait un trou en un pendant le deuxième tour du Lacoste Ladies Open de France au golf du Médoc. C’était sur le trou numéro 17 du parcours des Châteaux et c’est mon mari qui m’accompagnait qui m’a donné exactement le bon club. C’était un super moment. Et j’ai gagné une caisse de bon vin !

C’était la deuxième fois de ma vie que je faisais un trou-en-un en compétition et le premier remontait déjà à plus de 10 ans.

Même si je dois avouer que cette année j’ai eu la chance d’en faire deux ! Le premier c’était sur mon parcours d’enfance, au golf club de Bourbon, à la Réunion. Finalement, c’est arrivé dans des lieux et à des moments qui comptent énormément pour moi. Je ne pouvais pas demander mieux.

Quelle est la cause qui t’as le plus touchée en 2018 ?

J’ai été très marquée par toute la sensibilisation autour des déchets plastiques. Notamment dans les océans. Je viens d’une île où les lagons sont protégés et font partie du patrimoine mondial de l’Unesco, mais je trouve ça primordial de protéger cette nature.

C’est incroyable les gens qui jettent sans aucun problème leurs déchets dans la nature. La dernière fois à Paris, j’ai vu une femme sortir d’un magasin et jeter son antivol en plastique par terre, tout naturellement.

C’est fou qu’en 2018, dans une grande ville, on puisse agir comme cela. Alors qu’on passe notre temps à voir circuler des photos d’animaux qui grandissent avec du plastique coincé autour de leur cou, dans leurs narines, qui meurent au beau milieu des déchets... Je trouve ça hallucinant.

La vie à la Réunion ça te manque ?

Oui, ça me manque beaucoup. J’ai quitté l’île à l’âge de 14 ans, j’ai eu le temps de me faire à la vie là-bas et c’est vrai que c’est magique. J’y retournerais peut-être un jour... Mais pas pour le moment.

Cette année nous y sommes allés pendant tout le mois de mars avec mon mari. Même si je n’ai plus beaucoup de famille proche là-bas, j’ai la chance d’avoir pas mal d’amis qui y vivent encore et qui nous accueillent pendant les vacances.

Nous avons pu jouer au golf évidemment, mais nous avons aussi exploré l’île et fait plein de choses exceptionnelles comme d’habitude. Il y a beaucoup de choses à voir.

Être mariée à un golfeur (ndlr François Calmels) c’est plus simple ou plus compliqué pour gérer sa vie professionnelle et sa vie personnelle ?

Je pense que c’est plus simple même si je suis sûre qu’il y a des non-golfeurs mariés à des golfeuses qui sont très compréhensifs. Évidemment, partir de manière régulière et ne pas être ensemble, ça peut être compliqué. Mais comme il fait le même métier que moi il comprend parfaitement les enjeux.

Nous savions d’emblée lorsque nous nous sommes mis ensemble, puis mariés, qu’il y aurait des périodes d’absence plus ou moins longues. En étant tous les deux golfeurs nous savions parfaitement à quoi nous attendre.

Est ce qu’il y a des véritables coupures ou ça parle tout le temps golf à la maison ?

Heureusement que non (rire). Il y a tellement de sujets qui nous intéressent hors du golf, on aime beaucoup de choses en commun.

François est très spécialisé dans le sport, en règle générale, et j’adore aussi. Lui c’est une véritable encyclopédie, il connait toutes les règles de tous les autres sports je pense, du cricket à la pala, en passant par le base-ball. C’est incroyable.

Moi je suis totalement fan des grands événements sportifs. C’est une ambiance que j’adore : Coupe du monde de football, Roland Garros, Masters de tennis, Championnat du monde ou d’Europe de handball... et même la Ligue des Champions de football. Rien ne m’échappe.

J'ai tout ce que je veux dans ma vie.

Quel autre sport aurais-tu rêvé de pratiquer à haut niveau ?

Quand j’étais plus jeune je jouais au tennis et au golf. Et je rêvais de devenir pro de tennis. Même si je jouais au golf en même temps. A un moment mon père voulait que je ne me consacre qu’au golf car il trouvait que j’avais du potentiel. Mais j’ai refusé et je lui ai dit que j’arrêterais le golf si je ne pouvais plus faire de tennis.

Il s’est avéré qu’il avait quand même raison, et que je performais plus au golf qu’au tennis. Donc c’est naturellement que je me suis concentrée sur le golf. Mais je continue à jouer au tennis parce que j’aime ça même si je ne sais pas combien je serais classée aujourd’hui.

Est-ce que tu voudrais avoir des enfants ?

Et bien pourquoi pas... (rire) En vérité, c’est un projet ! Je pense que nous sommes tous les deux prêts et que nous sommes respectivement à un tournant de nos vies professionnelles. C’est clairement le prochain objectif je pense... Il faut toujours avoir des objectifs (rire).

Qui y a-t-il sur ta liste de Noël ?

Rien qui ne concerne le golf en tout cas ! J’aimerais bien partir aux États-Unis pour rendre visite à ma belle-mère, la maman de François, qui a une maison là-bas.

Pourquoi pas, savoir ce que je vais faire plus tard, voir mon avenir. Ou bien plus de tournois sur le Ladies European Tour car ça va être un peu compliqué l’année prochaine. Honnêtement, j’ai tout ce que je veux pour le moment dans ma vie, donc rien de matériel qui me soit indispensable.

A quoi ressemble Noël dans ta famille ?

Je suis d’origine strasbourgeoise, mon papa était Alsacien. J’ai la chance d’avoir un mari qui me suit dans ma famille pour Noël donc nous allons à Strasbourg chaque année et c’est magique.

C’est la capitale de Noël en Europe, les gens jouent vraiment le jeu, c’est très festif et plein de charme. Je conseille vraiment de faire un tour dans les marchés de Noël de la région qui sont fantastiques.

Qu’est-ce que tu penses des gilets jaunes ?

Je pense que chacun à son opinion et qu’on peut la défendre, mais dans le respect. En l’occurrence, je trouve que le message n’est peut-être pas assez clair mis à part que les taxes sont parfois exagérées. En même temps, il faut bien faire tourner le pays.

Je ne suis ni Présidente, ni politicienne, donc je ne saurais pas comment gérer une telle situation. Je me contente de souhaiter bonne chance à la présidence car l’ambiance est quand même « chaude ».

J'aime beaucoup transmettre.

Tu t’es essayée aux commentaires sportifs sur quelques tournois de golf, envisagerais-tu une reconversion ?

C’est un exercice que j’ai vraiment apprécié, et j’y ai effectivement déjà pensé. Mais je suis assez touche à tout, j’aime l'événementiel, les travaux manuels... donc je ne me ferme pas de porte.

Concernant le métier de consultant ou de commentateur, les places sont chères, il faut le savoir. Pour l’instant François commente de manière plus régulière que moi sur Canal+. J’en suis ravie et je l’aide un peu lorsqu’il prépare les tournois et ça me permet de me tenir à jour si l’on a besoin de moi.

En tout cas, en tant que sportive de haut niveau, j’aime beaucoup transmettre, parler d’un sport que je connais sur le bout des doigts, faire part de mon expérience à haut niveau. Cela m’attire beaucoup.

Quel est-ton dernier coup de cœur au cinéma ?

Je suis allée voir Bohemian Rhapsody. Franchement, cela faisait longtemps que je n’avais pas vu un film biographique aussi sympa et réaliste. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Son histoire n’était vraiment pas facile à vivre, et c’était très émouvant à regarder. Nous avons vraiment adoré et j’ai trouvé l’acteur formidable.

Je sais qu’il faut aussi aller voir A Star is Born avec Lady Gaga, mais en ce moment je n’ai pas trop envie de pleurer, alors je vais attendre qu’il sorte en DVD je pense.

Tu dirais que tu es plutôt terre, mer ou air ?

Je suis plutôt terre. En venant de la Réunion j’ai évidemment pratiqué des sports nautiques. Notamment le bodyboard mais je n’avais pas une passion, ni une éducation tournée vers la mer. Ce qui m’attire vraiment ce sont les découvertes sur la terre, les excursions, les randonnées, les activités de ce genre.

En revanche, je n’ai jamais passé le pas pour sauter en parachute donc c’est certain que je ne suis pas air.

Ton plus beau voyage ?

Ce n’est pas une question facile car j’ai quand même eu la chance de beaucoup voyager. J’ai des souvenirs mémorables en Australie et en Nouvelle-Zélande. Quand c’est loin de tout et difficile d’accès, on se retrouve dans des zones plus sauvages, loin des touristes et j’aime ça.

Mais en vrai, cela fait 2/3 ans que nous sillonnons la France avec François. Nous faisons un genre de « road trip » avec notre voiture, et je conseille vraiment à ceux qui ne connaissent pas la France de partir à la découverte de notre pays.

C’est juste incroyable les endroits que l’on a découverts et qui n’ont rien à envier à une cascade à la Réunion ou des paysages à l’autre bout du monde. J’ai été tellement agréablement surprise par ces voyages. Finalement on ne connait même pas notre propre pays alors qu’il est magique. 

J'arrive à gérer le stress.

La personne avec qui tu passes le plus de temps au téléphone ? François.

La personne avec qui tu te disputes le plus ? François.

La dernière chose que tu fais avant de dormir ? Embrasser mon mari et lui dire bonne nuit.

Est-ce que tu as des manies qui peuvent être agaçantes ?

Je pense, même si les autres seraient certainement bien mieux placés que moi pour en parler (rire).

Des manies à proprement parler je ne vois pas trop, mais je sais que dans mon caractère des choses peuvent agacer. Mon entourage me dit souvent, soit que je dis trop ce que je pense, sans mettre assez de formes. Soit que je prends tout mal. Il faut que je prenne un peu plus de recul de ce point de vue-là.

Est-ce que tu te laisses facilement envahir par le stress ?

En général non. Au golf, il peut parfois me submerger, je ne suis pas un robot. Mais de manière générale, dans n’importe quelle situation, lorsque je sens que le stress peut monter, j’arrive à le gérer. La véritable difficulté c’est de se rendre compte qu’il arrive avant qu’il prenne le dessus.

Ma méthode pour me calmer c’est de me parler à moi-même et de me donner des conseils objectifs. Et c’est vrai que je gère beaucoup mieux cela depuis que je suis professionnelle. Dernièrement j’ai travaillé avec Romain Bastide à Saint-Cloud. C’est celui qui a réussi à répondre à mes besoins et qui m’a donné les conseils les plus adaptés à mon caractère je pense.

Quel est ton objectif numéro un pour l’année 2019 ?

Pour être honnête, ça va être compliqué cette année. J’ai une catégorie qui va être meilleure que cette année sur le LET, mais je ne pourrai pas jouer les plus beaux tournois. D’autant plus que les plus sympas sont maintenant fusionnés avec le LPGA, donc il y a peu de chances que je sois dans le champ de joueuses.

Donc mon objectif, c’est de trouver le moyen de rejouer au golf au plus haut niveau et de pouvoir continuer mon métier, parce que je l’adore.

A toi de jouer maintenant, qui souhaites-tu nommer ?

Bien évidemment François Calmels. Parce que c’est mon mari, mais également parce qu’il est en train de cartonner sur Canal+ et que j’adore ce qu’il fait et que je pense que ça peut intéresser les gens. Une golfeuse, Valentine Derrey et enfin Romain Langasque.


Par Prune JUNGUENET
3 décembre 2018