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Antoine Rozner : « Tout est encore possible »

Auteur ce vendredi d'une carte de 69 (-2), Antoine Rozner a certes perdu quelques places au leaderboard, mais reste bien placé pour aller chercher une médaille dimanche. Quinzième à -5, il n'est qu'à trois coups du podium provisoire, et croit fermement en ses chances.

Antoine Rozner
Le Racingman vise la première médaille olympique de l'histoire du golf français. Mike Ehrmann / GETTY IMAGES ASIAPAC - AFP

Joint à la sortie de sa partie, bouclée en 69 (-2) avec trois birdies, trois bogeys et un eagle sur le par 5 du trou n° 8, Antoine Rozner pointe à la 15e place de l'épreuve olympique masculine. Alors que le jeu a été interrompu en raison d'une météo menaçante, laissant 16 joueurs dans l'obligation d'en terminer tôt samedi matin, le Racingman est bien installé à -5, à six coups du leader Xander Schauffele (États-Unis) et à trois coups du podium provisoire. Sur le chemin du retour à l'hôtel, il a répondu à nos questions et à celles de notre confrère de L'Équipe.fr.

Comment s'est déroulé votre deuxième tour ?
« C'était bien ! J'enchaîne un deuxième bon score sous le par qui me permet d'être placé avant le week-end, à trois coups du podium, donc d'un point de vue comptable je suis assez content. Il va falloir garder un œil sur le classement car il y a une médaille à aller chercher. Le but est d'être toujours en position dimanche à neuf trous de la fin pour aller décrocher cette médaille, donc pour l'instant je suis dans les clous. Au niveau du jeu, je n'ai pas très bien tapé mes mises en jeu hier et aujourd'hui, donc à moi d'être un peu meilleur dans ce secteur-là, car je me rends compte que quand je prends les fairways je me mets très régulièrement en position de birdie, et comme je putte plutôt pas mal je pourrais faire encore baisser mes scores. Il va donc falloir mettre l'accent sur le driving pour être performant ce week-end.

Comment expliquez-vous ce manque de réussite au driving ?
D'une part, les fairways sont assez étroits, il faut donner de l'effet à la balle pour les prendre, donc ce n'est déjà pas évident. Et puis je ne suis pas très bien réglé non plus, donc je pense qu'il va falloir que je fasse abstraction des dangers et m'engager davantage dans mes coups.

Ce parcours Est du Kasumigaseki Country Club vous plaît-il ?
Oui, il est vraiment magnifique ! Il est parfaitement entretenu et préparé, les greens sont exceptionnels et ils ne sont pas loin d'être les plus rapides de l'année. Donc ils nous ont bien régalé avec ce parcours, tout le monde prend beaucoup de plaisir à le jouer. On est vraiment gâtés ! Après, il n'y a pas grand-chose de différent par rapport aux tracés qu'on a l'habitude de jouer, on ne sent pas plus que ça au Japon, ça a même un petit style américain comme parcours. Il n'y a qu'au Players Lounge, quand on voit la nourriture typiquement locale, qu'on se sent vraiment au Japon (rires) !

Comment décririez-vous l'atmosphère de cette épreuve qui se déroule à huis-clos ?
Il n'y a pas une ambiance énorme du fait de l'absence de public, évidemment. C'est dommage car ça se serait joué à guichets fermés tous les jours, puisque les Japonais sont dingues de golf. Maintenant, je crois que personne n'a besoin de ça pour être motivé au maximum. Tout le monde est à fond, tout le monde regarde devant soi, et je trouve que ça donne une ambiance un peu différente des autres tournois. En tous cas, je prends beaucoup de plaisir.

Qu'avez-vous ressenti hier à l'annonce de votre nom et de votre pays au départ du 1 ?
C'était vraiment un beau moment, dont je me souviendrai longtemps. Se faire appeler comme ça, représentant la France, c'est quelque chose dont j'avais rêvé et qui m'a fait vraiment vibrer. Les Jeux olympiques sont un événement à part, qui n'ont rien à voir avec les tournois qu'on a l'habitude de jouer.

Vous avez partagé vos deux premiers tours avec le Mexicain Carlos Ortiz, qui pointe en deuxième position à -10. Comment analysez-vous sa performance, et comment pouvez-vous vous en inspirer ?
Il a rentré des putts de partout ! Des putts vraiment magnifiques la plupart du temps. Il a aussi été très précis sur ses attaques de greens, mais c'est surtout son putting qui a été magistral. Les greens sont tellement parfaits que quand on est un peu en chauffe au putting, ça tombe. Il a fait ça à merveille, comme d'ailleurs l'Italien Guido Migliozzi qui a joué -6 aujourd'hui, et ces deux exemples montrent qu'il y a moyen d'aller chercher un score très bas. Ils n'ont rien fait d'exceptionnel, ils ont juste tapé les bons coups au bon moment, ils se sont placés du bon côté des drapeaux et ont rentré des putts. C'était intéressant de voir ça, et ça me conforte dans l'idée que je peux le faire moi aussi.

Vous êtes à six coups de la tête et à trois coups du podium, il va donc vous falloir un très gros score demain ?
Oui, absolument. Et c'est possible, comme je le disais. L'important va être de rester au contact en limitant les erreurs, et de profiter des occasions de birdies qui peuvent être nombreuses. Tout est encore possible. »

Se faire appeler comme ça, représentant la France, c'est quelque chose dont j'avais rêvé et qui m'a fait vraiment vibrer.


Par Alexandre MAZAS
30 juillet 2021