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Céline Boutier : « L’US Open, un parfum particulier pour moi »

La 65e joueuse mondiale prend le départ ce jeudi à San Francisco de son cinquième US Open. Si elle a manqué trois fois le cut (2014, 15 et 20), elle avait été en tête en 2019 après 54 trous. Avant de prendre la cinquième place finale. Le plus prestigieux des Majeurs féminins est donc un rendez-vous pas comme les autres pour la Française domiciliée à Dallas (Texas).

Malgré deux victoires en phase de poule la semaine passée à Las Vegas, Céline Boutier n'a pas atteint les 8es de finales du Bank of Hope LPGA Match-Play Jed Jacobson / Getty Images North America - AFP
03-06
juin
U.S. WOMEN'S OPEN
LIEU : The Olympic Club (Lake), États-Unis
CIRCUIT : LPGA Tour

« Avant mes premières reconnaissances en début de semaine, je n’avais jamais joué ce parcours du Lake Course à l’Olympic Club. Mon coach (Cameron McCormick) m’avait néanmoins briefé puisqu’il le connaissait déjà depuis l’US Open masculin en 2012… C’est un bon parcours, assez vallonné avec pas mal de lies en pente, un très haut rough comme à chaque fois pour un US Open, des bunkers profonds et des greens plutôt petits qui sont censés se raffermir au fil des jours… » 

« La préparation du parcours pour les Majeurs, et spécialement pour l’US Open, est toujours plus extrême par rapport aux parcours que l’on joue habituellement sur le LPGA. Cela reste une expérience à part. Comme chez les hommes, il est toujours très difficile à négocier. L’USGA (United States Golf Association) ne veut pas que ça se gagne trop bas au-dessous du par. Du coup, c’est souvent très compliqué. (Ndlr, en 2012, l’Américain Webb Simpson l’avait emporté ici à +1). Bref, il faudra faire le moins de bogey possible… » 

« L’US Open a, forcément, un parfum particulier pour moi. Je pense encore à cette édition 2019 (au Country Club de Charleston, en Caroline du Sud). Il y a eu beaucoup d’émotion. J’essaie de l’aborder comme un tournoi normal, avec des conditions plus dures, certes, mais ma meilleure chance, c’est de ne pas trop me mettre de pression. Deux ans après, j’ai pris assez de recul mais quand on évoque l’US Open, il y a évidemment des images qui reviennent. Je suis passée tout près de la victoire. Le fait que ça change de site tous les ans me permet toutefois de mieux tourner la page. J’essaie aussi de voir ça comme une expérience qui peut m’aider… Surtout si je me retrouve, bientôt peut-être, dans la même situation. » 

« Une chose est sûre, cette expérience en 2019 m’a permis de réaliser que j’avais le niveau pour gagner un Majeur. Après, je ne pense pas que ça m’a permis de progresser du tout au tout. Digérer cette semaine m’a pris pas mal de temps. On essaie de mûrir, de grandir après une semaine comme ça. Cela ne s’est donc pas fait du jour au lendemain. Mais j’ai très envie de me retrouver dans cette même configuration, pour voir comment je réagirais cette fois. » 

« Pour beaucoup d’Américaines, c’est le tournoi qu’il faut gagner une fois dans sa vie de joueuse professionnelle. Même si j’estime que chaque Majeur a son histoire. Cela dépend de votre nationalité. Les Britanniques rêvent de remporter le British Open. Moi, ça serait plutôt l’Evian Championship… C’est assez personnel finalement. Comme tous les Majeurs, l’US Open est un tournoi prestigieux. Et c’est le plus ancien (né en 1946). » 

« J’ai eu un début plutôt lent sur le LPGA en 2021. Je commence à reprendre mon jeu en mains. Je suis ainsi plutôt satisfaite de mes dernières semaines, notamment en Asie (14e à Singapour, 17e en Thaïlande). J’espère construire là-dessus pour les prochains mois. J’avais ressenti le besoin d’effectuer un break en revenant d’Asie. Ce n’est pas facile d’enchaîner avec le décalage horaire, les longs déplacements… Et puis les Majeurs qui arrivent vite… Il vaut mieux être en forme pour ces échéances. Après l’US Open, je resterai à San Francisco (Ndlr, LPGA Medihael Championship (10-13 juin)) avant de me reposer la semaine suivante. J’enchaînerai ensuite avec trois tournois au calendrier, notamment celui organisé chez moi, à Dallas (Volunteers of America Classic (1-4 juillet)). Je ne suis pas une adepte des grandes coupures. Quinze jours de break, c’est le maximum que je puisse faire. Plus ? Je perds le rythme… Ce qui est sûr, c’est qu’il faut bien gérer son programme car il y a des événements importants à venir (Jeux olympiques, Solheim Cup). Il va falloir prendre les bonnes décisions afin d’arriver en forme pour la finale du Tour fin novembre (en Floride). » 

« Je ne sais pas si 2021 doit être l’année de la maturité pour moi. J’essaie vraiment de m’améliorer le plus possible, au jour le jour. Je pense que j’ai encore des paliers à franchir. Cela nous motive toujours de se dire qu’on peut être encore meilleure qu’on ne l’est pour l’instant. Sentir qu’on s’améliore chaque année, c’est ça qui est le plus important… »


Par Lionel VELLA
2 juin 2021