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Céline Boutier : « Réussir à briller dans les Majeurs en 2023 »

Saison 5, épisode 4 / La saison 2022 de la Française installée à Dallas (Texas) a été remarquable avec notamment douze top 10 dont 6 top 5. Même si elle n’a pas gagné, Céline Boutier occupe actuellement la 13e place mondiale et espère placer le curseur un peu plus haut encore en 2023 avec en ligne de mire les tournois du Grand Chelem et la Solheim Cup en Espagne à la fin septembre.

A 29 ans, Céline Boutier vient de signer sa plus belle saison sur le LPGA Tour... Michael Reaves / Getty Images North America - AFP
17-20
novembre
CME GROUP TOUR CHAMPIONSHIP
LIEU : Tiburón Golf Club (Black), États-Unis
CIRCUIT : LPGA Tour

Encore aux États-Unis quand nous l’avons contactée, Céline Boutier rejoindra la France dans deux semaines pour profiter de sa famille et de ses amis pour les fêtes de fin d'année. Avant de traverser de nouveau l’Atlantique au tout début du mois de janvier afin d’être prête pour le Hilton Grand Vacations Tournament of Champions (19-22 janvier) qui ouvre la saison 2023 à Orlando (Floride).    

« Je suis forcément très satisfaite de cette saison. Être bien plus constante en haut du leaderboard était l’un de mes objectifs de début d’année. Je me disais que plus je serais dans le top 10 d’un tournoi, plus j’aurais des chances de gagner. Certes, je n’ai pas réussi à l’emporter en 2022 sur le LPGA Tour mais j’ai atteint cette régularité en termes de résultats, tout en me donnant des opportunités sérieuses à peu près toutes les semaines lorsque j’étais engagée. J’en tire évidemment beaucoup de satisfaction même si j’estime être encore en progression par rapport à mes années précédentes. C’est là-dessus qu’il faut que je construise pour les prochaines saisons. »

« En termes de classements finaux, je m’étais dit qu’un top 15 mondial à la fin de la saison, ce serait bien. C’était vraiment la barrière que je voulais me fixer. Je voulais aussi gagner des tournois mais ça ne s’est pas passé comme je le souhaitais. À ce titre, c’est le seul point négatif d’une année aboutie. Réussir à performer dès le début de l’année (4e au Tournament of Champions) jusqu’au dernier tournoi (10e du CME Group Tour Championship), c’est gratifiant. Ceci dit, je ne m’attendais pas du tout à occuper aujourd’hui la 13e place mondiale… C’est assez incroyable mais j’espère aller plus loin encore ! » 

« J’ai aussi un peu moins joué cette saison (Ndlr, 24 tournois sur le LPGA) pour pouvoir être en forme du début à la fin. Et je crois que ça a payé. Je me suis sentie super bien tout au long de l’année… Une chose est sûre, c’est hyper important de ne pas trop se disperser. On dit souvent que plus tu joues, et mieux tu vas jouer. Je n’en suis pas si sûre. Je dirais même que c’est un peu l’inverse qui se produit. »

J’estime avoir réussi de nombreuses bonnes semaines mais pour autant, je n’ai pas eu l’impression d’avoir changé beaucoup de choses dans mon jeu

« Alors c’est vrai qu’au niveau des résultats, j’estime avoir réussi de nombreuses bonnes semaines mais pour autant, je n’ai pas eu l’impression d’avoir changé beaucoup de choses dans mon jeu. Même si je pense que j’ai été bien plus régulière au niveau du putting (Ndlr, 8e au putting en régulation avec 1,75 ; 28e en moyenne de putts avec 29,56 par tour). Dans ce secteur, c’était bien plus irrégulier les saisons précédentes. » 

« C’est vrai aussi que mon bilan en Majeurs est un peu mitigé. J’ai raté deux cuts (Ndlr, au KPMG Women's PGA Championship puis à l’Amundi Evian Championship). J’ai bien démarré au Chevron Championship (4e) et bien fini au British (7e). J’espère que dans ces tournois qui regroupent les meilleures joueuses du monde, je serai plus constante encore. En 2023, j’espère vraiment réussir à briller ces semaines-là. L’U.S. Open se jouera à Pebble Beach (6-9 juillet) et j’aimerais bien y faire quelque chose (Ndlr, 34e de l’U.S. Open 2022). J’ai évidemment un peu plus d’affinité pour Évian où je n’ai jamais vraiment réussi à performer. Là aussi, je veux changer la donne. Être au rendez-vous dans son pays, devant son public, c’est ce qui me tient à cœur… Bref, si je devais choisir parmi les cinq tournois du Grand Chelem, ce sont ces deux-là qui viennent en priorité. »

On a des sponsors qui croient en nous, qui sont de grands supporters du LPGA Tour. Et rien que pour ça, je suis très optimiste pour les années à venir

« 2023, c’est aussi la Solheim Cup en Espagne (Finca Cortesin du 22 au 24 septembre). J’essaie de ne pas trop y penser mais c’est un événement tellement spécial, une semaine tellement unique à partager… C’est tous les deux ans. Ce serait dommage pour moi de ne pas y participer. C’est pour ça que j’aimerais beaucoup faire de nouveau partie de l’aventure après 2019 à Gleneagles (Écosse) et 2021 à Toledo (Ohio). Entrer dans le top 10 mondial ? Les rankings sont une conséquence de vos performances. J’essaie donc de ne pas trop y porter d’attention. Si ça arrive, ça voudra dire que j’ai confirmé ce qui s’est passé en 2022… » 

Un rapprochement LPGA - LIV Golf ?

« Le calendrier 2023 du LPGA Tour a été dévoilé et on dépasse une dotation record globale de plus de 100 millions de dollars (Ndlr, 101,4 millions exactement). On a pu être témoin année après année de la progression des prize money, à la fois sur les tournois réguliers comme sur les Majeurs. Il y a eu un effet domino qui s’est propagé sur l’ensemble des événements. L’US Open affichait une dotation record de 10 millions cette année. Les autres Majeurs se sont alignés en augmentant eux aussi leur dotation comme le Chevron et le British par exemple… C’est la preuve qu’on est dans la bonne direction et qu’on se rapproche un peu plus de ce que les hommes gagnent sur leur Tour. Je pense que ça va se poursuivre. On a des sponsors qui croient en nous, qui sont de grands supporters du LPGA Tour. Et rien que pour ça, je suis très optimiste pour les années à venir. » 

« Verra-t-on pour autant le LPGA Tour se rapprocher du LIV Golf ? Il faut voir. Je ne pense pas qu’on puisse entrer en guerre entre deux circuits, en tout cas dans le golf féminin. On est en train de grandir, on se situe à un niveau que nous n’avons jamais atteint auparavant. Je ne pense pas qu’on puisse se faire des guerres et se piquer des joueurs… Ce ne serait pas bon pour le golf en général, et pour le golf féminin en particulier. Mais à l’heure actuelle, il n’y a rien de concret. »


Par Lionel VELLA
23 novembre 2022