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Céline Boutier sur le LPGA – épisode 6 : « Un top 5 à l’US Open, c’est admirable… »

Co-leader après trois tours de l’US Open à Charleston (Caroline du Sud) il y a moins de quinze jours, la Francilienne a signé son meilleur résultat dans un tournoi du Grand Chelem. A 25 ans, elle confirme surtout son statut de n°1 française…

Après quelques jours de repos, Céline Boutier reprend le chemin des fairways à Grand Rapids (Michigan) Stacy Revere / Getty Images North America - AFP
13-16
juin
MEIJER LPGA CLASSIC FOR SIMPLY GIVE
LIEU : Blythefield Country Club, Etats-Unis
CIRCUIT : LPGA Tour

« Je reprends la compétition cette semaine dans le Michigan (Meijer LPGA Classic) après avoir effectué un petit break à l’issue de l’US Open il y a quinze jours maintenant. Signer un top 5 dans un tournoi de ce calibre, c’est quand même admirable. Surtout quand on consulte mes précédents résultats dans les tournois du Grand Chelem (Ndlr, sa meilleure performance était alors une 29e place à l’Evian Championship 2014). Pendant trois tours, et presque la moitié du quatrième tour, je me suis super bien bagarrée. J’ai trouvé mon jeu hyper solide. Même en étant en difficulté, j’ai su accrocher les pars. C’est donc très positif. J’espère que je pourrais me reposer là-dessus pour le futur. J’espère que ça me donnera encore plus confiance en mes capacités. Je me suis retrouvée parmi les meilleures joueuses mondiales. En faisant ce constat-là, j’espère que ça arrivera plus souvent maintenant. Dans les Majeurs, jusque-là, j’avais, mentalement, une sorte de blocage. Je me rendais les choses plus difficiles qu’elles ne le sont finalement. Mais à l’US Open, j’ai prouvé que je pouvais inverser ce processus. »

« Les deux-trois jours qui ont suivi l’US Open ont néanmoins été difficiles à gérer. La déception avait pris le dessus… Dans ce dernier tour le dimanche, j’ai tellement gaspillé de points que j’ai le sentiment d’avoir donné l’US Open… Il y a eu ce double-bogey au 18, ce putt au 16 manqué pour birdie, ces trois putts du 1 pour double-bogey, ces trois autres putts au 3 pour bogey… Alors que j’avais plutôt bien géré les trois premiers tours, j’ai été un peu plus anxieuse que d’habitude le dimanche. Du coup, je n’ai pas réussi à sortir mon jeu. J’ai fait trop d’erreurs, notamment au putting. Quand on est en tête d’un Majeur après trois tours, on pense forcément à la victoire. Ce fut le cas samedi soir mais aussi juste avant de démarrer le dernier tour. Après, quand j’ai débuté par un double au 1 et un bogey au 3, je me suis dit au fond de moi que ça serait un peu plus compliqué mais j’ai réussi à m’accrocher avec notamment deux birdies aux trous 5 et 6. J’y ai cru aussi sur la fin quand j’ai su que je n’avais plus qu’un coup de retard sur la tête. Alors c’est vrai que ce putt pour birdie au 16 peut changer beaucoup de choses… Si je le rentre, je suis co-leader au départ du 18 (Ndlr, juste avant elle, la Sud-Coréenne Jeongeun Lee6, la future lauréate, avait concédé un bogey sur le 18). A partir de là, je ne sais pas si je serais allée chercher le drapeau sur l’attaque du green… Mais je dois bien l’avouer, ce fut une erreur monumentale. »

« Ma victoire en Australie au Vic Open (10 février) était quelque part inattendue, je veux dire qu’elle est arrivée assez tôt dans la saison. Pendant un mois suite à cela, j’ai été très sollicité mais ça s’est tassé après… C’est sûr que ce succès en tout début de saison a changé pas mal de choses en termes de confiance. Au-delà de ça, je pense que j’ai encore plein de choses à prouver. Je ne pense pas avoir joué le golf de ma vie. Dans la foulée de l’Australie, j’ai été en très bonne position, notamment à Singapour (28 février-3 mars) où je suis tout en haut du leaderboard après le premier tour. A Carlsbad (Kia Classic, 28-31 mars), j’étais dans le top 10 après le cut. J’ai eu pas mal d’opportunités dans ce début de saison. En revanche, j’ai eu pas mal de soucis durant les week-ends, particulièrement dans le secteur du putting. C’était compliqué. Mais c’est clair que j’ai le niveau pour jouer quatre tours solides. Je l’ai prouvé à l’US Open il y a quelques jours… »

 

« Par rapport à 2018, j’ai beaucoup progressé dans le secteur du long jeu, du driving en particulier. L’an passé, il ne me permettait pas de scorer comme je le voulais. Maintenant, j’arrive à prendre beaucoup plus de fairways, cela rend les choses plus faciles. Après, par rapport à la distance, j’ai gagné en longueur mais il y a encore des progrès à faire. Mes attaques de greens avec mes fers sont toujours solides, c’est une partie de mon jeu sur laquelle je peux toujours compter. Là, en ce moment, c’est le putting qui me donne parfois des tracas. J’ai super bien putté à San Francisco (LPGA Mediheal Championship, 2-5 mai) mais de manière générale, la partie la plus faible de mon jeu en 2019, c’est le putting. Mais la saison est encore longue… »

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Best Pro-Am group in the block glad you picked me over Lexi

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« La Solheim Cup (du 13 au 15 septembre 2019 à Gleneagles (Ecosse)) m’intéresse beaucoup. J’aimerais évidemment faire partie de l’équipe. Je pense que ça arrivera si je parviens à réaliser une saison solide. C’est toutefois quelque chose que je ne peux pas complètement contrôler car ça dépend des choix de la capitaine mais aussi des performances des autres joueuses européennes. J’essaie juste de me concentrer sur ma saison et sur mon jeu. Je sais que si je joue bien, je serais peut-être dans l’équipe. Catriona Matthew (la capitaine), je la connais. On avait joué ensemble le British Open 2015 à Turnberry (Ecosse) en compagnie de Suzann Pettersen lors des deux premiers tours. J’étais encore amateure. Je crois qu’elle me suit mais je ne veux pas non plus trop insister là-dessus, je ne veux pas de me donner de fausses attentes et d’être déçue à l’arrivée. On verra bien ! »

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Fun days shooting with @ffgolf! Content coming soon

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« Je serai au Lacoste Ladies Open de France (6-9 septembre au Golf du Médoc Resort) car je compte conserver mon droit de jeu sur le LET (Ladies European Tour). C’est quelque chose qui me tient à cœur. J’essaie de jouer cinq à six tournois par an en Europe. Cette année, également. Je fais en sorte de trouver du temps pour me libérer et venir disputer des rendez-vous sur le LET. Le fait d’avoir gagné sur le LPGA, donc de bénéficier d’une exemption (de deux ans), me permet d’avoir un peu plus de places et d’opportunités car je ne suis pas obligée de jouer autant sur le LPGA Tour. C’est vrai que ça rend les choses un peu plus faciles. »

« C’est toujours très flatteur d’être numéro 1 française, la mieux classée au Rolex Rankings (71e au classement mondial du 10 juin 2019). Au-delà de ça, ce n’est pas non plus une fin pour moi. J’espère que je le serai encore quelques années (rires). Je n’essaie pas trop de me focaliser là-dessus. J’espère seulement qu’il y aura plus de Françaises qui viendront nous rejoindre sur le circuit américain. »


Par Lionel VELLA
12 juin 2019