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Vic Open (LPGA Tour) : Agathe Sauzon et le filon australien

Qualifiée la semaine dernière pour la tournée australienne du circuit européen de février-mars, Agathe Sauzon a décroché hier sa place dans le champ de l'ISPS Handa Vic Open, qui débute jeudi. La Drômoise y fera ses premier pas sur le LPGA Tour.

Agathe Sauzon
Agathe Sauzon Tristan Jones / LET
07-10
février
ISPS HANDA VIC OPEN
LIEU : 13th Beach Golf Links, Australie
CIRCUIT : LPGA Tour

C'est une vraie-fausse première que s'apprête à vivre Agathe Sauzon, cette semaine tout au sud de l'Australie, près de Melbourne. Vraie, car sa participation à l'ISPS Handa Vic Open, qui débute jeudi, marquera ses premiers pas sur le LPGA Tour ; fausse, car elle a déjà disputé le tournoi ces deux dernières années, lorsqu'il figurait encore au calendrier du circuit européen. Quoi qu'il en soit, sa présence dans le champ de l'épreuve, dotée de 1,5 million de dollars australiens (environ 1,1 million de dollars américains), est un joli cadeau qu'elle s'est offert hier lundi en remportant la qualification. D'une carte de 69 (-2) sur le parcours du Barwon Heads Golf Club, voisin du 13th Beach Golf Links qui accueille le tournoi, la native de Valence s'est donné le droit d'évoluer aux côtés des stars du golf féminin mondial : « Ce sera peut-être un peu stressant de me retrouver avec des filles du LPGA, mais je connais déjà le tournoi et les deux parcours. Je vais le prendre comme tous les autres, en essayant de faire mon truc au mieux. C'est un bonus de pouvoir le jouer, car je suis venue en Australie pour me qualifier pour les tournois du LET sur lesquels je ne rentrais pas. Et puis je me suis dit qu'il fallait tenter ma chance pour celui-ci, que ça me ferait une expérience de plus si ça marchait, donc c'est cool », se réjouit-elle. Elle sera l'une des huit Françaises à prendre le départ jeudi, en compagnie de Céline Boutier, Céline Herbin, Joanna Klatten, Isabelle Boineau, Astrid Vayson de Pradenne, Manon Mollé et Camille Chevalier.

Jouer au maximum pour garder le rythme

En quelques jours seulement, Agathe Sauzon a vu son calendrier immédiat s'étoffer de manière considérable. La semaine passée, en prenant la 19e place de l'ALPG Qualifying Tournament, elle s'assurait en effet de participer aux trois tournois australiens co-sanctionnés par le Ladies European Tour ces prochaines semaines : l'Australian Ladies Classic Bonville (21-24 février), l'ActewAGL Canberra Classic (1-3 mars) et le NSW Women's Open (7-10 mars). « Même si je savais que je rentrais dans un tournoi, le dernier, j'avais de toutes façons décidé avant cela de partir en Australie cet hiver. Il y avait ce tournoi de qualification du circuit australien, donc c'était une bonne opportunité d'en jouer trois au lieu d'un. Comme il y a beaucoup de tournois à champ réduit sur le LET cette saison encore, je ne vais pas pouvoir tous les jouer, donc il fallait tenter le coup », explique-t-elle. « J'ai besoin de jouer : ça fait deux ans qu'on attend les tournois en Europe, qu'on s'entraîne un mois pour un seul tournoi, etc., donc c'est compliqué de rester compétitive en jouant aussi peu. Cette année j'ai décidé de jouer au maximum, même si certains sont des tournois d'entraînement, afin de garder le rythme. »

Un semi-échec à la finale des cartes

Rookie sur le circuit européen en 2016, puis auteur d'une solide saison en 2017 bouclée à la 44e place de l'ordre du mérite, la Drômoise a perdu ses droits de jeu l'an dernier, en finissant 96e du classement annuel. Obligée de repasser par les cartes mi-décembre au Maroc, elle n'a pas tout à fait réussi à récupérer son bien : « J'ai fini 26e, et il fallait être dans le top 25... Mais bon, je ne suis que quelques places derrière ces filles dans l'ordre des catégories, donc ça ne change pas grand-chose. Je vais simplement rentrer dans un peu moins de tournoi. Le calendrier du LET n'est pas assez plein de toutes façons, donc je prévois aussi de jouer pas mal d'épreuves sur le LET Access Series. Au final ça devrait me permettre de faire une saison bien remplie », poursuit-elle. D'où l'intérêt d'aller exploiter le filon qu'est l'Australie, une terre d'opportunités où elle a posé ses valises début janvier pour six semaines. « Je ne me voyais pas rester trois mois sans jouer l'hiver. L'Australie c'est top, car il fait beau et on peut jouer dans de très bonnes conditions. C'est sûr que le billet d'avion est cher, mais une fois sur place on a la possibilité d'être logée par des familles d'accueil, donc on arrive quand même à faire des économies. » Avec, désormais, quatre épreuves devant elle, le bilan a donc toutes les chances de s'avérer positif.

Une « reco » avec Sordet et Saddier !

Cette semaine, il lui faudra franchir non pas un, mais deux cuts : un premier le vendredi soir après deux tours (top 60), et un second le lendemain (top 35). Quoi qu'il advienne, l'ex-élève d'Édouard Bréchignac, qui s'entraîne à présent avec Vincent Minodier, son coach historique au golf des Chanalets près de Valence, se réjouit de participer à une épreuve unique en son genre. Outre ses deux cuts, le Vic Open a en effet la particularité d'être le seul tournoi au monde à réunir, au même moment et sur le même parcours, les hommes (ceux de l'European Tour pour la première fois cette année) et les femmes. Et cela pour une dotation équivalente ! « C'est super pour le golf féminin d'avoir une épreuve comme ça. Les deux dernières années, il y avait un monde fou à nous suivre, grâce à la présence des hommes. Le dimanche, ils alternent les parties hommes et femmes, du coup il y a vraiment des spectateurs partout. C'est un vrai plus pour nous les filles, et ce n'est sans doute pas étranger d'ailleurs au fait qu'il y a plusieurs autres tournois féminins qui se sont créés en Australie ces dernières années », indique-t-elle. « Et puis c'est sympa de côtoyer les garçons : on n'a pas le même jeu, ce n'est pas tout à fait pareil, mais c'est vraiment chouette de vivre cette ambiance une fois dans l'année. Enfin c'est super valorisant aussi de jouer pour la même dotation, et d'ailleurs quand on voit les scores des vainqueurs, on remarque que ça se gagne à peu près au même score. Ça montre que le niveau des filles et comparable à celui des hommes. » Au lendemain d'une partie de reconnaissance partagée avec Clément Sordet et Adrien Saddier, Agathe Sauzon est fin prête pour le vrai coup d'envoi de sa saison.


Par Alexandre MAZAS
5 février 2019