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Céline Herbin : « j’ai toujours envie de bien faire en France… »

Victorieuse en 2015 à Chantaco, la Normande, membre du LPGA Tour, affectionne l’étape tricolore du Ladies European Tour (LET). Elle avoue même être animée d’un surplus de motivation en abordant ce Lacoste Ladies Open de France programmée au golf du Médoc.

La joueuse française reste sur un cut manqué sur le LPGA Tour fin août dans l'Arkansas Grégory Shamus / Getty Images North America - AFP
17-19
septembre
LACOSTE LADIES OPEN DE FRANCE
LIEU : Golf du Médoc Resort (Châteaux), France
CIRCUIT : Ladies European Tour

C’est au téléphone dimanche matin que nous avons joint Céline Herbin. Sur le point de grimper dans son avion à Mulhouse en direction de Toulouse, elle nous a gentiment accordé quelques minutes. Elle devait disputer un pro-am à Montauban ce lundi avant de rejoindre en fin de journée le golf du Médoc, hôte du Lacoste Ladies Open de France pour la troisième année consécutive. 

Vous venez de finir 18e du VP Bank Swiss Ladies Open en n’ayant jamais joué au-dessus du par. Est-ce une préparation idéale avant d’appréhender le Lacoste Ladies Open de France ?
Il y a eu beaucoup de positif. J’effectue actuellement des changements sur le putting. En revenant la semaine dernière de l’Arkansas et du LPGA Tour, je suis allée voir Jean-Pierre Cixous à Paris. On essaie ensemble de mettre des choses en place dans ce secteur de jeu. C’est un début. Mais bon… On va dire qu’en Suisse, je n’étais pas très naturelle putter en mains. Bref, comme vous le dites, c’était un tournoi de préparation avec à l’arrivée une 18e place riche en expérimentation on va dire (sourire). Je tape très bien la balle, j’ai de bonnes sensations dans tous les compartiments de jeu, je suis dans le rythme grâce aux cinq tournois d’affilée que j’ai joués sur le LPGA Tour entre fin juillet et fin août (Ndlr, avec notamment une 51e place au British Open mais aussi trois cuts manqués). Il y a juste ce changement au niveau du putting qui peut être un peu plus long... Mais on n’est pas pressé. Nous sommes dans une saison particulière. 

Victorieuse en 2015, le Lacoste Ladies Open de France est forcément un tournoi à part pour vous…
Oui, en tant que Française, en tant qu’ancienne lauréate… J’ai toujours à cœur de revenir et de rééditer cette victoire de 2015. J’ai choisi de venir en France alors que la même semaine j’avais la possibilité de jouer sur la LPGA à Portland (Cambia Portland Classic). J’ai favorisé le choix de rester ici en Europe et de me donner une chance de pouvoir gagner ce tournoi pas comme les autres pour moi. 

Pour certaines, cela peut inhiber, leur procurer un peu trop de pression. Moi, au contraire, ça me donne un supplément de tonus

Depuis votre succès il y a déjà cinq ans, vous accumulez en effet les bons résultats dans cet Open de France (19e en 2019 ; 11e en 2018 ; 9e en 2017 ; 19e en 2016). A quoi cela est dû selon vous ?
Je ne sais pas… Je me sens à l’aise. En fait, c’est un réel plaisir de jouer en France. On n’y vient pas souvent… Il y a certainement un surplus de motivation quand je prends le départ de ce tournoi. J’ai toujours envie de bien faire en France. Pour certaines, cela peut inhiber, leur procurer un peu trop de pression. Moi, au contraire, ça me donne un supplément de tonus. C’est peut-être pour cela que j’arrive régulièrement à bien performer. 

Que pouvez-vous nous dire du golf du Médoc qui accueille une fois encore cet Open de France ?
Visuellement, je l’adore ! C’est un parcours très complet, qui demande d’être constamment attentif… J’aime bien ça. Les greens sont en général d’une excellente qualité. A chaque fois, on passe une excellente semaine au Médoc. C’est vraiment top. En plus, Lacoste, mon sponsor, est également sponsor du tournoi. En tant qu’ambassadrice de la marque, ça me tient à cœur de bien jouer dans ce tournoi. D’ailleurs, je tiens ici à les féliciter pour avoir permis de conserver cette épreuve dans le calendrier malgré cette année très difficile par la faute du Covid-19. 

Etes-vous néanmoins un peu nostalgique de Chantaco, où vous l’aviez emporté en 2015 ?
Ah oui ! Forcément ! C’est un parcours particulier. J’aimais bien la douceur de Chantaco… C’est un petit jardin… Chantaco et le Médoc, ce sont deux atmosphères très différentes… J’espère qu’on y retournera un jour. 

En Suisse, il y a quelques jours, il y avait un peu de spectateurs. Cela faisait bizarre car je n’étais plus habituée à ce que l’on m’applaudisse après un birdie

En raison du Covid-19 qui continue de sévir, l’ambiance au Médoc pourrait être différente des années précédentes…
C’est un peu dommage, c’est évident, mais il faut assurer la sécurité de tout le monde (Ndlr, l’entrée est gratuite mais les restrictions sanitaires en Gironde limitent les rassemblements publics à 1000 personnes). Avec les cinq tournois sur la LPGA que je viens de disputer, je me suis habituée à jouer sans public, je me suis habituée au silence. En Suisse, il y a quelques jours, il y avait un peu de spectateurs. Cela faisait bizarre car je n’étais plus habituée à ce que l’on m’applaudisse après un birdie (rires). Si on peut toutefois avoir un peu de public au Médoc, ce sera bien… 

Ces conditions sanitaires drastiques, cela vous pèse-t-il ?
Cela dépend où on se trouve. Cela dépend de la façon dont est organisé le tournoi. Aux Etats-Unis, ce n’était pas si pesant que ça. On est dans la bulle mais ils nous font confiance. On n’est pas obligée de rester dans le même hôtel. On est testée plus souvent mais il y a moins de restrictions. En Europe, les restrictions sont plus importantes. Là, au Médoc, on va jouer sans caddie. C’est la première fois. C’est particulier mais on s’adapte. Pendant l’Open de France, on sera toutes confinées au Resort du Médoc. 

Après l’Ecosse au British, je suis passée de 13 degrés celsius à 33 degrés en Arkansas. Le corps a du mal à s’habituer à ces variations de températures.

Comment faites-vous pour jongler entre le LPGA Tour et le LET, notamment en termes de déplacements, de décalages horaires ?
C’était assez compliqué après tous ces mois de confinement de reprendre le rythme. J’ai fait pas mal d’aller-retours entre l’Europe et les Etats-Unis… Après l’Ecosse au British, je suis passée de 13 degrés celsius à 33 degrés en Arkansas. Le corps a du mal à s’habituer à ces variations de températures. Ajoutez à cela le décalage horaire… Mais en général, je prends facilement le rythme. On est physiquement au top pour pouvoir supporter ces changements. 

Quel sera votre programme après le Lacoste Ladies Open de France ?
Ce n’est pas très clair. J’attends les décisions prises par la LPGA en ce qui concerne les deux tournois qui pourraient être ajoutés au calendrier de fin de saison (octobre-novembre) sachant que la tournée en Asie devrait être annulée… Il y a aussi Dubaï et l’Andalousie en novembre sur le Ladies European Tour (LET). On va voir. Pour le moment, je vois cette fin de saison comme une préparation pour 2021. Je ne suis pas obsédée à l’idée de jouer beaucoup de tournois. C’est une année blanche. Ce n’est pas une année à objectif. On va attendre les infos pour la saison prochaine. On espère que tout va revenir à la normale. Mais tant qu’on n’a pas de confirmation, on ne peut rien planifier. On va rester patient avant que tout cela se clarifie.


Par Lionel VELLA
13 septembre 2020