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Presidents Cup : Woods capitaine modèle

Capitaine et joueur de l’équipe américaine, Tiger Woods a porté ses coéquipiers dans la quête de cette treizième Presidents Cup. Impérial sur le parcours, le Tigre a également vu ses choix de capitaine récompensés par la victoire des Etats-Unis face à l’équipe internationale.

12-15
décembre
PRESIDENTS CUP
LIEU : Royal Melbourne Golf Club, Australie
CIRCUIT : PGA Tour

C’est tellement rare que ce n’était même plus arrivé depuis la toute première Presidents Cup en 1994. Nommé capitaine de l’équipe américaine pour cette treizième édition de la compétition biennale, Tiger Woods avait choisi de se sélectionner lui-même en tant que joueur. Faite dans un grand sourire, l’annonce n’avait pas surpris grand monde tant la présence du Tigre semblait logique après son retour aux affaires fabuleux en début d’année (victoire au Masters) et son récent succès au Zozo Championship.

Restait à assumer cette double casquette que seul son compatriote Hale Irwin s’était essayé à porter avant lui. Mission largement accomplie par le meilleur joueur de l’histoire qui, tant sur le parcours que dans les vestiaires, a su porter les boys américains vers la victoire. 

Leader sur le parcours

C’est d’abord sur le redoutable parcours du Royal Melbourne GC que Tiger Woods s’est montré à la hauteur. Leader par le jeu au sein d’une équipe malmenée lors des doubles, l’homme aux quinze succès majeurs a su maintenir les siens dans la course. Impérial aux côtés d’un Justin Thomas timide, il a d’abord rapporté le seul point américain de la première journée de quatre-balles. Avant de remporter également son match en foursome le lendemain. « J’ai eu de la chance de l’avoir en partenaire lors de ces deux premières journées car sans lui j’aurais sans doute perdu les deux matchs, » concédait d’ailleurs Justin Thomas dimanche soir.

Alors que les Etats-Unis comptaient encore deux points de retard sur l’équipe internationale avant le dernier jour, Woods choisissait de s’aligner dans le premier simple. Histoire de montrer l’exemple à ses coéquipiers et de les ramener à hauteur. Pari réussi puisqu’il s’imposait 3&2 face au Mexicain Abraham Ancer et lançait l’improbable come-back américain. Invaincu sur le parcours lors de la compétition, il ajoute à nouveau son nom dans l’histoire du golf en décrochant le record du nombre de matchs remportés en Presidents Cup (27 depuis 1998).

Capitaine inspiré

Mais au-delà de ses faits d’arme sur le parcours, c’est également un capitaine inspiré qui a guidé l’équipe américaine à la victoire (16 à 14). «Pour quelqu’un qui en a fait tellement comme lui et qui a autant d’expérience dans les compétitions de groupe, j’ai trouvé qu’il était vraiment facile d’accès, expliquait Justin Thomas. Il aurait pu essayer de prendre le contrôle du vestiaire ou de donner plein de conseils et d’en faire trop. Nous avions douze des meilleurs joueurs de la planète. Il avait simplement besoin de ne pas être dans nos jambes et c’est ce qu’il a fait.» Même mené au score, le capitaine Woods ne s’est pas affolé. « Il nous disait juste “aller donnez tout les gars”, poursuit Thomas. Même quand nous étions en difficulté, il insistait : “ils prennent plus de putts que nous, tout va bien se passer.” »

Sans jamais paniquer, Woods a su insuffler de la confiance à ses joueurs. Suffisamment pour leur permettre d’être les premiers à retourner une telle situation après les doubles (les Etats-Unis étaient menés 10-8 avant les simples). « Nous avions un vestiaire garni d’une partie des meilleurs joueurs du monde et quand Tiger parlait, nous l’écoutions tous religieusement. C’était incroyable à vivre, confiait Matt Kuchar. L’expérience pourrait donc se reproduire rapidement en Presidents Cup et peut-être même bientôt en Ryder Cup. « J’espère qu’il sera à nouveau capitaine, déclarait d’ailleurs l’un de ses vice-capitaines en Australie, Zach Johnson. Beaucoup, beaucoup d’autres fois. Comment pourrait-il en être autrement ? »


Par Sébastien CACHARD-BERGER
16 décembre 2019