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U.S. Open : L'heure d'Oosthuizen a-t-elle sonné ?

Auteur d'un énorme eagle au 18 lors du troisième tour samedi, Louis Oosthuizen a rendu une carte de 70 (-1) qui le place co-leader de l'U.S. Open à -5, à égalité avec le Canadien Mackenzie Hughes et l'Américain Russell Henley.

Louis Oosthuizen
Le Sud-Africain a terminé deuxième des quatre Majeurs. Kohjiro Kinno / USGA
17-20
juin
U.S. OPEN
LIEU : Torrey Pines (South), États-Unis
CIRCUIT : PGA Tour

Louis Oosthuizen est l'un des joueurs de l'ère moderne les plus malchanceux en Grand Chelem. Enfin, le terme de malchanceux est sans doute mal choisi, puisque le Sud-Africain a gagné le British Open en 2010 à St Andrews, une victoire de prestige dans le saint des saints du golf acquise avec sept coups d'avance au terme d'une démonstration de gestion de parcours. Mais depuis, Lodewicus Theodorus Oosthuizen, 38 ans, court après un deuxième succès en Majeur. S'il a amassé quelques trophées çà et là, principalement dans son Afrique du Sud natale dans des tournois parfois co-sanctionnés par le Tour européen, il n'a jamais renoué avec la victoire dans les quatre plus grands tournois du monde. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé : en 40 tentatives depuis qu'il a soulevé la Claret Jug, il a terminé cinq fois deuxième ! Avec huit autres joueurs, il même partage la distinction d'avoir terminé second des quatre Majeurs en carrière : battu en play-off du Masters en 2012 par Bubba Watson, devancé à l'U.S. Open en 2015 par Jordan Spieth, battu à nouveau en play-off de The Open la même année par le même Spieth, et second de l'USPGA à Quail Hollow en 2017 derrière Justin Thomas, et à Kiawah Island le mois dernier derrière Phil Mickelson.

Autant d'accessits qui pourraient presque faire passer Louis pour un loser. Sauf que le Sud-Af' au swing si bien huilé continue à y croire, Majeur après Majeur, et se donner les moyens d'en remporter un deuxième. La preuve hier à Torrey Pines, lors d'un troisième tour joué en dernière partie et négocié de manière relativement moyenne, avec quatre bogeys pour trois birdies en dix-sept trous. Jusqu'à ce 18e trou, long par 5 de 487 m en légère montée, dûment pris en deux d'un coup de bois couillu par-dessus l'obstacle d'eau et converti en eagle d'un putt interminable (16 m !) qui n'a jamais dévié de la ligne. De quoi transformer une journée un peu tristounette en vraie réussite, car une carte sous le par à l'U.S. Open est toujours un exploit. Et son 70 (-1) lui assure non seulement de rester en tête à -5, mais surtout de jouer en dernière partie ce dimanche, aux côtés du surprenant Canadien Mackenzie Hughes, auteur d'un excellent 68 (-3). Troisième larron de ce trio de tête, l'Américain Russell Henley s'est lui aussi accroché, son 71 (par) le reléguant néanmoins dans l'avant-dernier groupe.

Le finale de ce 121e U.S. Open risque d'être fort animé et intéressant puisque, à la différence du mano a mano entre Bryson DeChambeau et Matthew Wolff l'an dernier (édition dont Oosthuizen avait fini troisième), le leaderboard est cette fois-ci compact et les prétendants nombreux. Deux coups derrière les trois leaders, Rory McIlroy est quatrième grâce à un excellent 67 (-4), meilleur score du jour, et jouera juste devant la dernière partie en compagnie d'Henley. Sept ans après son dernier sacre en Grand Chelem, son heure a lui aussi aurait-elle sonné ? Rien n'est sûr, puisque le Nord-Irlandais partage sa position avec le tenant du titre Dechambeau (68), tandis que Scottie Scheffler (70), Jon Rahm (72) et Wolff (73) sont sixièmes à -2, avec Dustin Johnson (68), Collin Morikawa (70) ou encore Xander Schauffele (72) neuvièmes à -1. Voilà autant de bonnes raison de se coucher tard cette nuit, puisque les leaders s'élanceront à 12 h 55 (+9 en France) pour une fin de tournoi prévue aux alentours de 2 h 30...


Par Alexandre MAZAS
20 juin 2021