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U.S. Open : Mickelson en quête du grand chelem en carrière

Vainqueur le mois dernier de l'USPGA, son sixième Majeur en carrière, Phil Mickelson s'apprête à disputer son 30e U.S. Open cette semaine à Torrey Pines. Le gaucher, qui fête ses 51 ans ce mercredi tentera de remporter le seul Majeur qui manque à son immense carrière.

17-20
juin
U.S. OPEN
LIEU : Torrey Pines (South), États-Unis
CIRCUIT : PGA Tour

Inlassablement, comme la marée qui borde les fairways du parcours Sud de Torrey Pines, la question revient chaque troisième semaine de juin : Phil Mickelson va-t-il enfin remporter l'U.S. Open ? Tous ceux qui ont un peu suivi le golf ces dix dernières années le savent : depuis son sacre à Muirfield lors du British Open de 2013, l'open américain est le seul Majeur manquant au palmarès du génial « Lefty ». Souvent placé, jamais vainqueur, le gaucher détient le douloureux record du plus grand nombre de deuxièmes places : six. La dernière fois, en 2013 à Merion, il avait concédé trois bogeys sur les cinq derniers trous laissant le trophée à Justin Rose, alors qu'il était seul en tête à huit trous de la fin. Depuis, Mickelson n'a jamais été en mesure de l'emporter, ratant deux cuts sur ses six dernières apparitions et manquant même l'édition 2017 pour assister à la remise de diplôme de sa fille aînée... 

« Un U.S. Open dans mon jardin »

Oui mais voilà, c'est un Phil Mickelson régénéré qui se présente cette semaine à Torrey Pines. Vainqueur le mois dernier à Kiawah Island du PGA Championship, l'Américain est entré dans la légende en devenant le joueur le plus âgé à remporter un tournoi du Grand Chelem. Aussi magnifique qu'il soit, cet exploit suffit-il pour le placer parmi les favoris cette semaine, au milieu des DeChambeau, Koepka, Thomas, Rahm et autres McIlroy ? Lui, en tous cas, veut y croire : « J'ai une opportunité unique devant moi », lançait-il lundi en conférence de presse. « Je n'ai jamais remporté l'U.S. Open, et celui-ci se joue littéralement dans mon jardin. En plus de ça, j'ai pu me préparer comme je le voulais. » Arrivé sur place en fin de semaine dernière, Mickelson a retrouvé l'un des endroits favoris de sa jeunesse, ce fameux parcours Sud où il a tant joué junior. Et gagné aussi, puisqu'il compte trois succès au Farmers Insurance Open, étape régulière du PGA Tour jouée fin janvier. 

« Réapprendre les greens »

Trois succès acquis en 1993, 2000 et 2001, juste avant que le parcours dessiné par William Bell père et fils dans les années 50 ne subisse d'importantes modifications. Mais depuis que l'architecte Rees Jones est passé par là, sa moyenne de score a sensiblement augmenté, de 69,33 à 71,45. « J'ai passé énormément de temps sur les greens », indique Mickelson pour expliquer la préparation spécifique effectuée dès la semaine dernière. « Même s'ils n'étaient pas encore à leur vitesse maximale, j'avais besoin de les réapprendre, de me familiariser à nouveau avec leurs pentes. Car c'est en partant des greens que je construis mon plan de jeu. Et depuis la rénovation du parcours, je n'avais pas vraiment eu le temps de les étudier avec précision. » Même s'il a manqué le cut au Charles Schwab Challenge dans la foulée du PGA Championship, c'est en pleine confiance sur son niveau de jeu et sa capacité à relever le défi qu'il aborde cet U.S. Open.

« J'ai éteint mon téléphone »

D'autant plus que le résident de Rancho Santa Fe, à 12 miles de là, a tout fait pour rester hermétique à la pression de devenir le sixième golfeur de l'histoire à réaliser le Grand Chelem en carrière. Il rejoindrait notamment Gary Player, Jack Nicklaus et Tiger Woods, des icones de leur sport, ambassadeurs comme lui de la célèbre manufacture horlogère suisse Rolex, partenaire global et majeur du golf mondial depuis plus de 55 ans. « J'ai voulu faire taire tout ce bruit. J'ai éteint mon téléphone pour me concentrer uniquement sur ce tournoi et me donner toutes les chances d'y jouer mon meilleur golf. Bien sûr, il faudra de la chance, et que tous les compartiments du jeu cliquent en même temps, mais je sais que je joue bien en ce moment, et je crois avoir tout fait pour rester dans cette dynamique », déclarait-il encore hier. « Il y a une bonne façon de jouer ici. Tiger Woods a gagné huit fois sur ce parcours, donc ça montre bien qu'il y a une bonne façon d'arriver jusqu'à chaque drapeau. Par le passé, je n'y suis pas arrivé car je voulais en faire trop. » Détendu, confiant et bien préparé, Phil Mickelson n'a plus qu'à jouer... comme à la maison.


Par Alexandre MAZAS
16 juin 2021