Accueil / Actus / Pro / PGA Tour / U.S. Open : Qui domptera la bête ?

U.S. Open : Qui domptera la bête ?

La dernière édition à Winged Foot en 2006 est encore dans toutes les mémoires avec un vainqueur, l’Australien Geoff Ogilvy, affichant un score de +5 total et en n’ayant jamais joué sous le par. Quatre Français, Victor Perez, Mike Lorenzo-Vera, Romain Langasque et Paul Barjon, vont tenter de relever le défi. Show devant !

17-20
septembre
U.S. OPEN
LIEU : Winged Foot Golf Club, Etats-Unis
CIRCUIT : PGA Tour

Le tournoi
Ce 120e US Open de l’histoire aurait dû se disputer du 18 au 21 juin dernier. Mais la pandémie liée au Covid-19 a totalement bouleversé les calendriers. Le deuxième plus ancien des tournois du Grand Chelem (après l’Open britannique) se tient finalement du 17 au 20 septembre au Winged Foot Golf Club (New York). Au pire moment de la pandémie, quand New York et sa région étaient l’un des foyers les plus actifs de tout le pays, l’USGA (United States Golf Assocation) a envisagé de délocaliser le tournoi vers des états où le coronavirus était beaucoup moins virulent. Il fut donc un temps question de Pebble Beach (Californie) mais également de Pinehurst (Caroline du Nord), avant que la décision de rester à Winged Foot et de jouer ce Majeur à huis clos ne soit prise dans le courant de l’été. 

L’histoire
C’est la sixième fois que Winged Foot reçoit l’US Open. La première fois, c’était en 1929, six ans seulement après l’inauguration du West Course. Le légendaire Bobby Jones s’y était imposé avec un score total de +6. Vingt-sept ans plus tard, Billy Casper, un autre monstre sacré, l’emportait à +2. En 1974, l’USGA, vexée d’avoir laissé gagner un an plus tôt Johnny Miller avec un score de -5, décide de rendre le parcours quasi injouable. Résultat, Hale Irwin l’emporte à +7. Douze scores seulement sous le par seront enregistrés durant les quatre tours. En 1984, l’exception qui confirme la règle, Fuzzy Zoeller, vainqueur du Masters cinq ans plus tôt, gagne à… -4 après un play-off face à Greg Norman. Curtis Strange, troisième, finit à +1. En 2006, dernière visite de l’US Open à Mamaroneck, l’Australien Geoff Ogilvy décroche la timbale à +5 en n’ayant jamais joué sous le par. Il laisse à une longueur derrière l’Ecossais Colin Montgomerie et les Américains Jim Furyk et Phil Mickelson. Ce dernier, six fois deuxième de l’US Open, bouclera son dimanche par un terrible et fatal double-bogey sur le green du 18. A noter que Winged Foot a également accueilli l’USPGA 1997 (victoire de Davis Love III) et l’US Open amateur 2004 (succès de Ryan Moore). 

La dotation
Avec le PLAYERS Championship, l’US Open est le tournoi le mieux doté de l’année : 12 500 000 dollars. Soit environ 10 520 000 euros. Le vainqueur empochera la modique somme de 2 250 000 dollars (1 897 275 euros). Vertigineux ! 

Le parcours
Le West Course du Winged Foot Golf Club est un par 70 de 6 837 mètres. Sorti de terre le 14 avril 1923, il est l’œuvre de AW Tillinghast, l’un des rares architectes de golf à avoir sa place au Hall of Fame. On lui doit notamment quelques parcours de légende tels que le Black Course de Bethpage, Baltusrol (étape régulière de l’US Open) ou encore Medinah, hôte de la Ryder Cup 2012. Ce tracé a été classé en 2019 par Golf Digest 11e des 100 meilleurs parcours des Etats-Unis. Ses greens surélevés, pentus et rapides sont un cauchemar pour les joueurs qui tentent de les dompter. Et on ne parle même pas des roughs qui ont cette faculté quasi unique à engloutir la balle. « C’est de loin le parcours le plus difficile que j’aie jamais vu », avait souligné Hale Irwin en 1974, quelques minutes après sa victoire ! 

Le tenant du titre
Victorieux en juin 2019 à Pebble Beach (Californie) devant Brooks Koepka, Gary Woodland a conservé quelques semaines de plus le fameux trophée. Depuis ce triomphe, ce natif du Kansas qui aurait pu épouser une carrière en NBA a enregistré quelques excellents résultats à la fin de 2019 (3e CJ Cup @ Nine Bridges, 5e ZOZO Championship) avant de récidiver en 2020 malgré une saison tronquée (8e au Honda Classic, 9e au Charles Schwab Challenge, 5e au Workday Charity Open). Depuis, l’Américain a quelque peu calé, ne s’offrant plus un seul top 20 (en cinq départs) et en manquant la finale des play-offs de la FedEx Cup, à East Lake (Georgie). 

Tiger Woods
Lui aussi absent au TOUR Championship (qu’il avait gagné en 2018), finale de la FedEx Cup 2020, Tiger Woods s’élance cette semaine avec l’objectif de décrocher un 16e Majeur et un 4e US Open personnel après ceux glanés en 2000, 2002 et 2008. Depuis sa 9e place acquise au Farmers Insurance Open (PGA Tour) en janvier à Torrey Pines (Californie), Woods n’a jamais fait mieux qu’une 37e place (à l’USPGA) en ne postant que cinq tours (sur vingt) dans les 60. Il ne débarque donc pas à Winged Foot avec les faveurs des pronostics d’autant qu’en 2006, lors du dernier passage de l’US Open ici, il n’avait pas franchi le cut signant deux cartes de 76 (+6). 

Quatre Français au départ
C’est un record. Jamais le golf tricolore n’avait aligné autant de représentants dans un US Open. Victor Perez, Mike Lorenzo-Vera, Romain Langasque et Paul Barjon disputent ici leur premier US Open. 51e mondial, Perez, 28 ans, est formaté pour évoluer à court terme sur le PGA Tour. Ancien étudiant à l’université du Nouveau-Mexique, il a récemment joué plusieurs tournois sur le circuit US (sans passer le cut) avant de décrocher au mois d’août une très encourageante 22e place au PGA Championship, son premier rendez-vous en Grand Chelem. De retour sur le Tour européen, il n’a pas passé le cut au UK Championship avant de prendre la 31e place à l’Andalucia Masters sur le terrible parcours de Valderrama. C’est la sixième fois que Mike Lorenzo-Vera prend un départ dans un Majeur. Son meilleur résultat reste une 16e place à l’USPGA 2019, à Bethpage, sur un parcours lui aussi très sélectif. Grand animateur lors des deux premiers tours de l’USPGA 2020, le Basque a finalement terminé 43e. Quatrième Majeur pour Romain Langasque, 25 ans. L’Azuréen s’est « qualifié » en remportant le Wales Open au mois d’août et en finissant dans le top 10 de la mini-race sur le UK Swing (European Tour). Il n’a jamais manqué un cut en Grand Chelem, prenant la 39e place au Masters 2016 et en terminant au-delà du top 60 aux British 2015 et 2019. En très grande forme sur le Korn Ferry Tour, la deuxième division US, Paul Barjon occupe le top 10 de l’Ordre du mérite (8e) et a déjà collectionné 4 tops 3 (dont 3 2e places). Ancien étudiant de Texas Christian University (TCU), il est déjà en possession d’un droit de jeu partiel sur le PGA Tour en 2020-21. 

Un champ réduit mais costaud
En raison du Covid-19, toutes les qualifications locales et internationales de l’US Open ont été annulées. Résultat, seuls 144 joueurs (au lieu des 156 habituellement) prennent le départ ce jeudi. Mais tous les favoris – à l’exception de Brooks Koepka, blessé au genou – sont là, de Dustin Johnson, vainqueur de la FedEx Cup, en passant par l’Espagnol Jon Rahm, le Nord-Irlandais Rory McIlroy (vainqueur en 2011) et les Américains Justin Thomas, Webb Simpson, Xander Schauffele et Collin Morikawa, lauréat surprise à Harding Park du PGA Championship il y a un gros mois.