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Victor Perez : « Monter en puissance au fil de la semaine »

Sept mois après sa date initiale, le 84e Masters a enfin lieu cette semaine, pour le plus grand bonheur de Victor Perez, seul Français en lice. Le 36e joueur mondial revient sur sa préparation et ses attentes pour son troisième Majeur de l'année.

Victor Perez
Le Tarbais est l'onzième Français à participer au plus exclusif des Majeurs. Warren Little / GETTY IMAGES EUROPE - AFP
12-15
novembre
MASTERS
LIEU : Augusta National Golf Club, États-Unis
CIRCUIT : PGA Tour

Comment avez-vous mis à profit les quinze jours sans compétition depuis l'open d'Italie pour vous préparer pour le Masters ?
Je suis arrivé en Floride lundi 2 novembre pour me préparer pour le tournoi. J'ai fait une préparation à la fois physique, mentale et golfique pour arriver à Augusta dans les meilleures conditions et monter en puissance au fil de la semaine. L'idée première était de retrouver du sommeil, d'absorber rapidement le décalage horaire pour bien dormir la nuit et avoir un maximum d'énergie la journée. J'ai fait quelques bonnes séances physiques pour travailler ma forme pendant le tournoi, et j'ai beaucoup joué au golf. Il y avait pas mal de vent, donc c'était plus un temps à aller sur le parcours plutôt qu'à taper des balles au practice. J'ai bien soigné le petit jeu et le putting, et j'ai essayé de bosser les trajectoires dont j'aurai besoin cette prochaine.

À ce propos, on dit qu'Augusta est un parcours qui favorise les joueurs habiles en draw. Avez-vous travaillé ce type de coup en particulier ?
J'en ai parlé à JP (Fitzgerald, son caddie, ndlr), qui connaît parfaitement le parcours, et il m'a un peu démontré le contraire. Je pense qu'aujourd'hui, cette idée du draw nécessaire pour bien scorer à Augusta est un peu dépassé. C'était une analyse basée sur la façon dont la balle volait il y a dix ou quinze ans, quand elle avait beaucoup plus d'effet. Et je pense qu'aujourd'hui on a tous des trajectoires beaucoup plus droites et que ce paramètre a beaucoup moins d'importance. JP m'a conforté dans l'idée de faire ce que je sais faire, et de me faire confiance dans mes choix et mes décisions une fois sur le parcours.

L'aide de votre copilote JP Fitzgerald est précieuse de manière générale ; le sera-t-elle encore plus à Augusta ?
Oui, forcément ! Ça aide beaucoup d'avoir à mes côtés quelqu'un comme lui, dont l'expérience me permet au de savoir au préalable quels coups je vais avoir à taper pendant la semaine. Plutôt que d'être livré à moi-même et me poser beaucoup de questions, j'ai la chance d'être guidé par JP lundi, mardi et mercredi dans les parties de reconnaissance. Grâce à son expérience, je vais pouvoir travailler les coups en fonction des positions de drapeau habituelles selon les journées. Ça va être une aide énorme.

Avez-vous déjà joué le parcours ?
Oui, je l'avais joué en mars, juste après le Players Championship. On avait eu l'opportunité d'y aller, donc je ne m'étais pas fait prier ! C'était un peu déroutant de découvrir ce parcours sans les fans, c'était très différent de ce qu'on a l'habitude de voir à la télévision. Tous les trous ont leur identité, et on se souvient sur chaque trou d'un ou deux coups qui ont été joués pendant un Masters. On a donc des références avant d'y arriver, mais ça n'a rien à avoir avec le fait de jouer le parcours soi-même.

C'est maintenant presque sûr que je vais pouvoir jouer un deuxième Masters dans moins de six mois. C'est unique !

Content d'y être presque, sept mois après la date initialement prévue ?
Oui, c'est sûr. Après, la situation au niveau mondial est ce qu'elle est, et la période a été beaucoup plus difficile pour la plupart des gens que pour moi. Et je mesure pleinement la chance que j'ai eu de pouvoir jouer au golf. Ça n'a pas été facile, mais il faut reconnaître que nous, golfeurs, avons eu quand même pas mal de chance. Donc même si ça arrive sept mois après la date prévue, je suis évidemment très content de pouvoir jouer mon premier Masters. C'est top !

Et finalement, votre deuxième Masters arrivera plus vite...
C'est vrai ! D'habitude, quand le tournoi est en début d'année, il faut bien jouer tout le reste de la saison pour assurer sa place l'année suivante. Et avec les chamboulements de calendrier provoqués par la pandémie, c'est maintenant presque sûr que je vais pouvoir en jouer un deuxième dans moins de six mois. C'est unique, et je le prends évidemment avec le sourire.


Par Alexandre MAZAS
10 novembre 2020