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Perrine Delacour : « Je savais que ça allait tourner en ma faveur… »

Après une sérieuse remise en question personnelle et un début de saison difficile, l’ancienne pensionnaire du LPGA Tour en 2018 a débloqué le week-end dernier dans l’Indiana son compteur victoire sur un Tour américain.  

Tournant important dans la carrière de la Française ! Symetra Tour
14-16
juin
THE FORSYTH CLASSIC
LIEU : Hickory Point Golf Course (Illinois), Etats-Unis
CIRCUIT : Symetra Tour

A qui ou à quoi avez-vous tout de suite pensé au moment de rentrer ce dernier putt victorieux au Four Winds Invitational ?
J’ai pensé à toutes les personnes qui m’ont soutenue pendant les moments difficiles de ma carrière, les amis proches, mes entraîneurs et ma famille… C’est très fort car à l’issue du premier tour, après avoir signé une première carte de 75 (+3), je ne pensais pas du tout à la victoire. Si je franchissais le cut, c’était déjà pas mal. Et puis finalement, j’ai joué dix coups de moins le lendemain… Et voilà ! 

Cette victoire est d’autant plus savoureuse que les derniers mois n’ont pas été simples pour vous…
C’est vrai. Surtout après la claque reçue au Q-Series… J’ai mis du temps à l’accepter, du temps à repartir de l’avant, à me restructurer…

Est-ce vrai que vous avez voulu arrêter le golf de haut niveau ?
Oui. Ce n’était pas facile. Je suis toute seule aux Etats-Unis, je suis loin de ma famille, j’ai certes des amis qui m’aident mais ce n’est jamais simple quand on se prend des claques… On réfléchit beaucoup dans ces cas-là. Il y a eu une accumulation… Le fait de ne pas avoir conservé mon droit de jeu sur le LPGA Tour, le fait aussi d’avoir mal débuté sur le Symetra Tour cette année (deux cuts manqués pour débuter au mois de mars avec quatre cartes égales ou supérieures à 74 (+2))... Bref, il y a eu une sérieuse remise en question ! 

Revenir en France, vous y avez songé ?
Oui, aussi… Mais je voulais toutefois me donner toutes mes chances cette année et faire un bilan en fin de saison. Je crois que j’ai bien fait… 

Quel a été le déclic entre ce début de saison manqué et ces quatre tops 4 d’affilée à partir du mois de mai ponctués par un succès le week-end dernier en Indiana ?
Fin mars, je rate le cut à Beaumont, au IOA Championship, en Californie. Je décide alors d’aller voir mon coach (Chris Mayson), qui réside justement en Californie, à San Diego. On a eu une grosse discussion au sujet de ma structure de travail, il m’a fait réfléchir et j’ai senti sur ma façon de m’entraîner que ce que je faisais auparavant ne servait finalement à rien. 

Vos soucis physiques sont-ils définitivement derrière vous ?
Oui, tout va bien. J’ai toujours ce poignet, mais je poursuis mes exercices pour le renforcer. Depuis maintenant trois ans, tout est ok. 

Quelle différence faites-vous entre le Symetra Tour que vous avez connu en 2013 et celui de 2019 ?
Déjà, il y a beaucoup plus de tournois au calendrier. Ensuite, le niveau a également évolué. Il faut mettre beaucoup de birdies pour espérer l’emporter. Au Four Winds Invitational, j’ai dû mettre quinze birdies et je ne finis qu’avec deux coups d’avance. Le parcours était difficile. Le -7 que j’ai envoyé samedi, je n’en reviens toujours pas. Je ne sais pas comment j’ai fait. Mais c’est vrai que l’écart s’est sensiblement resserré. Là, je n’ai vraiment été sûre de gagner que sur mes quatre-cinq derniers trous. Le putt d’un mètre quatre-vingt pour par que Jillian Hollis manque au 14 a été un tournant. Moi, je fais un bon chip-putt dans le même temps. Je me suis mis en confiance par la suite… 

Vous êtes désormais deuxième de la Volvik Race for the Card. L’objectif est clairement de rester dans les dix premières pour remonter sur le LPGA Tour en 2020…
En restant dans les dix premières, ça devrait passer. A moi maintenant de me faire plaisir, je suis à 6 841 dollars de Leona Maguire, la leader… On verra à la fin de l’année. 

Au fait, la cinquième place de Céline Boutier à l’US Open il y a quinze jours vous-a-t-elle quelque part stimulé ?
C’est évident que cela m’a motivé. Je n’ai malheureusement pas pu regarder le dernier tour de l’US Open car j’étais sur la route entre deux tournois. Je recevais juste les messages de quelques copines à droite et à gauche. Donc, je le répète, c’était très motivant. Après, je savais que cela faisait trois semaines que j’étais toute proche de la victoire. Je savais qu’à un moment, ça allait tourner en ma faveur. 


Par Lionel VELLA
12 juin 2019