Accueil / Élite / Circuits Pro Masculins / European Tour / Calendrier / 2018 / Ryder Cup / Actus / Ryder Cup 2018 / Europe : l'union fait la force

Europe : l'union fait la force

L'exploit réalisé cette semaine par la paire Molinari-Fleetwood, victorieuse de ses quatre matchs de double, est un nouvel exemple de la spécificité européenne en matière de doubles.

Tommy Fleetwood et Francesco Molinari
Tommy Fleetwood et Francesco Molinari ont remporté leurs quatre doubles cette semaine. Richard HEATHCOTE / GETTY IMAGES EUROPE - AFP
28-30
septembre
RYDER CUP
LIEU : Golf National, France
CIRCUIT : European Tour

Réputés meilleurs que leurs homologues américains dans les doubles, les Européens ont confirmé cette semaine au Golf National leur aisance dans cet exercice bien particulier du jeu à deux, remportant les quatre premières sessions de quatre-balles et foursomes sur le score de 10 à 6. Francesco Molinari et Tommy Fleetwood sont même devenus les premiers joueurs du Vieux Continent à gagner leurs quatre matchs lors d'une Ryder Cup. Si les Américains Lanny Wadkins et Larry Nelson avaient les premiers réalisé cet exploit il y a trente-neuf ans, les duos européens se sont bel et bien montrés supérieurs dans l'histoire récente de la compétition. Depuis 1979, année où les continentaux ont rejoint leurs homologues britanniques et irlandais, l'Europe a mené à l'issue des doubles dix fois sur vingt, contre sept fois pour les États-Unis et trois égalités.

Fleetwood-Molinari #RyderCup #TeamEurope #Moliwood

Une publication partagée par Ryder Cup Europe (@rydercupteameurope) le

Olazábal : « On fait notre vie ensemble »

Comment expliquer cette spécificité ? « Je crois que le fait de jouer sur le circuit européen toute l'année, dans tellement de pays différents, nous rapproche. On reste souvent dans les mêmes hôtels, on dîne ensemble, on boit des bières, on discute, on rigole, bref on fait notre vie ensemble », nous indique José Maria Olazábal. « Ça nous rapproche les uns des autres, et je crois que c'est ça l'élément le plus important. » L'Espagnol, qui a formé avec son compatriote Severiano Ballesteros la plus légendaire de toutes les doublettes de l'histoire de la Ryder Cup, a joué quinze matchs aux côtés de son aîné, sur quatre éditions consécutives de 1987 à 1993. « Ollie » et « Seve » ont non seulement formé la paire la plus utilisée dans l'histoire de l'épreuve, mais aussi la plus performante, remportant onze de ces quinze doubles.

Levet : « On joue ces formules dès le plus jeune âge »

Dans le sillage des Espagnols, d'autres duos européens se sont illustrés au cours des dernières décennies : Bernard Gallacher et Brian Barnes (10 matchs en quatre éditions pour 5 victoires), Nick Faldo et Ian Woosnam (10 matches en trois éditions, 5 victoires), Darren Clarke et Lee Westwood (8 matchs en trois éditions, 6 victoires), et plus récemment Henrik Stenson et Justin Rose (8 matchs en trois éditions, 6 victoires). Sans parler des combinaisons un peu moins mythiques mais tout aussi remarquables comme Faldo/Langer, Faldo/Montgomerie, Langer/Montgomerie, Garcia/Westwood, Garcia/Donald, etc. « Les joueurs européens sont beaucoup plus adaptables que les Américains », estime Thomas Levet, membre de l'équipe victorieuse en 2004. « Ils jouent des parcours plus variés que les Américains. Et surtout, ils jouent ces formules dès le plus jeune âge : dans les clubs, ils jouent en foursome, et dans les championnats nationaux et internationaux aussi. Aux États-Unis, ça n'existe pas, donc c'est pour ça que les Américains ont du mal. »

Woods et Mickelson ont tout essayé

Phil Mickelson et Tiger Woods
Phil Mickelson et Tiger Woods lors de la Ryder Cup 2004 (Timothy A. Clary / Getty Images - AFP)

Côté américain justement, la paire la plus « successful » de l'histoire de la Ryder Cup reste celle formée par Jordan Spieth et Patrick Reed, victorieuse de quatre de ses sept matchs disputés en 2014 et 2016. Étonnamment, le duo texan n'a pas été reconduit par Jim Furyk cette année... Quant aux mastodontes du golf américain moderne, Tiger Woods et Phil Mickelson, ils ont non seulement « usé » un nombre conséquent de partenaires de double (14 et 16 respectivement), mais ont surtout perdu beaucoup plus souvent que gagné (9 sur 29 pour le premier, 13 sur 35 pour le second). La faute, selon Levet, pas tant à un manque de camaraderie qu'à une façon de jouer moins variée que les Européens : « Quand des joueurs très puissants comme les Américains en général évoluent sur un parcours comme le National, qui te force à jouer des zones, c'est tout de suite compliqué pour eux. Aux États-Unis, ils ont beaucoup plus de place sur les parcours, et on est moins pénalisé quand on s'égare car on se retrouve généralement dans un rough pas très épais, ou sur un autre trou, ou dans un espace de passage des spectateurs, bref des endroits d'où l'on peut jouer. Ici, un gars qui en met partout ne s'en sort pas. » Reste aujourd'hui aux Européens à convertir leur succès dans les doubles en victoire finale.


Par Alexandre MAZAS
30 septembre 2018