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Nicolas Colsaerts, la bonne histoire belge

« Gagner chez vous, c'est vraiment, vraiment le pied ! » Vainqueur ce dimanche du 103e Amundi Open de France, le Belge Nicolas Colsaerts n'a pas caché sa joie de s'imposer en terre française.

17-20
octobre
AMUNDI OPEN DE FRANCE
LIEU : Golf National, France
CIRCUIT : European Tour

C'est l'histoire d'un Belge qui rejoint un autre Belge... Trois fois vainqueur du tournoi en 1954, 1957 et 1958, Flory Van Donck n'est plus le seul golfeur d'outre-Quiévrain à avoir son nom gravé sur la coupe Stoïber. Ce dimanche au Golf National, Nicolas Colsaerts a rejoint son prestigieux aîné au palmarès du plus vieil open d'Europe continentale, arrachant au terme d'un « back nine » haletant le titre au Danois JB Hansen et au Sud-Africain George Coetzee. Débarqué en conférence de presse en pleine conversation vidéo avec son épouse et son fils restés à la maison, Colsaerts n'a pas caché sa joie, et même sa fierté, de s'imposer à son tour chez ses voisins. « Ça fait au moins quinze ans que je viens ici, et j'ai toujours eu un goût de trop peu. Gagner chez vous, c'est le pied ! C'est super satisfaisant pour un Belge de gagner chez des Français ! L'open de France est chargé d'histoire. On a un tournoi en Belgique, mais ça n'a pas la même saveur. Il y a des noms de la mort sur cette coupe, il y a même un ancien collègue à nous, donc tout ça fait que c'est vraiment spécial », a-t-il déclaré, partagé entre l'hilarité et l'émotion.

Soutenu par le public français

Considéré, selon l'expression usée jusqu'à la trame, comme « le plus français des golfeurs belges », le désormais triple vainqueur sur l'European Tour entretient un lien ancien et fort avec l'open de France, dans lequel sa première participation remonte à 2001. « J'ai toujours été bien accueilli ici, j'ai toujours eu super bonne presse chez vous. Je pense que les gens ont un capital sympathie pour moi. Dès les premiers tours il y a toujours des Français qui viennent me voir, même s'il y a des Français qui jouent bien », indique-t-il. Ce dimanche, en l'absence de golfeurs tricolores à la lutte pour la gagne, les spectateurs présents le long des fairways de l'Albatros ont clairement marqué leur préférence en faveur du Bruxellois dans sa bataille face à Coetzee et Hansen. Un soutien auquel Colsaerts, évidemment, n'est pas resté insensible : « Le fait d'être francophone et d'entendre tout ce qui peut se passer à l'extérieur des cordes, d'être vraiment au courant de tout ce que les gens racontent, c'est un peu à double tranchant. Je dois d'un côté ne pas trop faire gaffe, et de l'autre essayer de capter les ondes positive que ça dégage. Mais maintenant, je pense que l'accueil que j'ai en France risque de continuer encore un moment ! » explique le vainqueur, arrosé de champagne sur le green du 18 par son compatriote Thomas Detry et, tout un symbole, par Romain Langasque.

Colsaerts Langasque Detry
Douche de champagne franco-belge avec Romain Langasque et Thomas Detry ! (Alexis Orloff / ffgolf)

Un lien particulier avec la France

Mais au-delà du tournoi, c'est aussi avec la France que Nicolas Colsaerts entretient un lien particulier. « Une bête anecdote : je connaissais la Marseillaise avant la Brabançonne ! » livre-t-il. « C'est tout con, mais j'ai grandi en regardant Canal+, donc je connais votre humour par cœur. Je sais ce qu'il faut vous dire, ce qu'il ne faut pas vous dire. Je vous connais super bien, je viens à Paris depuis très longtemps, comme beaucoup de Belges qui viennent en vacances en France. Votre pays est en quelque sorte le grand frère du nôtre. Vous nous emmerdez souvent, mais vous restez quand même notre grand frère ! »

Carrière relancée

Cette victoire, sept ans et demi après son succès au Volvo World Match Play Championship, a enfin une saveur spéciale pour l'ex-joueur de Ryder Cup (en 2012, lors du « Miracle de Medinah »), désormais 53e de la Race to Dubai et qualifié pour au moins les deux prochains Rolex Series en Turquie et en Afrique du Sud. « Ça peut clairement relancer ma carrière », admet-il. « Avec une exemption de quelques années, je vais pouvoir jouer des calendriers un peu plus légers, passer un peu plus de temps à la maison, ce qui n'a pas été le cas depuis longtemps. Je suis "on the road" depuis dix semaines, et comme vous avez pu le constater j'ai une femme à la maison qui subit le stress dans lequel je vis depuis quelques mois. Gagner en ayant le couteau sous la gorge, c'est vraiment top. Et le faire chez vous, c'est la cerise sur le gâteau ! »

Je connaissais la Marseillaise avant la Brabançonne...


Par Alexandre MAZAS
20 octobre 2019