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Romain Wattel : « Je ne vais pas m’apitoyer sur mon sort »

Passé pro en 2010, arrivé sur le Tour l’année suivante, le Français, après une victoire en 2017 au KLM Open, a fini cette saison 147e de la Race. Avec seulement sept cuts franchis en vingt-sept départs. Il sera à partir du 15 novembre à Tarragone, aux PQ3. A quitte ou double ?

Romain Wattel, très lucide sur son jeu actuellement au plus haut niveau... Alexis Orloff / ffgolf
15-20
novembre
EUROPEAN TOUR Q-SCHOOL FINAL STAGE
LIEU : Lumine Golf Club, Espagne
CIRCUIT : European Tour

Le Portugal Masters s’est achevé il y a un peu plus d’une semaine et vous n’avez pas réussi à conserver votre droit de jeu via les 115 premiers du Tour. Cette 147e place à la Race est-t-elle digérée ?
Oui. Il faut passer à autre chose. Je ne vais pas m’apitoyer sur mon sort, sur les mauvaises choses qui peuvent m’arriver. Cela a été une saison difficile. Je n’ai pas réussi à jouer le golf que je souhaitais. Je n’ai pas fait ce qu’il fallait pour réaliser les performances suffisantes. 

Quelles sont les causes de cet échec ?
Cela fait des années que mes résultats ne sont pas assez bons. L’an passé déjà, ils étaient moyens, voire même mauvais. En 2017, hormis ma victoire aux Pays-Bas, c’était déjà aussi très moyen. Je sais exactement ce qui m’empêche de mieux performer… Mon grand jeu globalement n’est pas assez bon. Je me suis battu avec ça pendant pas mal d’années, j’ai essayé d’être malgré tout compétitif. Mais quand on loupe trop de coups, c’est compliqué. Le problème, je le connais. Il faut juste que je parvienne à régler tout ça… 

Vous sentiez donc le coup arriver ?
Oui, même si chaque semaine, je me mets au départ d’un tournoi pour donner le meilleur de moi-même. Mais il faut être lucide. Je sentais que mon niveau de jeu ne s’améliorait pas. Je voyais toujours les mêmes difficultés… Je voyais que je n’arrivais pas à améliorer mon système… Donc, je sentais que ce serait compliqué… 

Même quand vous remportez le KLM Open en septembre 2017 ?
Oui, même cette année-là. Je ne fais pas une bonne saison mais j’arrive cependant à gagner. Ce succès m’a permis de concrétiser ce à quoi je rêvais depuis plusieurs années. Après, il a un peu caché mon niveau de jeu car je ne le trouvais pas forcément très bon. 

J’ai senti une méthode et une façon de faire différente de mes coaches précédents. Je n’ai aucun doute dans le fait que travailler avec Pete Cowen va dans le bon sens

Expliquez-nous votre collaboration avec Pete Cowen…
Cela fait un an et demi que je travaille avec lui. J’ai senti une méthode et une façon de faire différente de mes coaches précédents (Olivier Léglise et Frank Schmid). Je n’ai aucun doute dans le fait que travailler avec lui va dans le bon sens. Après, il faut arriver à bien identifier les exercices donnés par Pete, ceux qui fonctionnent le mieux. Ce n’est pas toujours évident d’essayer parfois des petites choses et les mettre en pratique en tournoi. On peut essayer des choses qui vont marcher à l’entraînement et qui ne fonctionnent pas en tournoi. On perd du temps, et avec les tournois qui s’enchaînent, ce n’est pas évident. 

Vous voyez-vous régulièrement ?
Dès que j’ai des semaines off, je vais le voir en Angleterre. Mais il est très demandé. Il entraîne beaucoup de joueurs. Il est soit sur le PGA Tour, soit sur les Majeurs… Ce n’est donc pas évident de le voir. Il faut donc arriver à bosser de façon solitaire. Chose que j’ai toujours réussi à faire, mais c’est difficile aussi de ne pas pouvoir le voir quand on le souhaite. Ou alors quand on a une question. Cela se passe toujours en anglais, c’est donc moins pointu, parfois on va faire des amalgames, des petites erreurs de traduction… Ce n’est pas forcément simple. 

Travailler avec un coach étranger, c’est ce que vous recherchiez en priorité ?
Je ne me vois pas comme Français voulant travailler avec un coach étranger. Je me vois comme Romain Wattel, joueur de golf, qui a envie d’être parmi les meilleurs et pour cela, je travaille avec les personnes qui pourraient me le permettre. Pete Cowen en fait partie. Pour moi c’est un des meilleurs coaches au monde. C’est avec ce genre de personne qu’il faut que j’arrive à bosser si je veux m’améliorer. 

Avez-vous déjà évoqué ensemble ce fameux marathon que sont les Cartes européennes, les PQ3 à Tarragone du 15 au 20 novembre prochains ?
Non. Pas encore. J’avais un stage physique la semaine passée et lui était au WGC-HSBC Champions. Mais bon, Cartes ou pas Cartes, ma vie ne s’arrête pas là. Je n’ai que 28 ans, je suis encore assez jeune. Je pense pouvoir progresser dans ma carrière. Si je dois repasser les Cartes, ce n’est pas grave. Je l’ai déjà fait une fois (4e des PQ2 le 29 novembre 2010 puis 9e des PQ3 le 10 décembre suivant). La vie continue. Au-delà de ça, les résultats, et ça je le crois beaucoup, arrivent par eux-mêmes. Quand on joue bien, les résultats suivent. Je sais très bien que si je m’améliore, les résultats viendront inéluctablement. 

Mon niveau de jeu personnel n’a pas énormément progressé, et c’est ça le problème… Mais si je repars sur le Challenge Tour en 2020, ce ne sera pas un drame.

Ces finales des Cartes, c’est un peu à pile ou face ?
C’est très difficile. Il faut arriver prêt au bon moment. Six tours, c’est long. Tous les joueurs sont assez tendus. Alors oui, forcément, c’est un exercice compliqué. 

Cela peut-il être un mal pour un bien vous concernant ? Quelque chose qui vous permettrait de rebondir dans le bon sens ?
Je ne sais pas. J’aurais préféré éviter cette situation. Je le saurais que dans le futur si c’était un mal pour un bien. Pour l’instant, je suis focalisé sur ces PQ3. Cela fait pas mal de temps que j’essaie d’améliorer mon jeu. Je n’ai pas eu besoin de me retrouver dans cette situation pour me rendre compte de ce qu’il fallait que je fasse. 

Quel va être votre programme jusqu’à Tarragone ?
Je vais justement aller en Angleterre pour voir Pete Cowen et je vais m’entraîner en région parisienne avant de partir en Espagne. J’irai sûrement à Bussy (77), peut-être aussi à St-Nom-la-Bretèche (78) et au Golf National (78). 

Evoluer sur le Challenge Tour en 2020, vous y songez ?
Je ne suis pas focalisé là-dessus. Après, c’est une possibilité. Donc, je l’envisage. Ce n’est pas une situation qui me plairait, on peut s’en douter, mais ça fait partie du jeu aussi. Sur le Challenge Tour, il y a beaucoup de très bons joueurs. Il y a de très bons joueurs partout. Le jeu en général a progressé. Rien à voir en tout cas avec ce que j’ai vu à mon arrivée en 2011. Il y a clairement plus de bons joueurs aujourd’hui qu’il y a dix ans. L’écart s’est considérablement réduit entre le Challenge Tour et l’European Tour. Après, mon niveau de jeu personnel n’a pas énormément progressé, et c’est ça le problème… (Il réfléchit) Mais si je repars sur le Challenge Tour en 2020, ce ne sera pas un drame. 


Par Lionel VELLA
6 novembre 2019