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Jérémy Gandon : « L'Amérique, c'est là que je me vois évoluer »

Vainqueur la semaine dernière d'une manche de qualification pour le PGA Tour Latinoamérica, Jérémy Gandon découvrira cette saison le circuit sud-américain, un satellite du PGA Tour. Pour le joueur de 23 ans, membre du Mackenzie Tour canadien l'an dernier, cette expérience est une opportunité de plus dans sa quête d'une carrière pro aux États-Unis.

Jérémy Gandon
Le Valentinois débutera sur le circuit sud-américain début mars au Mexique. Alexis Orloff / ffgolf
07-10
janvier
PTLA QUALIFYING TOURNAMENT - WESTON HILLS CC
LIEU : Weston Hills CC, Etats-Unis
CIRCUIT : PGA Tour Latinoamérica

Pouvez-vous revenir sur cette victoire aux qualifs du PGA Tour Latinoamérica, le 10 janvier dernier en Floride ?
J'étais rentré chez moi à Valence en décembre, pour passer les fêtes en famille et aussi pour récupérer mon visa. Je suis revenu le 2 janvier aux États-Unis, et je me suis entraîné quelques jours en Floride grâce à un copain qui vit là-bas, et aussi par le biais de Thomas Levet que j'avais sollicité. Je connaissais déjà Mission Inn, le parcours sur lequel se jouait la qualification, car je l'avais joué lors d'un tournoi universitaire que j'avais d'ailleurs gagné. Tout mon jeu était en place sur un tracé assez exigeant. J'ai bien géré mes quatre tours dans tous les compartiments du jeu, et évidemment je suis ravi de commencer l'année par une victoire.

Une victoire cruciale puisque seul le vainqueur repartait avec une carte pleine, n'est-ce pas ?
C'est ça. Sur le Mackenzie Tour, le circuit canadien sur lequel j'ai joué l'an dernier, c'est très important de gagner la qualification car seul le vainqueur décroche une catégorie pleine pour toute l'année. Pour les autres, ils font en milieu de saison ce qu'on appelle un « reshuffle », et si tu n'as pas bien joué la première partie de saison tu peux perdre ton droit de jeu. Sur le Latinoamérica, il y a généralement un peu moins de monde qui joue la deuxième partie de la saison, donc même si je n'avais pas gagné je pense que je serai rentré sur les tournois de fin d'année malgré tout. Mais c'est bien d'avoir gagné, comme ça je ne me pose même pas la question !

Pourquoi avoir tenté le circuit sud-américain plutôt que canadien cette année ?
Parce que la première partie de saison sur le Latinoamérica n'interfère pas avec celle du Mackenzie, tout simplement. Les huit premiers tournois du premier ont lieu de mars à mai, et le second commence fin mai. Et comme j'ai l'intention de jouer aussi les cartes du Mackenzie, ça me permettrait en cas de succès d'enchaîner les deux circuits, et de décider ensuite lequel privilégier en fonction de ma position au classement. Les deux tours mettent en jeu cinq cartes du Korn Ferry Tour (la deuxième division américaine, antichambre du PGA Tour, ndlr), et offrent aux dix suivants un accès direct à la finale des cartes du Korn Ferry, donc ça pourrait me faire deux options pour grimper à l'étage du dessus l'an prochain. Il faudra cependant que je décroche ma carte du circuit canadien, car ayant terminé 64e l'an passé, il m'a manqué quatre places... Donc rendez-vous mi-mars !

Quel est votre calendrier d'ici le coup d'envoi du PTLA, début mars au Mexique ?
Je vais jouer, enfin j'ai déjà commencé, des Monday Qualifyings sur le PGA Tour et le Korn Ferry Tour. J'ai ai fait deux cette semaine pour le Korn Ferry que je n'ai pas réussies, et ces prochaines semaines je tenterai celles du Phoenix Open, du Puerto Rico Open et du Honda Classic sur le PGA Tour. Comme j'ai réussi à passer le cut sur un tournoi du PGA Tour, le Houston Open, l'an dernier, ça me permet d'accéder directement au Monday Qualifying sans passer par la pré-qualification. Je l'ai déjà fait une fois, donc pourquoi pas le refaire à nouveau ? On ne sait jamais, si une semaine se passe bien, tout peut aller très vite, donc jouer les Monday est une belle opportunité.

Qu'avez-vous retiré de votre participation au Houston Open au mois d'octobre dernier ?
J'avais fait la pré-qualification et la qualification pour décrocher ma place dans le tournoi, en rentrant un coup de wedge en play-off ! C'était génial, et derrière j'avais très bien attaqué la semaine en faisant -4 lors du premier tour. On avait eu des conditions météo délicates le lendemain, et je m'étais retrouvé du mauvais côté du draw lors du deuxième tour. J'avais fait +4 pour passer le cut de justesse après une belle bataille. Le week-end, je n'avais pas mal joué, mais pas réussi à scorer, donc avec deux +1 j'avais terminé aux alentours de la 60e place. C'était une super expérience malgré tout, car j'avais eu la chance de faire la reconnaissance du parcours avec Bill Haas et Roberto Castro, et j'avais pu discuter pas mal avec Robert Streb, un ancien de ma fac. C'était vraiment chouette, j'en ai bien profité et j'ai pris un maximum d'expérience dans le sac !

Ça vous laisse penser que le niveau requis pour jouer sur le PGA Tour n'est pas si éloigné ?
Ce qui est remarquable aux États-Unis, c'est que le niveau est très élevé partout, même sur le Mackenzie Tour qui est censé n'être que la troisième division. Je ne dirais pas que c'est aussi difficile de gagner sur ce circuit que sur le PGA Tour, mais c'est très relevé. Il y a tellement joueurs là-bas et quasiment pas d'invitations, donc tout le monde doit se battre sans arrêt pour gagner sa place quel que soit le circuit. Il y a des opportunités, mais il faut vraiment bien jouer au bon moment. 2019 était mon année de transition après la fin de mes études, et j'ai beaucoup appris sur le Mackenzie Tour aux côtés de Paul Barjon notamment, qui a fait une super saison. Aujourd'hui je pense qu'il me manque sans doute de l'expérience, mais pas tant que ça en termes de jeu, de technique. Pour gratter un coup ou deux par partie, à mon avis c'est vraiment du côté de l'expérience, de la stratégie et du petit jeu qu'il faut regarder.

Quel a été votre cursus avant de passer pro ?
J'ai fait quatre ans d'études à l'université d'état du Kansas, de 2015 à 2019. La fac est dans une ville qui s'appelle Manhattan, à deux heures à l'ouest de Kansas City. Ça s'est super bien passé, j'ai pu jouer des tournois assez compétitifs puisque ma fac fait partie de la Big 12 Conference, qui est assez relevée. J'ai énormément progressé dans mon jeu, et ça m'a convaincu de tenter ma chance chez les pros en sortant.

Vous tentez votre chance aux États-Unis, et pas en Europe. Pourquoi ?
Après quatre ans passés là-bas, je me sens vraiment à l'aise dans ce pays. C'est là que je me vois évoluer golfiquement, mais aussi en termes de vie personnelle. Ça me tente bien ! Donc je vais vraiment me concentrer sur mes chances ici pour essayer d'attraper au moins un droit de jeu sur le Korn Ferry l'an prochain, avec en ligne de mire ma montée sur le PGA Tour. Après le Kansas, où je climat n'est pas adéquat pour s'entraîner toute l'année, j'ai emménagé à Fort Worth, au Texas, où je vis en colocation avec Pierre Mazier et David Ravetto, qui viennent eux aussi du RCF La Boulie et qui terminent leur cinquième année à la Texas Christian University. Il y a aussi Paul Barjon qui vit là-bas, de même que Cyril Bouniol, donc je connais pas mal de monde et je pense que c'est la bonne option.

À quoi vous attendez-vous en découvrant l'Amérique du Sud ?
Je crois que les premiers tournois sont au Mexique, et ensuite principalement en Argentine. Par rapport aux années précédentes, ils ont resserré le calendrier, donc je ne vais pas faire douze ou quinze pays comme Louis Cohen-Boyer a pu le faire il y a quelques saisons, mais sept ou huit à mon avis. D'après ce que j'ai entendu, les tournois sont assez similaires à ceux du Mackenzie Tour, mais le niveau est peut-être un poil moins relevé qu'au Canada puisqu'il n'y a pas autant de joueurs qui sortent des facs U.S. sur le circuit sud-américain. Je ne sais pas trop à quoi m'attendre en dehors du golf, mais de toute façon je n'y vais pas pour sortir faire la fête à Buenos Aires ou ailleurs ! (rires) Si je fais des birdies, ça va bien passer...

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2019 is coming to an end, on to the next!

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Par Alexandre MAZAS
16 janvier 2020