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Alexander Levy : « J'y croyais vraiment très fort »

Vainqueur ce dimanche de l'Open de Chine, Alexander Levy, 23 ans, revient sur cette journée inoubliable qui lui permet de devenir le 13e tricolore à s'imposer sur l'European Tour, et le premier en 2014.

Alexander Levy
24-27
avril
VOLVO CHINA OPEN
LIEU : Genzon Golf Club, Chine
CIRCUIT : DP World Tour

Alexander, comment vous êtes-vous senti tout au long de cette journée qui s'est conclue sur votre première victoire sur le circuit européen ?
J'ai plutôt bien géré. J'étais en confiance, je jouais bien. Les premiers trous ont été un peu difficiles, mais j'ai réussi à ne pas commettre d'erreur. Après j'ai fait de bonnes choses, trois birdies, mais je suis resté calme, je ne me suis pas excité. Et puis il y a eu ce double bogey au 15 : ma balle a atterri sur le green mais a roulé en-dehors, dans une zone sablonneuse où elle a fini dans un divot. J'ai putté, la balle a traversé le green et en est ressortie. Ensuite j'ai pris chip – deux putts pour faire double. Malgré ça j'ai continué à jouer mon jeu sur les derniers trous.

Vous avez scellé le sort du tournoi avec deux coups d'anthologie au 17 et au 18...
J'avais un fer 3 à 220 mètres au 17. J'ai tout donné et j'ai fermé les yeux, et la balle est passée par-dessus l'eau et a fini à trois mètres du trou. Puis au 18 j'ai joué un fer 8 à 163 mètres depuis le rough que j'ai mis au drapeau. Sur ces deux coups je me suis dit « allez Alex, tu travailles pour réussir ce genre de coups, il n'y a pas de raison que tu ne les tentes pas ». Ce dernier coup au 18 a clôturé le bal, mais le boulot avait été fait avant. J'avais provoqué ma chance.

Que vous ont dit les Français qui vous attendaient au bord du green du 18 ?
Ils m'ont dit « t'es un malade ! Pourquoi n'as-tu pas joué le milieu du green ? » Je leur ai répondu « les gars, je ne sais pas ce qu'il m'arrive... » Et puis je me suis fait arroser de champagne ! Je ne sais pas combien de bouteilles il y avait, peut-être quatre ou cinq, mais en tout cas j'en ai pris une bonne ! Au moment où je vous parle, je n'ai pas encore pris ma douche et ça se sent... (il rit). En tous cas, je souhaite à chaque Français de connaître ce moment, car c'est inoubliable.

En tête depuis votre carte record de 62 le samedi, avez-vous ressenti beaucoup de pression ?
Je me suis fait le petit film dans ma tête chaque soir après ma partie, forcément. Mais je n'étais pas trop stressé, à part un peu la veille du troisième tour, car si on ne gagne pas un tournoi le samedi on peut en revanche le perdre. Heureusement j'ai bien négocié cette troisième journée. Là je ne réalise pas encore vraiment ce que j'ai fait, même si j'ai conscience que c'était un gros tournoi avec un beau champ de joueurs. J'y ai toujours cru, et je pense que c'est ce qui a fait la différence avec Munich. J'y croyais plus fort. Cette 3e place en Allemagne, ainsi que celle obtenue en Thaïlande en décembre, ce sont des petits détails qui font que j'y croyais vraiment très fort aujourd'hui.

Parlez-nous de votre caddie et de son rôle dans cette victoire...
C'est un Irlandais qui s'appelle Brian Martin, avec qui je travaille depuis janvier à Dubai. On a mis de bonnes choses en place ensemble. On s'entend bien, ce qui est très important pour moi. C'est quelqu'un qui a de l'expérience, il a caddeyé Johan Edfors et Peter Lawrie par le passé. Il me montre qu'il a confiance en moi, en mon jeu, et ça m'aide beaucoup. Et puis il a su me raconter deux-trois bêtises au bon moment pour faire redescendre un peu la pression...

Quelques mois après la victoire de Victor Dubuisson en Turquie, un autre jeune Français s'impose sur le circuit. Il y a un vrai effet d'entraînement entre vous tous, non ?
On a vraiment une bonne génération, même si on est tous différents. On s'entend tous très bien, que ce soit avec les jeunes ou les anciens d'ailleurs. Ils nous transmettent leur expérience et ça nous fait gagner beaucoup de temps. Si les jeunes y croient aussi fort aujourd'hui, c'est en partie grâce aux anciens. Et franchement, il n'y a rien de plus beau que de voir tout ce groupe de Français heureux quand l'un d'eux gagne !

Propos recueillis par Alexandre MAZAS