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Travaux Albatros - Pascal Grizot : « J’ai été rassuré par ce que j’ai vu"

À l'occasion de sa première visite du chantier de l'Albatros au Golf National, le président de la Commission « Ryder Cup 2018 » évoque l'envergure des travaux qui devront être impérativement livrés pour accueillir l'Alstom Open de France en juillet 2016.

Pascal Grizot, Patrick Kanner et Jean-Lou Charon / Alstom Open de France 2015
28-30
septembre
RYDER CUP
LIEU : Golf National, France
CIRCUIT : DP World Tour

Pascal Grizot, vice-président de la Fédération Française ne s’est pas arrêté à son rôle prépondérant dans l’obtention de la Ryder Cup au Golf National en 2018. A chaque phase-clé, telle que la mise en chantier du parcours de l’Albatros, qui a commencé le 20 juillet dernier, le président de la Commission « Ryder Cup 2018 » contrôle ce qui a été minutieusement préparé entre tous les intervenants. 

Il reste quelque 38 mois, entre aujourd’hui et cette deadline de la cérémonie d’ouverture de la Ryder Cup 2018. Pour vous, que va-t-il se passer d’important d’ici-là par rapport à la réfection du parcours, et comment décririez-vous cette période qui vous attend ?

Je n’ai pas franchement le sentiment que la période actuelle soit plus importante que la précédente, parce que pour moi l’aventure a vraiment commencé en 2008. Et dès début, la période qui s’est présentée m’a parue très importante, puisque c’était celle de la candidature. L’objectif était de gagner cette candidature, ensuite on l’a obtenue et puis c’est la préparation qui a commencé. C’est vrai que plus on se rapproche de l’événement, plus on pourrait se dire qu’il y a davantage de pression, mais en réalité, la pression je la ressens depuis le premier jour. Mais, comme nous mettons tout en oeuvre pour que les objectifs fixés se réalisent, pour éviter justement qu’on ait de mauvaises surprises, nous n’avons pas d’autres choix que d’accompagner le projet de notre mieux chaque jour. Et je pense qu’on est sur cette voie-là.

En termes de moyens, de temps, vous sentez-vous à ce jour impeccablement placé sur l’échiquier, avec les bonnes personnes en place, les bons plans bien campés, les budgets nécessaires à la réalisation projetée ?

Ce qui a été compliqué au départ fut d’expliquer le projet et le faire comprendre. Vous ne gagnez plus une candidature de telle envergure aujourd’hui sans avoir le soutien de l’état au plus haut niveau. Mais d’abord, nous avions obtenu le soutien des licenciés, qui contribuent financièrement pour une part très importante du budget.

Finalement, le côté un petit peu frustrant, a été le nombre de ministres des Sports qui se sont succédé depuis 2008 : à chaque fois, nous avons eu la sensation d’être obligés de réexpliquer la même chose. Au tout début, l’Etat a certes eu du mal à s’engager sur le dossier de la Ryder Cup, mais une fois que ce soutien a été acquis, il y a toujours eu une véritable continuité dans son engagement. Quand je dis « État », c’est avec un E majuscule: aussi bien la région, le département, la ville, la communauté d’agglomérations de Saint-Quentin-en-Yvelines. Chacun a bien compris notre projet et nous a accompagnés. La Fédération Française de Golf a des capacités, mais elles ne sont pas suffisantes pour pouvoir financer seule des travaux à hauteur de 7 millions d’euros. Donc si on n’avait pas eu le soutien du Ministère des Sports à travers le CNDS, la région, le département, et la CASQY (communauté d’agglomérations de Saint-Quentin-en-Yvelines), on n’aurait jamais pu faire les travaux qu’on fait aujourd’hui.

«Ce qui est encourageant, c’est qu’aujourd’hui, des ministres du sport et des secrétaires d’État n’ont plus peur de s’afficher dans le golf. »

La dernière édition de l’Alstom Open de France qui s’est déroulée au Golf National vous a-t-elle permis, en marge de l’épreuve, de faire des rencontres capitales ?

Ce qui est encourageant, c’est qu’aujourd’hui des ministres du sport et des secrétaires d’État n’ont plus peur de s’afficher dans le golf. Et pourquoi ? Ce n’est pas parce que nous sommes plus sympathiques que nos prédécesseurs. La différence vient de ce que les politiques ont compris que notre volonté était de développer l’accessibilité du golf auprès du plus grand nombre. La meilleure façon de combattre l’image élitiste que le golf peut encore avoir aujourd’hui est de construire des parcours plus adaptés. Les politiques l’ont bien compris, et à partir du moment où ils voient ce qu’on met en place pour que le golf soit accessible et partagé par le plus grand nombre, ils n’ont plus peur de s’afficher. Avant le projet de la  Ryder Cup, et des mesures qui l’accompagnent en terme de développement du golf en France, c’était beaucoup plus compliqué d’arriver à capter leur attention, mais il est vrai que nous n’avions pas grand-chose non plus de concret à proposer contrairement à la période que nous vivons actuellement. On n’échangeait très peu avec les politiques, faute de projets et d’intérêts communs.

Et au point de vue international ? Quelles sont vos relations avec les instances américaines…

Nous voyageons beaucoup, nous multiplions les contacts, à l’étranger comme France. Quand, avec Jean-Lou Charon, nous sommes allés à Augusta, nous en avons profité pour inviter le vice-président de la PGA of America (Peter Bevacqua) qui sera le président de la PGA of America en 2018, son directeur exécutif, qui n’était jamais venu à l’Open de France. Il a accepté l’invitation, il est venu, il s’est rendu compte par lui-même de l’ampleur du projet. Il est certain, encore une fois, que grâce à notre dossier Ryder Cup, nous construisons des relations internationales qui nous aident au plus haut niveau aujourd’hui pour organiser l’événement. Ce sont des relations qui seront pérennes.

Parlons du parcours de l’Albatros. Vous en parlez avec grand enthousiasme à chaque fois que vous évoquez la Ryder Cup. Ce terrain, on a l’impression que vous en connaissez chaque mètre carré, que vous observez chaque nouveau dénivelé, imaginez chaque nouveau panorama, que vous avez en tête le tracé intégral des voies d’accès, d’évacuation d’eau, des kilomètres de câbles. Est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu de quoi on part, pour arriver à quoi dans neuf mois ?                         

Pour mieux comprendre, il faut revenir au succès de notre candidature. Le dossier français avait un avantage par rapport aux autres : un parcours existant. Si la Hollande disposait elle aussi d’un parcours, l’Espagne, le Portugal, l’Allemagne, devaient construire un parcours. Nous avions cet avantage, mais on avait aussi un certain nombre de faiblesses à gommer, notamment le fait que notre parcours ait été construit au début des années quatre-vingt-dix. Il fallait continuer à le faire évoluer, même si la fédération a toujours investi sur le parcours et ses infrastructures depuis sa création. Mais il est vrai que les investissements réalisés jusque là concernaient l’accueil de l’Alstom Open de France, qui se déroule traditionnellement en juillet. Période où l’on peut avoir de la pluie, mais on peut en avoir malheureusement beaucoup plus en septembre. Et comme je le disais, l’objectif, quand on est à la tête d’un dossier comme celui de la Ryder Cup, étant de penser à tout afin d’éviter les mauvaises surprises, nous avons pris d’importantes dispositions pour faire face techniquement à des pluies diluviennes, si tel était le cas en septembre 2018. Plutôt que de prendre un mauvais pari sur le temps qu’il fera pendant l’événement, et se retrouver dans un marasme total, nous nous sommes penchés sur un système de drainage qui soit efficace en cas de besoin.

« Nous pourrons arroser et avec le système de drainage, récupérer l’eau, et donc réduire considérablement notre consommation d’eau par rapport à ce qui se faisait dans le passé. »

Pouvez-vous préciser ?

Il y a plusieurs objectifs : d’abord, au niveau de la qualité du parcours, on se devait de refaire le drainage. Le parcours est construit sur de très bonnes terres qui sont des terres agricoles, mais il existe des différences notoires entre les fairways, les roughs et les buttes.

Les buttes ont été construites avec des terres issues de chantiers de la Région parisienne, pas toujours des terres de qualité, mais qui nous ont permis de les construire à un prix très réduit. Les terres des fairways et des roughs de très bonne qualité. Mais il y a une problématique pour nous, c’est qu’il s’agit de terre glaise. Conséquence : quand il pleut, le sol se transforme en boue, tandis que par temps sec, il devient extrêmement dur. Il nous fallait donc considérablement améliorer le drainage. Il fallait aussi refaire le système d’irrigation qui datait de 25 ans. Le rénover de façon à ce que l’arrosage soit plus efficace tout en respectant les règles écologiques et la nature : grâce au système d’arrosage que nous allons avoir, nous pourrons arroser et avec le système de drainage, récupérer l’eau, et donc réduire considérablement notre consommation d’eau par rapport à ce qui se faisait dans le passé.

En termes de développement durable, c’est très important. Mais je sais que Jean-Lou Charon en a parlé, ces investissements ne sont pas uniquement faits pour une semaine de golf et de Ryder Cup. Ces améliorations profiteront à d’autres grandes épreuves, et aux golfeurs qui continueront à utiliser les installations du Golf National. Toujours dans le domaine des gros travaux d’amélioration du parcours existant, il faut parler des routes, voies d’accès et de circulation dans l’enceinte du golf. On ne s’engage pas à recevoir 70 000 spectateurs sans être faire en sorte que chacun puisse se déplacer en fonctions de ses impératifs de travail. Certes, le public doit pouvoir circuler à sa guise, mais cela ne s’arrête pas là, il faut prévoir les déplacements des fournisseurs, jardiniers, joueurs, commissaires, sponsors, médias, etc.

D’où vient ce chiffre record de 70 000 personnes par jour dont vous avez fait votre objectif ?

C’est le fruit de très longues discussions avec le détenteur de droits. Aujourd’hui, il n’y a jamais eu plus de 45 000 personnes présentes sur un site de Ryder Cup. Pour passer à 70 000, il faut répondre à un certain nombre de conditions, et parmi celles-ci, il y a les travaux qu’on est en train de faire pour fluidifier la circulation et puis la construction de plateformes, ces espaces qui vont nous permettre d’organiser l’hospitalité.

En principe, vous devriez être dans les temps ?

Les travaux ont commencé le 20 juillet, donc on va tout faire pour que tout soit dans les temps, évidemment. Mais dès ma première visite sur le site, j’ai été rassuré par ce que j’ai vu, par les moyens et le professionnalisme que les entreprises qui nous accompagnent mettent dans leur prestation. Ça faisait clairement partie du cahier des charges : traiter avec des entreprises d’envergure nationale de façon à être certain d’obtenir les moyens nécessaires à chaque problématique, et ce que j’ai vu m’a pleinement rassuré. Après, ça va être une question de contrôle, au jour le jour. Et c’est pour ça qu’Alejandro Reyes, le superintendant du Golf National, sera présent tout le mois d’août pour surveiller les travaux.

Est-ce qu’un 9 trous « composite » en novembre, c’est réalisable ? C’est un peu votre pari du moment, non ?

Vous savez, je ne peux pas m’occuper de tout et il y a des gens très compétents à la fédération qui sont à même de gérer ça. On essaye de se partager les tâches. Tout ce qu’il faut, c’est que le parcours soit prêt pour l’Open de France 2016. Selon l’avancement des travaux, et en fonction des conditions atmosphériques -  si elles sont favorables – pourquoi, en effet, ne pas essayer de faire un 9 trous composite en fin d’année, si on peut le faire ? Mais il y a des tranchées qui vont être très importantes, il faut, je crois, laisser le temps à la nature et au parcours la possibilité de faire leur travail. Il ne faudrait pas, pour des questions d’empressement ou de pression financière, vouloir à tout prix rouvrir le parcours trop tôt, parce qu’on finirait par le payer plus tard.

Est-ce qu’entre les Open de France 2016 et 2017, puis 2017 à la Ryder Cup, il va y avoir des travaux notables en plus de ceux réalisés cette année ?

Non. Il n’y aura plus rien après.

« Est-ce qu’en 2018, ça va se jouer comme à Chicago sur le putt du dernier joueur ? Et là, pour des raisons de sécurité, il faut appréhender le fait que les spectateurs vont tous vouloir aller regarder le spectacle. »

On verra donc la version définitive de l’Albatros mis en conformité pour la Ryder Cup, dès l’Alstom 2016 ?

Oui, parce qu’il y a des travaux dont on n’a pas parlé, notamment d’amélioration de certains greens. Ce n’est pas du tout que les greens n’étaient pas bien dessinés, c’est simplement qu’à la Ryder Cup, vous avez besoin de changer les drapeaux tous les jours, voire deux fois par jour pour les doubles.

Vous avez la journée d’entraînement du mercredi, celle du jeudi, du vendredi et samedi : il faut deux positions du drapeau, et le dimanche, il faut encore une position de drapeau, ce qui fait 7 positions de drapeau à trouver. Par exemple un green comme celui du 16, on n’avait pas ces 7 positions de drapeau. On a dû le redessiner de façon à ce qu’il puisse accueillir davantage de positions de drapeau. Ce sont les seules modifications visibles qu’on apportera au parcours. Ce qui est très frustrant - et pourtant j’espère que cela sera bien le cas -  c’est que pour qu’ils soient considérés comme réussis, les travaux ne doivent pas attirer l’œil des spectateurs et des joueurs habituels de l’Albatros. L’enjeu, c’est qu’ils ne pas se rendent pas compte des modifications qui ont été faites. Mis à part la construction des plateformes, en ce qui concerne le système de drainage et d’irrigation, on sait très bien que pendant un an, il y aura les traces, mais l’objectif, c’est qu’en 2018, il n’y ait plus aucune traces visibles de ces travaux qui auront été faits trois ans auparavant.

Comme vous le disiez, une Ryder Cup, ça peut se terminer sur les trous n° 14, 15, 16 ou 17. Ce doit être un sacré casse-tête de mettre de l’ambiance au 18, parce que c’est l’endroit le plus chic et festif, mais d’être également en mesure d’accueillir la ruée des spectateurs si le dernier point pour une victoire de l’Europe par exemple, se présente en amont. Comment on gère un tel paramètre ?

C’est ce qu’on appelle l’expérience du spectateur. Il faut savoir que sur un même parcours, vous avez plusieurs types de spectateurs qui se croisent. Celui qui a acheté le billet qui va lui permettre d’avoir accès au parcours, mais qui ne fréquentera pas les aires d’hospitalités ; qui ira se restaurer dans les restaurants éphémères qu’on va créer. Celui qui avoir accès à la totalité du parcours, mais va avoir aussi droit à de l’hospitalité, mélangé avec d’autres personnes, puis les VIP, les sociétés qui vont acheter des hospitalités et il n’y aura qu’eux à l’intérieur des hospitalités. Donc de toutes façons, il y a plusieurs types de public à faire cohabiter partout et sur toute la durée…

Et à faire rejoindre en un point ultime, car c’est ce qui fait le aussi le charme de la Ryder Cup : la plus grande communion de gens au moment du dénouement…

Évidemment. On peut se dire : Est-ce qu’en 2018, ça va se jouer comme à Chicago sur le putt du dernier joueur ? Et là, pour des raisons de sécurité, il faut appréhender le fait que les spectateurs vont tous vouloir aller regarder le spectacle. C’est pour ça que, contrairement à ce qu’on pensait faire au départ -  créer beaucoup d’hospitalité entre le 1 et le 18, parce que ça permettait aux spectateurs d’avoir la meilleure vue -  nous avons modifié nos plans, pour des raisons de sécurité, mais on va trouver d’autres endroits qui nous permettront de le faire, parce que c’est important.

Qu’avez-vous pensé du final à Gleneagles en Ecosse l’an dernier? Qu’en avez-vous retenu par rapport à votre expérience d’organisateur ?

Disons que Gleneagles est un excellent parcours. Mais ce n’est pas comme au golf National où, sur plusieurs points, vous avez des vues parfaites sur plusieurs trous à la fois. Ça, vous ne l’aviez pas à Gleneagles. C’est un très grand avantage, qui nous permet la construction de nombreuses aires d’hospitalités. Mais pour le spectateur, il n’est pas obligé de marcher 18 trous, on peut parfois se mettre à certains points et attendre que les joueurs passent. Ça permet de se rendre dans le village, devant les grands écrans et pouvoir faire autre chose que suivre toute la compétition pendant 18 trous.

Vous pensez que les joueurs étrangers, américains, vont être tentés de venir jouer l’Alstom pour se frotter un peu au parcours ?

Les sélections se font un an et demi avant la Ryder Cup. Donc déjà, l’année 2016 : vous avez soit les joueurs qui sont certains ou quasi certains de faire partie de l’équipe et qui ne feront pas forcément l’effort ou qui viendront par plaisir, s’ils ont envie de venir. Ensuite, il y a ceux qui sont « limite », et ça va surtout se jouer sur l’édition de 2017 et 2018, mais sur celle de 2016, ça ne se sentira pas encore. Je pense qu’au niveau du champ, on a prouvé depuis plusieurs années que l’Open de France était de qualité et qu’il permettait d’accueillir de nombreux et très bons joueurs, d’offrir un très bon spectacle. Si nous avons quelques joueurs américains en plus, ça sera du bonus par rapport à ce qu’on a eu les autres années.

« L’enjeu est aussi celui de création de richesses économiques pour la France dès 2016 (…) Il faut convaincre les professionnels du tourisme américain qu’en France, on peut aussi jouer au golf. »

Bien sûr, vous serez à fond dans la Ryder Cup de 2016 aux États-Unis, pour aller voir ce qu’il se passe ?

Ça sera forcément très différent. Je ne suis pas certain qu’on tire des informations de ce qu’on verra en 2016, parce que moi ce qui m’intéresse, c’est de voir comment la Ryder Cup évolue sur la durée. Parce que ça évolue de manière exponentielle, au fil des années, et je me rends compte de l’évolution de la Ryder Cup entre Chicago (2012) et Minneapolis (2016), par exemple. Après, les États-Unis ont une chance inestimable: eux, tous les quatre ans, ils ont la Ryder Cup. Nous, en France, on ne l’a jamais eue et je pense qu’il faudra attendre quelques années avant d’avoir la chance d’accueillir encore cet événement ! Mais je pense que l’enjeu est aussi celui de création de richesses économiques pour la France dès 2016. En arrivant à montrer à nos amis américains, qui adorent venir en France parce que Paris est certainement la ville la plus visitée au monde par les Américains, qu’il y a des ressources qu’ils ignorent. Imaginez qu’il y a 25 millions de golfeurs aux États-Unis qui viennent en France, mais ne prennent jamais leur sac de golf ! Donc à l’occasion de 2016, on a prévu un certain nombre d’événements avec les personnes-clés du tourisme américain, pour leur montrer qu’en France, il y a tout ce qu’ils connaissent : la gastronomie, les musées, l’art de vivre à la française, mais en plus… on peut aussi jouer au golf !

Là, encore, cela passe par des rencontres, des occasions d’expliquer encore et encore les atouts d’un pays comme la France ?

Nous préparons un grand dîner d’influence aux Etats Unis - je pars au mois de septembre pour l’organiser, d’ailleurs. Ça sera pour le vendredi soir de la Ryder Cup 2016, un dîner où nous recevrons toutes les personnes importantes du tourisme américain pour les convaincre et les séduire sur le fait qu’en France, on peut aussi jouer au golf. D’une manière différente qu’aux États-Unis, on ne va pas se comparer à eux, mais nous ne manquons pas d’arguments.

« Je me suis dit un jour que ce dossier en valait la peine et que pour cela, il fallait que je m’organise familialement, à travers mon travail, et que je donne dix ans de ma vie à un projet comme celui-là »

Qu’est-ce qui vous motive au fond, à titre personnel ?

D’abord, j’ai toujours été passionné par le golf. Et puis, quand on vous propose -  enfin, je ne sais pas trop si on me l’a proposée ou si je suis allé la chercher, mais enfin…- une responsabilité comme la mienne aujourd’hui, c’est une chance exceptionnelle. Il s’agit d’un projet mondial, vous rencontrez des gens extraordinaires et vous avez aussi la possibilité de vous rendre utile à votre pays. Un pays dont je suis très fier, que j’aime beaucoup et j’essaie de me rendre utile partout où j’ai la possibilité de le faire. Voilà… Je me suis dit un jour que ce dossier en valait la peine et que pour cela, il fallait que je m’organise, familialement, à travers mon travail et que je donne dix ans de ma vie à un projet comme celui-là. Il n’y a pas beaucoup de projets qui me font me lever gratuitement comme ça le matin. Et la Ryder Cup, en tout cas, est celui dont j’ai décidé de m’occuper. Mais disons que ce que je ressens, c’est le contraire de ces personnes qui disent : « Je veux me lancer dans les affaires pour devenir riche ». Cela ne doit pas être une finalité en soi. La Ryder Cup 2018, c’est un grand projet dont l’enjeu est extrêmement important pour le développement du golf et pour le rayonnement de la France. Il se trouve qu’en m’y investissant totalement pour le mener à bien, j’y prends (aussi) du plaisir, mais ce n’est qu’une conséquence, pas une motivation. 

  


Par Propos recueillis par Dominique Bonnot
14 août 2015