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Culture Ryder Cup : Flamboyant Hagen

Capitaine de 1927 à 1937, Walter Hagen, le champion le plus élégant de sa génération, a été un grand artisan du succès de la Ryder Cup.

Walter Hagen
Walter Hagen swinguant sur le toit de l'hôtel Savoy à Londres en 1923. The Savoy
28-30
septembre
RYDER CUP
LIEU : Golf National, France
CIRCUIT : European Tour

De l’autre côté de l’Atlantique, un homme incarne à lui seul la Ryder Cup et le rêve américain. Un fils de forgeron, élevé dans une famille nombreuse, qui s’initie au golf avec sa sœur dans les pâturages de l‘Etat de New York, au milieu de troupeaux de vaches. Né le 21 décembre 1892, Walter Hagen n’a pas toujours été ce dandy à l’élégance affirmée, premier sportif de son pays à être élu « l’homme le mieux habillé de l’année ».

Car à l’âge de 8 ans, il travaille déjà comme caddy au club local de Rochester. C’est donc par le golf que le jeune garçon prend l’ascenseur social. En deux décennies, Walter Hagen devient le joueur professionnel le plus payé de son époque. « Je n’ai jamais voulu devenir millionnaire, je voulais juste vivre comme lui », jubile-t-il en lissant de la main ses cheveux gominés.

Malgré la flamboyance de sa vie, jamais il n’oublie sa condition d’origine, prenant fait et cause pour les joueurs professionnels et les caddys qui sont peu considérés avant la Seconde Guerre Mondiale. On se souvient de Walter Hagen, lors de l’Open britannique 1922, louant une Austro-Daimler, la garant devant le clubhouse pour se changer et prendre ses repas arrosés de champagne, l’accès du club house du Royal St George’s lui étant interdit !

Vainqueur de onze tournois du Grand Chelem - il est le plus titré après Jack Nicklaus et Tiger Woods -, Walter Hagen est aussi le grand animateur des Ryder Cup de l’avant-guerre. L’Amérique ne jure que par lui pour emmener son équipe à la victoire. De 1927 à 1937, il est de toutes les campagnes. Capitaine joueur dans les cinq premières, capitaine seulement pour la dernière avant le déclenchement de la guerre en Europe. Il est même des éditions officieuses de 1921 et 1926 (voir Culture Ryder Cup : Les éditions fantômes) et joue un rôle important dans la création de ce match.

Walter Hagen aux côtés de Samuel Ryder en 1928.

Il est aussi l’homme de la situation pour épater ses homologues anglais, amollis par six jours de traversée sur le transatlantique Aquitania, lors de la Ryder Cup 1927. A leur arrivée, Walter Hagen les accueille par un grand banquet à New York et un programme chargé qui les conduit à découvrir un math de baseball ! Les Britanniques sont honorés mais fatigués. Quelques jours plus tard, ils perdent sèchement la première édition 9,5 à 2,5.

Fumant cigarette sur cigarette, Walter Hagen est un capitaine aussi original que ses tenues. En match play, sa philosophie est plutôt cool : « Quand je joue en match play, je cherche à me relaxer au maximum. Je fais tout au ralenti, du rasage au petit-déjeuner. Et je prends tout mon temps pour aller au tee du 1. »

Sur le parcours, son éloge de la lenteur se montre d’une efficacité redoutable. Sur les 9 matches qu’il dispute, il en gagne 7 et fait un nul ! Sa seule défaite est une déculottée (une knickerbockers ?) contre Georges Duncan, 10 & 8, à la Ryder 1929, à Moortown, près de Leeds. Un match qui ne restera pas impunis, Hagen prenant sa revanche en double, deux ans plus tard au Scioto Country Club.

Mais sa plus grande victoire - parmi les quatre qu’il remportera- est d’avoir été le premier capitaine à brandir la Ryder Cup, ce trophée en or surmonté d’un golfeur inspiré par Abe Mitchell, le coach personnel de Samuel Ryder. Juste récompense pour ce grand champion qui a tant donné à la Ryder Cup depuis la première édition fantôme de 1921.


Par Jean-François Bessey
3 avril 2018