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Culture Ryder Cup : le règlement de trop

En 1931, les Américains emmenés par Walter Hagen et Gene Sarazen donnent une première raclée aux Britanniques. Ce ne sera pas la dernière. 

L'équipe américaine victorieuse en 1931.
28-30
septembre
RYDER CUP
LIEU : Golf National, France
CIRCUIT : European Tour

Cette troisième édition est l’heure de la « belle ». Chaque camp a remporté une édition, les Américains celle de 1927, les Britanniques celle de 1929. Cette égalité dans les matches va durer jusqu’en 1935. Ensuite, le déséquilibre est tel entre les deux équipes que, quelques décennies plus tard, l’existence de ce match par équipes sera mise en péril.

Mais revenons à 1931. Cette Ryder Cup encore balbutiante voit sa réglementation évoluée au fil du temps. Une mesure prise avant cette édition dans l’Ohio va fragiliser l’équipe britannique. En effet, à la fin de l’année 1929, un nouveau point de règlement stipule que les joueurs doivent vivre dans leur pays respectif pour être éligibles à une sélection. Un Américain doit vivre aux Etats-Unis (les joueurs yankees y vivent tous), un Britannique en Grande-Bretagne. Pour ces derniers, habitués à parcourir le monde ou leurs colonies, c’est moins simple.

Ainsi, les frères Boomer, Percy et Aubrey, enseignants dans des golfs étrangers, notamment celui de Saint-Cloud pour Percy, ne peuvent plus être sélectionnés. Tout comme Percy Alliss. Un autre point, décidé cette fois en 1931, exige que les joueurs d’une même équipe voyagent ensemble, tant à l’aller qu’au retour. Henry Cotton, qui n’est pas encore la star anglaise de l’époque, insiste pour rester aux Etats-Unis. Inflexible sur sa décision, il s’exclut de la sélection. Sollicité à nouveau après l’Open britannique, Cotton reste campé sur sa position.

Une équipe britannique laminée

Quand elle arrive au Scioto Country Club, à Columbus, l’équipe britannique composée de Charles Whitcombe (capitaine), Archie Compston, Bill Davies, Georges Duncan, Syd Easterbrook, Arthur Havers, Bert Hodson, Abe Mitchell, Fred Robson et Herbert Whitcombe, est donc affaiblie.

Si affaiblie ou tellement à côté de son sujet qu’elle prend une raclée mémorable. La première d’une longue série. Après les foursomes, les Américains (cf photo) composés de Walter Hagen (capitaine), Billy Burke, Wiffy Cox, Leo Diegel, Al Espinosa, Johnny Farrell, Gene Sarazen, Denny Shute, Horton Smith et Craig Wood, mènent 3 à 1. Dans les simples, ils balaient leurs adversaires. Six matches gagnés sur huit et les Américain triomphent 9 à 2. Chez les Britanniques, personne ne blâme la première utilisation dans cette compétition de la grosse balle américaine, très différente en taille de la balle qu’ils jouent habituellement.

Le coup de génie de Sarazen

Dans l’équipe américaine, Gene Sarazen est le Tiger Woods de son époque. L’Américain d’origine sicilienne, compte déjà trois majeurs à son palmarès et son jeu est spectaculaire. A l’image de son simple gagnant contre Fred Rodson. Sur un par 3, sa mise en jeu dépasse le green. La balle rebondit sur une canette de Coca-Cola et s’immobilise sur le sol cimenté et craquelé d’un stand de boissons. Refusant de déclarer sa balle injouable, il déplace avec l’aide de son caddy un réfrigérateur qui gêne puis empoigne son niblick (fer 9). Et d’un coup sec, il s’affranchit de toutes les difficultés et pose sa balle à 3 mètres du drapeau ! La foule qui le suit est en liesse. Quand ils sortent du green, Fred Robson n’en revient toujours pas de l’audace de l’Américain. 

Walter Hagen à l’extravagance reconnue sait aussi se distinguer. Lors de son simple contre Charles Whitcombe, il arrive au tee du 1, un manteau jeté sur les épaules. Puis, un serveur lui apporte un verre de Martini qu’Hagen sirote tout en faisant des swings  d’essai d’une seule main ! Malgré cette apparente désinvolture, le capitaine américain défait son homologue britannique sur le score de 4 & 3. Presque une formalité pour « The Haig » qui, avec 83 % de ses matches gagnés restera, après Jimmy Demaret, Jack Burke et Horton Smith comme le quatrième meilleur américain de toute l’histoire de la Ryder Cup.


Par Jean-François Bessey
28 juin 2017