La convention avec le Museum d’Histoire Naturelle

Une première convention entre ces deux entités, qui avait pour but d’identifier la biodiversité sur le Golf National et de mettre en place des outils destinés à préserver et valoriser le patrimoine naturel, avait été signée en 2007. Ce partenariat a été réactivé vendredi 1er juillet 2016, lors de l’Open de France au Golf National pour une durée de quatre ans par Jean-Lou Charon, président de la ffgolf, et Bruno David, président du Museum.

Livré en mars 2009, le premier inventaire "Golf et Biodiversité" a été mené au Golf National, fruit de trois ans de collaboration entre la ffgolf et le Museum d’Histoire Naturelle.

Jacques Trouvilliez, Service du Patrimoine Naturel, MHN : « La culture française est loin d’intégrer les golfs dans les espaces verts, comme le font les anglo-saxons quand on leur demande où trouver de la verdure. »

Jean-Philippe Siblet, Directeur adjoint du Service du Patrimoine National, MHN : « Un golf peut contribuer très significativement à préserver, voire à enrichir la biodiversité. »
Pierre Noel, chercheur au CNRS, Département Milieux et Peuplements Aquatiques, MHN : « Regarder un étang à la fois comme un eco système et comme un obstacle… Transmettre le savoir, le savoir faire, le savoir penser.... »
Jérôme Paris, alors vice-Président de la ffgolf, premier président de la Commission Environnement : « Informer les golfeurs sur les richesses des parcours qu'ils foulent régulièrement, nous arriverons à faire de la nature un élément incontournable de notre lecture.. »

L'étude rendue par Rose Line Preud’homme est l’inventaire le plus complet réalisé sur un golf au niveau national. Il en ressort que le Golf National joue un rôle de refuge pour certaines espèces, et qu'il présente un intérêt au niveau des continuités écologiques locales. Sa situation, en bordure d’une zone d’agriculture intensive et d’une zone urbaine, constitue un gain en matière de biodiversité et confirme son rôle positif pour la biodiversité. 

Quelques données extraites de l'étude :
782 espèces recensées, dont quelques espèces remarquables notamment au niveau des zones aquatiques et des prairies de fauche.
Les plans d’eau du Golf National sont des milieux où les potentialités sont grandes et où des efforts supplémentaires pourraient porter leurs fruits.
Rappelons que le Golf National faisait partie des huit golfs européens étudiés en 1995, ce qui a permis à nos chercheurs de faire un suivi, et de tirer des conclusions très précises :  
72 espèces d'oiseaux contre 43 mais une régression de certaines espèces aquatiques, sans doute liée à leur régime alimentaire. Même constat côté botanique, beaucoup de nouvelles espèces mais disparition de la moitié des plantes à valeur patrimoniale dont six sont des espèces aquatiques.

Ces constatations ont permis d'identifier un dysfonctionnement dans l’équilibre et la gestion des milieux aquatiques, dû principalement à l'introduction de poissons phytophages. Enfin, la diversité floristique trouvée sur le golf est supérieure à celle du milieu adjacent (107 contre 73) et à celles des zones cultivées. Autant d'éléments qui permettent au GN de s’intégrer dans la trame verte et bleue, et à ses plans d’eau de former une continuité entre les deux vallées voisines de la Bièvre et de la Merantaise.

A partir de là, les équipes du Golf National et du MHN ont pu décider de certaines actions en faveur de la biodiversité telles que : fauchage tardif pour laisser aux espèces végétales le temps de fructifier, plus de résidus de tonte versés dans les pièces d’eau (pratique suspendue depuis mai 2008) mais création de compost, abandon du débroussaillage dans des zones boisées indépendantes du jeu, diversification des berges, moins de poissons phytophages...

La plaquette bio diversité, réalisée en partenariat avec Veolia Eau, rédigée à quatre mains, par la ffgolf, l’AGREF, le Museum d’Histoire Naturelle, l’ONF, l’EIGCA, est un véritable mode d’emploi de la biodiversité en milieu golfique, salué par le R&A comme un "modèle du genre".

Adossée à l’inventaire réalisé au Golf National, la démarche de la FFGolf s’inscrivait dans un contexte international, l’Association Européenne de Golf étant dotée depuis 1994 d’une unité d’écologie. Cependant, malgré une étude coordonnée en 1995 par l’AEG sur huit golfs européens dont le Golf National, la biodiversité des golfs restait très peu connue en France. L’étude menée au Golf National allait permettre de combler cette lacune. 

En 2016, dans la poursuite des objectifs de la charte "Golf et environnement", la ffgolf et le MNHN ont souhaité renouveler leur partenariat autour d’un ambitieux programme d’actions pour les quatre prochaines années.

Ce nouveau départ suppose d’une part une intensification du suivi sur le Golf national et d’autre part l’extension de ces travaux à d’autres parcours de France.  

Pour le Museum, les intérêts de cette collaboration étroite sont multiples. Il s’agit de parfaire sa connaissance de territoires encore ignorés il y a peu, de mettre en place différents protocoles d’étude, d’enrichir ces connaissances grâce au réseau qui va être mis en place puis de diffuser ces enseignements et expériences. 

Pour la Fédération, il s’agit bien sûr de participer à la préservation et l’amélioration de la biodiversité mais aussi de venir à bout de certaines idées reçues et très tenaces sur le golf. Comme le déclarait Bruno David, le président du Museum, au cours de sa conférence, « Il y a beaucoup de choses à dé diaboliser ».

Le programme national d’études de la biodiversité des golfs

Un important programme d’actions communes a été conçu pour évaluer les enjeux de biodiversité des golfs et améliorer la gestion et la conservation de la biodiversité au sein des espaces golfiques français. 

Le projet d’étude s’est construit à deux échelles : autour du suivi spécifique du Golf National qui accueillera en 2018 la Ryder Cup, mais également en s’appuyant sur un réseau de sites témoins sur le territoire national. Ceci dans l’optique de mieux cerner et mesurer les impacts générés par l’emprise d’un golf sur des espaces naturels mais aussi d’apporter des réponses opérationnelles applicables largement.
La portée exceptionnelle de la Ryder Cup exige de mettre en place les moyens et les solutions pour connaitre, préserver et enrichir la biodiversité du site en amont et en aval de l’événement.

Le suivi implique l’intervention d’experts écologues et naturalistes et se fonde sur le déploiement actuel, sur le Golf National, d’un protocole scientifique développé par le Muséum : l’Indicateur de Qualité Écologique (IQE). 

Les résultats issus du suivi de ce site alimenteront plus largement une démarche nationale visant à fournir à l’ensemble des structures golfiques des outils adaptés pour intégrer progressivement une stratégie commune de gestion de la biodiversité