Golf et eau, renouer avec le rythme des saisons

Préserver nos ressources en eau, pourtant indispensables à la pousse, c'est l'un des premiers engagements qu'a porté la ffgolf en matière d'environnement. Réduire, optimiser la consommation d'eau sur nos golfs, adapter les graminées, les techniques d'arrosage, autant de progrès réalisés et en constante évolution et qui savent préserver la qualité du jeu. Accompagnons ces évolutions en renouant avec la saisonnalité et la nature... 

Essayons de changer notre regard

La quantité et la qualité de la ressource en eau sont de plus en plus menacées partout dans le monde et également en France de par les stocks limités existants et les multiples usages que nous en faisons : approvisionnement en eau potable, arrosage des cultures, applications industrielles, activités de loisirs et autres. L’eau est inégalement répartie sur le territoire et donc fortement menacée par endroits (surexploitation, demande croissante, pollutions…). Le nombre d’arrêtés préfectoraux réglementant les usages de l’eau augmentent chaque année, y compris dans des régions connues pour être pluvieuses.

Quelles incidences sur nos parcours

Pour les golfs concernés par des mesures de restriction, il s’agit d’interdictions d’arroser le jour, et dans les situations les plus critiques, certaines surfaces de jeu : d’abord les fairways, puis les départs, et enfin les greens en cas de risque grave pour l’approvisionnement des foyers, des services essentiels en eau potable et la survie d’écosystèmes aquatiques.

Il n’est plus rare de voir en été des parcours de golf dont les fairways sont secs et jaunes. Cet état peut s’expliquer par la parution d’un arrêté, mais aussi par la volonté des clubs de plus en plus nombreux à restreindre volontairement l’arrosage des fairways. Lorsqu’ils sont arrosés, la part d’eau représente environ 60 % de la ressource en eau utilisée !

Côté joueur

Qu’il soit subi ou assumé, cet état sec et jaune est passager et n’empêche pas la pratique du golf. Comme le vent ou la pluie, c’est un facteur de plus à considérer dans notre lecture du jeu. C’est l’essence même du jeu de golf de savoir apprivoiser les conditions changeantes, développer ses facultés d’adaptation et de décision sur les parcours : choix de club, type de trajectoire, sécurité ou prise de risque, coup roulé, attaque plus courte pour le drapeau… 
Et les plus grands parcours donnent l’exemple. De plus en plus de grandes compétitions se jouent sur des parcours secs, fermes et rapides. Or le défi qui y est proposé aux joueurs ne manque ni d’intérêt ni de spectacle.

La ressource en eau priorité de l'USGA

Côté golfs

  • Ils investissent dans du matériel d’arrosage plus performant.
  • Ils rénovent leurs systèmes d’irrigation.
  • Ils mettent en place des stratégies d’entretien favorisant l’enracinement profond du gazon. Le but étant de lui permettre de disposer d’une plus grande réserve d’eau et de nutriments présents dans le sol. Le gazon résiste ainsi mieux au manque d’eau, les arrosages peuvent être plus espacés et les apports d’engrais réduits.
  • Ils développent des solutions alternatives à l’utilisation de ressources en eau sensibles (nappes ou rivières fragiles, eau potable…) notamment en récupérant et en stockant les eaux pluviales grâce à des réseaux de drainage collectant l’eau et la dirigeant vers des bassins où elle pourra être disponible pour l’arrosage. Certains mettent en place la réutilisation des eaux usées traitées de stations d’épuration, une solution d’avenir aux multiples intérêts environnementaux, éprouvée dans de nombreux pays, mais qui tarde à se développer en France en raison d’une réglementation encore inadaptée.
  • Ils modifient progressivement la composition des gazons pour installer durablement des espèces de graminées qui résistent au manque d’eau et aux maladies, aux tontes, aux piétinements, et concilient les qualités sportives pour la pratique du golf.
La gestion raisonnée du golf des 24h du Mans !