La part du joueur

Nous avons tous un rôle à jouer dans la démarche de préservation de l'environnement quand nous arpentons les fairways. Évoluer dans un espace naturel fait partie de ce qui nous attache à la pratique du golf, mais le jeu peut parfois nous faire oublier que notre comportement peut aller à l'encontre de sa préservation. Et l’Étiquette serait-elle en fait la meilleure amie de l'environnement ? Certains aspects du respect de l’étiquette ont en effet des incidences environnementales non perçues par les golfeurs. Le principe fondamental du golf consistant à jouer la balle où elle se trouve, moins le terrain est abîmé, moins il y a de risques de devoir jouer une balle mal placée et plus on contribue à faciliter l’entretien par les équipes et in fine la qualité générale du parcours.

Replacez systématiquement les divots arrachés

est très important pour la reprise rapide du gazon mais également pour le contrôle des graminées non désirables et envahissantes. En effet, la nature ayant horreur du vide, les premiers végétaux à venir coloniser l’espace nu ne seront pas les espèces de gazons souhaitées.

Recherchez votre pitch sur le green et réparez le 

Un pitch non réparé peut mettre plusieurs semaines avant de se résorber voire laisser une trace permanente sur le green. Il peut par ailleurs devenir un foyer potentiel pour des maladies cryptogamiques. Le creux laissé va maintenir l’humidité, favoriser les conditions du développement de maladies, et potentiellement étendre la contamination à une plus large zone par le piétinement. Ce qui peut précipiter le recours aux produits phytosanitaires.

Pourquoi change-t-on souvent les trous de place sur un green ? Pas seulement pour le jeu mais pour épargner l’herbe ; un joueur qui piétine pour trouver son stance exerce une pression supérieure à celle d’un véhicule lourd équipé de pneus basse pression. Raison pour laquelle on ne doit jamais rouler sur l’avant green, ni sur le green.

Evitez les gestes qui blessent le terrain

Sortir sa balle du trou avec son putter, ne pas relever ses pitchs, jeter le drapeau sur le green au lieu de la poser, le remettre brutalement en place.

Limitez les coups d'essai et pas n'importe où : pas sur les départs, dans les bunkers, dont on évitera d’abîmer la lèvre en l’escaladant, ils sont interdits ; sur le fairway et dans le rough ils sont permis mais les green-keepers rêveraient que ce ne soit pas le cas !

Zones naturelles, respectez les zones déclarées sensibles

Dans le cadre de la recherche de balle, il n’est pas rare que le joueur s’aventure dans des zones connexes du parcours qui peuvent être écologiquement sensibles en raison de la présence d’espèces remarquables ou parce qu’on est en période reproduction ou nidification par exemple. Les prairies (haut roughs) peuvent  être des milieux très riches en biodiversité (flore, insectes, papillons…). Aux abords des plans d’eau, la végétation peut être fragile et essentielle pour la reproduction d’espèces d’insectes et de toute la chaîne alimentaire qui  en dépend (amphibiens, poissons, oiseaux…).
Même le R&A le précise dans ses Règles pour la protection des zones sensibles : une zone écologiquement sensible doit être protégée physiquement pour dissuader les joueurs d'entrer dans la zone.

Respectez la saisonnalité

Sport de plein air sur un terrain naturel, le respect des saisons et de leur impact sur le terrain, est essentiel. L'été la sécheresse, et un aspect moins vert luxuriant, l'hiver et son humidité. Vouloir conserver le même terrain de jeu tout au long de l'année irait à l'encontre des efforts déployés pour une gestion raisonnée des apports en eau et en produits phytosanitaires. 

Nettoyez vos chaussures avant de quitter le golf

Laver ses clubs, on le fait pour le confort du jeu, les chaussures moins or, elles peuvent transporter des maladies d’un golf à l’autre. 

Et tout ça nous fait penser à... l’Etiquette !

Et à juste titre. L’étiquette, souvent perçue comme un code de bonne conduite contraignant ou vieillot, devrait être davantage lu dans sa dimension de respect du terrain, et donc de l’environnement.