Troquons notre œil de joueur de golf contre celui d’un naturaliste

Redécouvrons ou découvrons nos parcours : leur faune, leur flore, les différents espaces arpentés ou longés, leur utilité, le rôle joué par leurs habitants, et les interactions avec la démarche environnementale de l’entretien des parcours…

Prenons conscience de la biodiversité qu'abritent nos parcours et et préservons-la

La présence et l’abondance sur un golf de groupes bio-indicateurs tels que ceux évoqués ci-dessous témoignent de la bonne santé du site et de ses écosystèmes.

Avec leurs roughs, les golfs disposent de vastes espaces de prairies et peuvent ainsi accueillir une multitude d’espèces lorsque l’entretien leur est favorable.

Les hauts roughs développés en retrait des zones de jeu, hors des zones de retombées de balles, en arrière des départs et des greens et sur les transitions entre les trous, s’apparentent à des prairies de fauche, en régression sur le territoire français et reconnues d’intérêt patrimonial. Ils abritent des abeilles, des papillons de jour, des sauterelles, criquets et grillons, des reptiles, des campagnols, mulots, hérissons, etc. Des espèces d’oiseaux nichant au sol peuvent être favorisées par le développement de zones herbacées permanentes. La fauche intensive et la fertilisation sont parmi les principales causes de déclin des espèces animales dans les milieux prairiaux. La fauche tardive consiste à remplacer les tontes régulières par une tonte annuelle en fin d’été afin de permettre aux espèces végétales et animales d’accomplir leur cycle complet de développement et de reproduction.

Les insectes pollinisateurs, comme les abeilles et les papillons, en butinant, permettent la pollinisation et donc la reproduction de nombreuses espèces végétales. Lorsqu’elles sont en fleur, les plantes présentes sur le parcours, et particulièrement les espèces mellifères, permettent aux insectes pollinisateurs de trouver le nectar et le pollen nécessaires à leur alimentation. De nombreux golfs ont des partenariats avec des apiculteurs locaux. L’utilisation d’insecticides n’est pas autorisée sur les golfs français et la bonne santé des ruchers installés à proximité des parcours témoigne des moindres pressions qui s’exercent sur les abeilles et de ressources mellifères disponibles en quantité. 

Et ces insectes constituent une ressource alimentaire pour de nombreuses espèces d’oiseaux.

Nombre d’oiseaux sont de très bons auxiliaires de culture. Par exemple, l’étourneau sansonnet se nourrit des larves de tipules qui dégradent les greens et les mésanges peuvent se nourrir de chenilles processionnaires du pin, très urticantes.

Les conditions particulières qui règnent dans les mares (petites étendues d’eau, stagnante et peu profonde, naturelles ou aménagées par les humains) permettent le développement de plantes diversifiées – sur les berges, à la surface ou sous l’eau – et l’accueil de nombreuses espèces (crapauds, grenouilles, tritons) et d’insectes (libellules, demoiselles, coléoptères aquatiques, etc.). 
Les amphibiens, en se nourrissant essentiellement d’insectes (chenilles, vers blancs, taupins…) et de mollusques (limaces, escargots) sont d’excellents auxiliaires de culture.

Les bassins artificiels peuvent s'apparenter à une mare ou un étang et ainsi servir de refuge voire de site de reproduction à de nombreuses espèces végétales et animales. Les réseaux de fossés qui les alimentent servent également de voies de communication pour de nombreux petits animaux aquatiques comme les grenouilles et les tritons. Les berges en pentes douces favorisent la colonisation par la flore, formant des ceintures de végétation où des insectes comme les libellules réalisent leur métamorphose, où les oiseaux d’eau peuvent construire leur nid. La conservation d’une ceinture végétale autour des zones humides contribue par son action de filtration à préserver la qualité de l’eau et des habitats. Ce sont des territoires de chasse privilégiés pour les oiseaux et les chauves-souris. En France, 40 % des zones humides ont disparu en 50 ans. Les chauves-souris sont d’excellents chasseurs d’insectes et utilisent les zones boisées, les cavités des arbres ou certains bâtiments pour se reposer. Elles affectionnent particulièrement les milieux humides pour se nourrir.

Un arbre mort sur pied ou un tas de bois au sol peuvent abriter entre 1000 et 3000 espèces d’insectes décomposeurs qui se nourrissent de bois mort et participent à la décomposition de celui-ci. La décomposition du bois produit de l'humus qui enrichit les sols et permet le développement d'autres espèces végétales. Il fournit également des sites de nidification pour plusieurs espèces d’oiseaux comme le Pic épeicheet la Sittelle torchepot. Les tas de bois au sol permettent à de nombreuses espèces de passer l’hiver à l’abri, comme les amphibiens, les reptiles et de nombreux insectes comme les abeilles sauvages ou les bourdons. Et un cinquième des espèces forestières vivent aux dépens du bois mort : coléoptères, mousses, lichens et près de 85% des champignons

Les interstices des pierrers ou murets vont servir à la fois de refuge et de site de reproduction pour une multitude d’insectes et de lieu de chasse pour leurs nombreux prédateurs naturels (reptiles, hérissons, fouines, oiseaux…).

Les turricules résultant de l’activité des vers de terre sont indispensables à la bonne vie des sols, supports de nos gazons, en contribuant à leur aération, à leur fertilisation naturelle et au drainage des eaux par les galeries qu’ils creusent. Les périodes où ils sont le plus visibles se situent au printemps et à l’automne.