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La Petite Voix du Golfeur... vous la connaissez ? (cas n°7)

Celle qui, défaitiste, moqueuse ou médisante, s’adresse à vous au creux de l’oreille et dont vous n’arrivez pas à vous défaire ! Mais cette année, grâce à Patrice Amadieu, directeur du coaching de la ffgolf, elle va trouver à qui parler ! Au lieu de vous enfoncer, elle vous soufflera des éléments concrets et efficaces pour vous aider à progresser. 

Ne pas oublier le finish !

CAS N°7 : Où je découvre qu’une bonne montée n’exclut pas un bon finish !

La Petite Voix : « J’ai un vrai problème… J’ai tellement travaillé ma montée ces derniers temps, j’ai tellement voulu que ce soit parfait - tu vois, au niveau du timing : « cho…co-lat » ! ou bien « cho-co…lat »! Ou encore « cho...co…lat » ! – que maintenant, mon finish est minable ! Même pas minable, je ne finis plus mon geste DU-TOUT !!!

Patrice Amadieu : Tu ne traverse plus, c'est ça ?

La Petite Voix : Si tu veux, disons que je n’arrive plus à faire un swing complet, en effet…

Patrice Amadieu : Je vois, ça arrive... Là, il va falloir que tu changes ton fusil d'épaule. Que tu te détaches du travail que tu as fait sur ta montée, pour te dire : « Maintenant, mon objectif, c'est mon finish. »  J’ai connu un préparateur mental sur le circuit, il y a plusieurs années, Jos Vanstiphout, qui demandait aux joueurs avec lesquels il travaillait de se donner des notes sur 10, sur leur position au finish. Le joueur faisait un swing et disait : « Là, j'ai fait un 6 ». Et son coach mental surenchérissait: « Fais-moi un 8 maintenant… »

Progressivement, il amenait le golfeur à faire évoluer son geste par la pensée. Sa pensée lui permettait de développer son mouvement plus loin que la limite fixée naturellement par son corps. Mais ne t’inquiète pas, ça s'apprend, même quand tu n’es pas champion de golf !

Tu vois, Petite Voix, pour que ton joueur qui se débrouille comme il peut avec ce qu’il a, soit capable d’exécuter tout seul un geste parfait pour lui, et de l’intégrer suffisamment pour le reproduire, y compris sous la pression de l’enjeu, il faut qu’au practice, il soit vraiment capable de passer d'un truc à l'autre. D’un point d’amélioration à un autre sans trop s’attarder sur l’un ou l’autre. O.K, c'est bon de travailler son backswing et c’est tout à son honneur, ce n’est pas du tout un problème pour moi, mais simplement, il ne faut pas que tout d'un coup, il s’enferme dans son backswing. C’est ça que tu dois lui souffler, à ton golfeur…

La Petite Voix : Tu es drôle, toi ! C'est pourtant ce qui se produit tous les jours dans la vraie vie. Quand tu te focalises sur une chose, c’est dur de mettre autant d’énergie sur une autre, par un simple claquement de doigt !

Patrice Amadieu : Sauf si tu apprends à claquer tes doigts ! Je pense qu’on ne travaille pas assez le passage d'un état à un autre. Essaie : « Clac ! Je me concentre sur ma montée… » Clac-Clac ! Je me concentre sur mon finish…Clac ! Montée ; Clac-Clac ! Finish…

La Petite Voix : O.K, c’est pas mal, ça, je garde !

Patrice Amadieu : C'est là que les notions de « prépa » mentale sont intéressantes. Ce sont des petites habitudes à prendre, pour ouvrir toujours plus de champ à ce que tu fais techniquement. L’idée, c’est d’instiller un peu de ruse dans un exercice méthodique. Alors soit tu n’as pas beaucoup d’imagination, ou pas assez d’expérience et tu chopes les petites infos à droite à gauche, au besoin, tu les notes quelque part, soit, au contraire tu débo-o-o-ordes d’imagination, et tu essaies tes trucs à toi. Tu cherches, tu expérimentes, tu te fais ta petite cuisine mentale…Quitte à faire valider le résultat par ton pro.

La Petite Voix : C’est mieux, parce qu’on n’est jamais vraiment sûr de ce qu’on a fait. Regarde, moi, j’ai tendance à oublier que mon club est conçu pour donner à ma balle une certaine trajectoire sans que j’aie à tortiller mes poignets à la fin. Et bien, tu vas rire, mais sur certain coup, je le fais quand même. Comme si je n’avais pas assez confiance en mes clubs, comme si il fallait que j’en rajoute, tu comprends ?

Patrice Amadieu : Oui, bien sûr, que je comprends ! En fait, il y a deux choses à savoir. La première : ce qui fait que ta balle va aller haut, ce n'est pas l'ouverture de ta face de club, c'est la vitesse que la tête de club restitue au travers de la balle dans la traversée.

Or, la plupart des gens n'osent pas aller vite, et donc comme ils n'osent pas aller vite, à la fin, ils mettent un tout petit coup de vitesse avec les poignets. Souvent, ce n'est pas tant pour la mettre en l'air, c'est plus pour accélérer la tête de club.

Donc le premier truc à faire, c'est de faire aller vite ta tête de club au petit jeu. Plus ta tête de club ira vite, moins tu auras envie de la relever d’un geste du poignet à la fin. Ça, c'est fait !

Deuxième chose : L'expérimentation. Le meilleur exercice que je connaisse, c'est celui qui consiste à poser un (vieux) club par terre, orienté vers ta cible, placer un tee juste le long du club, ta balle dessus, et faire ton swing en laissant glisser ta tête de club tout le long du shaft posé par terre.

Et par la suite, en changeant de clubs, tu vas t’apercevoir que la balle effectue ses trajectoires en fonction de l’ouverture de la face de tes clubs, non pas grâce à des inclinaisons que tu donnerais à tes mains, poignets ou avant-bras –eux ils ne bougent pas : ils font glisser le club le long du shaft posé au sol – associé à  ta vitesse d’exécution.

L'apprentissage, c'est ce qui permet de prendre confiance en ce que tu fais, mais aussi en ce que tes clubs sont capables de faire quand tu es bien placé devant ta balle, que ton geste est bon et ton timing parfait.


Par Dominique Bonnot
4 mai 2017