Culture Ryder Cup : le bon format

Depuis 1927, la Ryder Cup a tâtonné pour trouver la formule de jeu à même de satisfaire les deux équipes et les télévisions diffuseurs de la compétition.

L'équipe américaine en 1963

Comme tout événement sportif ayant une longue histoire, la Ryder Cup n’est pas restée figée dans le marbre. Depuis sa création en 1927, cette compétition par équipes a beaucoup évolué et évoluera encore au gré des demandes ou exigences des uns et des autres. Elle peut aussi se modifier sous la pression des chaînes de télévision ayant acquis les droits. Ce n’est pas nouveau car, déjà en 1958, le PGA Championship, quatrième majeur de la saison, abandonna le match play pour le stroke play afin de contenter le diffuseur du tournoi !

Si certains points de règlement de la Ryder Cup restent intangibles comme l’alternance de chaque édition entre les deux continents, d’autres ont subi des modifications au fil du temps. Comme les formules de jeu ou le nombre de points distribués.

La Ryder Cup sur deux jours

Lors de la première édition disputée en 1927, aux États-Unis, le format est de quatre foursomes le vendredi et huit simples le samedi. La Ryder Cup se déroule alors sur deux jours, un format qui dure jusqu’en 1959. Mais de 1961 à 1979, une frénésie de changements bouleverse les habitudes. Cela débute en 1961 lorsque les deux camps s’accordent à abandonner les matches sur 36 trous. Pour compenser, on en fait disputer le double, mais toujours sur deux jours ! Ainsi, le vendredi est divisé en deux sessions de foursomes : une le matin, une autre l’après-midi. Pareil pour les simples du samedi. Aussi, on passe de 12 points distribués à 24. Logique.

Mais les Américains ne sont pas satisfaits. Ils préféreraient qu’on joue une journée de plus pour alléger le calendrier de l’épreuve et qu’on y ajoute des quatre balles, une formule très prisée des Yankees Boys. La PGA Britannique, dirigée par Lord Brabazon qui donnera son nom au parcours n°1 du Belfry, s’y oppose catégoriquement. Ce n’est que partie remise.

Les Américains obtiennent gain de cause à l’édition de 1963 à l’Atlanta Athletic Club (cf photo). Une double session de quatre balles est programmée, ce qui nécessite d’ajouter une journée supplémentaire de jeu. C’est une première. Désormais, le programme de la Ryder Cup qui se dispute désormais sur trois jours est composé de quatre foursomes et quatre balles les vendredi et samedi et de deux vagues de simples le dimanche pour 32 points distribués. Les joueurs sont encore plus sollicités puisque certains jouent six matches ! Comme Bernard Hunt du côté britannique ou Arnold Palmer du côté américain.

Formule gagnante en 1981

Cette configuration va durer jusqu’en 1977. Excédés de prendre des « volées », les Britanniques qui ont perdu 21 à 11 en 1975, imaginent qu’en supprimant des matches, on resserrera mathématiquement les écarts criants entre les deux équipes. Les deux camps se mettent d’accord pour un match qui ne comprend plus que 5 foursomes, 5 quatre balles et 10 simples en une seule session. On passe d’un coup de 32 points distribués à 20. Mais cela ne change rien au score final. Les États-Unis sont toujours largement devant.

En 1979, le changement est de taille puisque l’équipe des Britanniques est ouverte aux Continentaux. En même temps, on en profite pour faire deux sessions de six simples. Cette fois 28 points sont en jeu, c’est toujours le cas aujourd’hui. Enfin, en 1981, les simples ne se jouent plus qu’en une seule séquence de 12 matches. Depuis cette date, on n’ose plus toucher à une formule qui gagne et qui séduit les télévisions prêtes à mettre des fortunes sur la table pour diffuser un des événements sportifs les plus regardés au monde.  


Par Jean-François Bessey
21 novembre 2017