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Maïtena Alsuguren : « Les Europe nous ont permis de faire une liste large »

Pour la deuxième fois après 2016, la Directrice Technique Nationale adjointe du golf français sera à la tête de l’équipe européenne de la Junior Ryder Cup, qui sera disputée les 24 et 25 septembre sur le parcours de Disneyland Paris. Après les championnats d’Europe par équipes et à un mois de l’annonce de sa sélection, elle fait le point sur sa mission et ses objectifs.

Maïtena Alsuguren est capitaine de l'équipe européenne pour la deuxième fois. ffgolf

Capitaine de Ryder Cup, c’est un job presque unique au monde…
Je ne sais pas si c’est unique au sens où, chez les amateurs, il y a des équipes qui se constituent tous les ans en Europe : il y a le continent qui joue contre les Îles Britanniques, une équipe européenne qui joue contre l’Asie… Mais elles ne sont pas mixtes en revanche, c’est en cela que la Junior Ryder Cup est unique. Et la connotation Ryder apporte un caractère exceptionnel. Et puis le fait qu’elle se déroule en France, ça donne un piment, un côté exceptionnel à double titre

Est-ce que le fait qu’elle se joue en France peut également vous apporter une pression supplémentaire ?
Sincèrement, pour moi, non. Ça pourra être le cas s’il y a des Français sélectionnés dans l’équipe, car c’est toujours une forme de pression de faire bien le boulot, et de faire en sorte que la dynamique au sein de l’équipe se passe bien. Ce qui change, c’est qu’il y aura un public français qui aura les yeux rivés sur les deux épreuves. Lors de ma première expérience, il y a deux ans, la compétition était fermée au public. Là, elle va être ouverte, donc ça apportera, potentiellement, une pression supplémentaire.

Par rapport à cette précédente édition, est-ce que vous avez changé des choses dans la manière d’exercer votre capitanat ?
Pour le moment, c’est prématuré de dire ça. Forcément, il y a des choses que je vais faire de manière différente. Quand on vit une expérience pour la première fois, même si on a un staff autour, on découvre des choses. La notion d’anticipation est assez faible. Cette fois, par exemple, je vais bientôt me rendre sur le parcours, pour faire le tour, s’approprier un peu le lieu, ne pas être en terrain inconnu systématiquement. Et puis, malgré tout, il va falloir de l’adaptation, puisque ce sera une équipe de joueurs qui se connaissent plus ou moins entre eux. Ils arrivent directement le jeudi ou le vendredi, ils font les recos du parcours, et ils jouent le match. Donc l’action du capitaine, c’est de faire en sorte d’entretenir une bonne mayonnaise, et que les joueurs soient dans les meilleures conditions possibles, pour qu’ils produisent le niveau de jeu qui leur a permis d’être sélectionnés.

L'état de forme de nos meilleurs jeunes européens est bon.

Depuis le poste d’observation privilégié que vous occupez, comment jugez-vous l’état de forme du golf amateur mondial de haut niveau ?
Je trouve qu’il se porte très bien, puisque les joueurs au sommet de la hiérarchie transforment l’essai dans les rangs professionnels. On peut citer Jon Rahm, qui était il y a peu de temps premier au ranking mondial amateur, et on a vu ce qu’il a fait. Il y a une corrélation assez étroite entre leur classement amateur et leurs performances quand ils passent pro. Après forcément, il y a beaucoup d’Américains, de Britanniques et aussi de Suédois chez les garçons. Chez les filles, la seule différence qu’on pourrait faire par rapport au ranking pro, c’est qu’il y a moins de Coréennes.

Pour ce qui est des Européens plus spécialement, qu’avez-vous retenu des championnats d’Europe par équipes, la semaine dernière ?
L’état de forme de nos meilleurs jeunes Européens est bon. Les frères Hojgaard, du Danemark, sont notamment très en pointe. Les deux étaient dans le top 10 du championnat d’Europe individuel, une semaine avant le championnat par équipes. Après, il y a malgré tout un travail de sélection assez compliqué. Ce sont des joueurs et des joueuses qui, à part les championnats d’Europe et les British Boys et Girls, n’ont pas tous le même calendrier. Ce qui n’est pas du tout le cas des jeunes Américains. Il faut comparer des performances dans des situations comparables, en regardant le ranking mondial, les tournois où ils jouent ensemble, avec les vainqueurs du British Boys et Girls qualifiés automatiquement... C’est un exercice de style supplémentaire, c’est intéressant.

Les supporters européens peuvent donc être optimistes ?
De toute façon, on y va de manière enthousiaste, avec optimisme et excitation. Après, il faut aussi être lucide par rapport au niveau moyen des joueurs américains. Mais sur ce type de formule, en match play et avec des doubles, tout est possible.

Où en sont les chances de présence d’un Français dans l’équipe ?
Il y a des Français bien classés dans les rankings U18 mondiaux, et qui n’ont pas forcément fait les performances attendues lors des championnats d’Europe par équipes. Donc il faut vraiment attendre le British Boys et Girls, de manière générale, pour affiner la copie. La date de sélection finale et d’annonce des équipes, c’est le 20 août. Ces championnats d’Europe nous ont permis de faire une liste large, et nous allons l’affiner au fil des semaines qui viennent.

C'est un parcours de parc, à l'américaine, avec des grands bunkers et des greens bien dessinés

À quel point le fait que cette Junior Ryder Cup se dispute sur le parcours de Disneyland Paris est-il une opportunité pour promouvoir l’événement ?
C’est une superbe exposition pour l’épreuve, et pour les jeunes qui ne la connaissent pas, qui vont pouvoir la découvrir avec toutes les animations mises en place. Il y a quand même des futurs champions dans ces équipes. C’est l’occasion d’aller les observer de manière privilégiée, plus simple que quand ils jouent la grande Ryder Cup.

Qu’est-ce que le parcours en lui-même va exiger des joueurs ?
C’est un parcours de parc, un peu à l’américaine, avec de grands bunkers et des greens bien dessinés. Il y a des emplacements de drapeau derrière des bunkers, qui nécessitent de bien porter la balle. Ça dépendra aussi de la préparation. Pour les spectateurs, le spectacle sera immanquablement au rendez-vous, à la fois par le parcours mais aussi par la nature de l’épreuve, en opposition directe.

Si vous deviez être un personnage de Disney, ce serait qui ?
Dumbo. Ceux qui me connaissent souriront (rires).

Un mini golf géant à sensations !

Quelle est votre attraction préférée à Disneyland Paris ?
Space Mountain. Vitesse, sensations fortes, un peu de noir et de mystère : très bien.

Si vous deviez créer une attraction à Disneyland Paris, ce serait quoi ?
Un mini-golf géant à sensations, ou quelque-chose comme ça.

Avec quel personnage de Disney voudriez-vous partager une partie de golf ?
Je me souviens qu’il y a un dessin animé très drôle avec Dingo, qui prend des mesures sur un putt. Ça caricature un peu la prise de tête du golfeur sur les greens. Donc on va dire Dingo.


Par William LECOQ
19 juillet 2018