Dans la foulée de l'édition 2026 du FedEx Open de France, le président de la Fédération française de golf, Pascal Grizot, s'adresse aux golfeurs et aux golfeuses.
Chère licenciée, cher licencié,
Je ne suis pas de ceux qui partagent leurs états d'âme. Je préfère généralement parler de notre sport, de nos joueurs et de leurs performances plutôt que de ce que je ressens personnellement. Mais après cette édition du FedEx Open de France, j'avais envie de faire une exception et de vous dire à quel point je suis un président heureux, et pourquoi.
Mon quotidien à la tête de la Fédération n'est pas toujours un long fleuve tranquille. Il y a six ans, nous avons connu le Covid et il a fallu lutter sans relâche pour obtenir le déconfinement et permettre la réouverture de nos golfs.
Puis les épisodes de sécheresse, avec des attaques injustes de certains acteurs politiques qui ont jeté le golf en pâture, comme si nous étions responsables des pénuries d'eau dans notre pays.
Il y a eu également les attaques de certains partis politiques pendant la campagne européenne, puis deux rounds de négociations avec l'État pour continuer à utiliser environ 0,01 % des produits phytosanitaires consommés en France.
Ces combats font partie de notre mission : défendre les intérêts du golf français, trouver des solutions lorsqu'il rencontre des difficultés et créer les conditions qui lui permettent de continuer à avancer.
Je ne me plains pas. Christophe Muniesa ne me démentira pas. Ces défis, je les aime ! Pour les relever, j'ai besoin de ses compétences et de son engagement sans faille dans ses fonctions de directeur général.
Je n'aime pas être confronté aux problèmes, mais j'aime les résoudre. Et je ne m'arrête que lorsque j'ai trouvé une solution dans l'intérêt du golf français, pour nos clubs, pour vous les licenciés.
Au lendemain de cette édition du FedEx Open de France, je retrouve une sensation que j'avais déjà ressentie après la Ryder Cup 2018 : celle que l'on éprouve lorsque l'on mesure le chemin parcouru et que l'on voit tout ce qu'un collectif est capable d'accomplir.
Il faut pour cela se replacer quelques années en arrière.
Lorsque l'État nous a annoncé que la ligne 18, qui devait initialement contourner le Golf National, allait finalement le traverser, nous avons très vite compris qu'il était inutile de combattre cette décision.
Il fallait négocier avec les acteurs du Grand Paris pour préserver au mieux les intérêts de la Fédération et, derrière elle, ceux du golf français.
Sous la direction de Christophe Muniesa, Basile Lenoir et Pierre Picco, respectivement secrétaire général délégué et directeur financier de la ffgolf, ont réalisé un travail remarquable pour que nous soyons indemnisés des pertes d'exploitation et que soit financée la reconstruction des zones impactées : les trous 4 et 5 de l'Albatros, la zone de petit jeu du Centre national de performance, le parcours de l'Oiselet et le practice.
Puis il a fallu reconstruire.
Pendant 18 mois, les équipes du Golf National, sous la direction de Philippe Pilato, se sont mobilisées pour relever un challenge immense. Lucas Pierré et ses jardiniers ont réalisé un travail titanesque pour permettre à l'Albatros d'accueillir à nouveau le FedEx Open de France en septembre.
En amont, Édouard Brechignac, notre responsable Patrimoine immobilier et Transition énergétique, avait préparé les cahiers des charges, lancé les appels d'offres et veillé à obtenir les meilleures conditions. Il continuera de suivre la réalisation de l'ensemble de ces travaux.
Je veux également remercier Alejandro Reyes, notre consultant en agronomie, ainsi que toutes les entreprises qui nous ont accompagnés dans cette aventure et ont pris leur part dans cette réussite.
Ce fut une véritable course contre la montre, sans plan B compatible avec nos ambitions.
Mais derrière cette course contre la montre, l'enjeu dépassait largement la seule tenue de cette édition du FedEx Open de France.
Il s'agissait de redonner au golf français un Albatros à la hauteur de son histoire, capable de faire rayonner son sport en accueillant les plus grands rendez-vous internationaux et d'offrir à nos joueurs de haut niveau, comme à tous les golfeurs qui ont la chance de le jouer, un parcours de référence.
Nous avons donc terminé les travaux à temps. Leur qualité a permis de rassurer le DP World Tour et de garantir que le FedEx Open de France puisse retrouver le Golf National comme prévu.
Et quel plaisir de retrouver un grand Open de France !
Grâce au travail mené avec le DP World Tour, quatre joueurs du top 20 mondial – Matt Fitzpatrick, Tommy Fleetwood, Viktor Hovland et Ludvig Åberg – étaient au départ, accompagnés notamment de Cameron Smith, Thomas Detry, Ryan Gerard, Kristoffer Reitan, le tenant du titre Michael Kim et bien d'autres.
Notre open national avait souffert ces dernières années d'un champ de joueurs qui n'était plus toujours à la hauteur du plus ancien open national d'Europe continentale.
Cette année, nous avons retrouvé une partie du prestige des éditions où Ballesteros, Montgomerie, Faldo, Langer ou Olazábal venaient régulièrement jouer en France.
Pour le golf français, ce n'est pas anodin.
Nous regardons maintenant avec beaucoup d'intérêt les Signature Events européens annoncées depuis 2021 par le PGA Tour et le DP World Tour. Brian Rolapp, le nouveau commissioner du PGA Tour, a récemment indiqué que la France pourrait faire partie de cette prestigieuse série.
L'accueil de la Solheim Cup en 2034 ou 2038 constituerait également une formidable opportunité pour le golf français, que nous allons étudier avec le sérieux requis.
Ce serait une formidable reconnaissance pour notre pays et, plus largement, pour la place de la France dans le golf mondial que nous défendons avec énergie et vigueur.
Une autre marque de reconnaissance nous a particulièrement touchés cette année : l'attribution d'une place pour The Open Championship 2027 au joueur le mieux classé du FedEx Open de France non déjà qualifié par ailleurs.
Je tiens à remercier tout particulièrement le Royal & Ancient et son CEO, Mark Darbon, pour cette confiance. Au-delà de l'opportunité offerte à un joueur, cette invitation témoigne de la place que notre Open peut occuper sur la scène internationale.
Et puis il y a nos Français. Certes, nous n'avons pas remporté cette édition. Mais nous avons de nombreuses raisons de nous réjouir.
Vingt-six Bleus étaient au départ, un chiffre qui témoigne de la densité du golf masculin français.
Tom Vaillant et Matthieu Pavon terminent tous les deux troisièmes ex æquo. Julien Guerrier, 14e, confirme qu'il est actuellement notre Français le mieux classé à la Race to Dubai. Et avec Martin Couvra et Antoine Rozner, nous plaçons cinq de nos représentants dans le top 20.
Au-delà des classements, voir autant de joueurs français évoluer à ce niveau, devant leur public, est une formidable source de fierté pour notre golf, d'inspiration pour tous les jeunes qui rêvent un jour de suivre leurs traces et, je l'espère, source d'émotions pour vous.
Enfin, il y a eu le public. Vous. Une affluence exceptionnelle tout au long de la semaine, des spectateurs venus admirer les meilleurs joueurs du monde, mais aussi et surtout soutenir nos Français.
Le village, repositionné sur le parvis, a été très apprécié et a largement contribué à cette belle ambiance qui a régné au Golf National pendant toute la semaine.
C'est aussi pour cela qu'un grand Open de France est important. Parce qu'il ne se résume pas à quatre jours de compétition. Il doit donner envie de découvrir notre sport, rendre fiers ceux qui le pratiquent déjà, inspirer nos jeunes joueurs et contribuer au rayonnement de nos clubs et du golf français bien au-delà de nos frontières.
Alors oui, cette semaine, je me suis senti heureux.
Heureux de voir l'Albatros retrouver un grand rendez-vous international après deux années de travaux.
Heureux de voir nos joueurs français répondre présents et notre public se passionner à leurs côtés.
Mais surtout heureux de constater, une nouvelle fois, ce que le golf français est capable d'accomplir collectivement.
Car derrière cette réussite, il y a les femmes et les hommes de la Fédération et du Golf National, les équipes du DP World Tour, nos partenaires, les entreprises qui nous accompagnent et toutes celles et ceux qui ont travaillé pendant des mois pour rendre cette semaine possible.
Et puis il y a toute la communauté du golf français.
Les dirigeants et salariés de clubs, les enseignants, les jardiniers, les bénévoles et tous ceux qui font vivre notre sport quotidiennement partout en France.
Et bien sûr, il y a vous, licenciés, qui faites vivre le golf français chaque semaine sur nos parcours.
Cet Open est aussi le vôtre.
Parce que les grands événements que nous accueillons, les champions que nous accompagnons, les parcours que nous faisons rayonner et les combats que nous menons n'ont de sens que s'ils contribuent à faire grandir notre sport et à transmettre cette passion au plus grand nombre.
C'est sans doute cela, finalement, qui m'a rendu le plus heureux cette semaine.
Je voulais simplement le partager avec vous.
Merci à tous.
Et vive le golf !
Pascal Grizot,
Président de la Fédération française de golf