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Agathe Laisné : « Ça me donne vraiment envie de passer pro »

De passage en Europe en septembre et octobre, l'étudiante en dernière année à l'université du Texas a raflé deux trophées en trois départs sur le LET Access Series et pris la médaille de bronze au championnat d'Europe individuel amateur. Elle revient sur cette tournée d'automne riche en performances et en enseignements.

Agathe Laisné
La joueuse des Texas Longhorns envisage de tenter les cartes d'accès au LPGA Tour fin 2021. Letas
20-22
octobre
SANTANDER GOLF TOUR LAURO
LIEU : Lauro Golf, Espagne
CIRCUIT : LET Access Series

À quoi vos participations au Lacoste Ladies Open de France et aux trois derniers tournois de la saison sur le LET Access Series est-elle due ?
J'ai toujours voulu jouer l'open de France, mais jusqu'à cette année je n'avais jamais pu car ça tombait au moment de la rentrée universitaire (elle fréquente l'université du Texas, ndlr). Là, avec la situation sanitaire qui m'a faite rester en France un peu plus longtemps que prévu, l'occasion s'est présentée. J'ai bénéficié d'une invitation de la Fédération française de golf pour y participer, et c'était une très belle expérience. Pour ce qui est des tournois du Letas, j'ai également demandé des invitations, et on me les a accordées. Je cherchais juste à jouer en cette période automnale car il n'y avait quasiment pas de tournois amateurs dans le calendrier, donc pro ou amateur, il fallait que je joue.

Le Lacoste Ladies Open de France était votre premier tournoi du Ladies European Tour. Qu'avez-vous retiré de cette expérience ?
C'était très particulier, car en raison du Covid-19 on n'avait pas le droit aux caddies cette année. Chacune poussait son chariot, donc ça ressemblait beaucoup à ce que je connais en amateur. Il y avait très peu de public aussi, donc à mon avis ça ne ressemblait guère à un tournoi normal du circuit européen. Après, au niveau du jeu, j'ai constaté qu'il me manquait encore quelque chose pour bien figurer dans une épreuve de ce type (cut raté d'un coup, ndlr). Les proettes s'entraînent tous les jours, donc c'est normal qu'elles aient un meilleur niveau que les amateurs. J'ai quand même réussi à prendre mes marques assez facilement. J'étais toute seule pendant la semaine, c'est-à-dire sans staff ni caddie, mais c'est quelque chose qui ne me dérange pas. J'ai l'habitude de travailler à fond avant un tournoi sur mon swing et différents compartiments de mon jeu, pour arriver en tournoi sans avoir à me préoccuper d'autre chose que de jouer.

C'est d'ailleurs ce que vous avez fait la semaine suivante, au Lavaux Ladies Open sur le Letas, où vous l'emportez après avoir remonté sept coups de retard lors du dernier tour...
Je n'aime pas trop regarder les leaderboards pendant que je joue, donc je ne savais pas où j'en étais par rapport à la première (la Slovène Pia Babnik, ndlr). Je savais qu'elle jouait très bien puisqu'elle avait fait 63 la veille, donc je pensais être très loin de la tête et n'avoir aucune chance de gagner. J'ai juste fait de mon mieux lors de ce dernier tour. Ce qui m'a un peu aidé, c'est qu'il faisait très mauvais ce jour-là, et moi j'aime bien jouer dans des conditions difficiles, car en général je m'accroche plutôt bien alors que pas mal de filles « explosent ». C'est ce qui s'est passé, et je me suis retrouvé en play-off avec Pia et Agathe Sauzon. J'étais évidemment très contente de me retrouver dans ce play-off, et je me suis dit que j'avais toutes mes chances puisqu'elles n'avaient pas très bien joué en partie de tête. Je n'étais pas trop stressée, car je savais que je jouais très bien. J'ai gagné au deuxième trou, après les avoir vu manquer l'une et l'autre leur putt pour birdie. Je savais que j'avais un putt pour la gagne, et c'était un peu le même putt que celui que j'avais eu au 18 en régulation. J'étais un peu stressée sur la balle, j'avais les mains qui tremblaient un peu, mais je l'ai bien puttée. Quand je l'ai vue rentrer, c'était vraiment une bonne sensation ! On ne gagne pas souvent en golf, même si c'est ce que tout le monde recherche. Donc là, c'était vraiment jouissif !

Agathe Laisné

Vous avez failli récidiver lors du tournoi suivant en Espagne, où vous jouiez en dernière partie. Que s'est-il passé lors du dernier tour ?
J'étais hyper déçue de ne pas aller en play-off, car j'avais fait eagle et birdie au 18 lors des deux tours précédents, et le dernier jour je n'ai pu faire que le par... C'est vraiment dommage, car ce n'était pas un trou compliqué, on pouvait prendre le green avec le driver. Je pensais vraiment qu'Anaëlle Carnet allait gagner, car au départ du 18 elle avait un coup d'avance. Elle a loupé un tout petit peu à gauche, et elle a pris un très mauvais kick qui l'a envoyée sous les arbres, d'où elle a dû dropper avant de chipper. Elle a pris deux putts et fait bogey, ce qui a provoqué un play-off. Quant à moi, j'ai trop réfléchi à mon chip en attendant qu'elle droppe, et je n'ai pas réussi à jouer ce coup libérée. J'ai donc fait un très mauvais chip et j'ai manqué 6 m pour aller en play-off... C'était une grosse déception, vraiment, mais je pense que c'est ce qui m'a permis de gagner la semaine suivante, car j'avais vraiment « les crocs » ! Mais j'étais quand même contente de faire quatrième, car mon jeu avait été très bon tout au long de la semaine. D'ailleurs, sur ces trois tournois du Letas et les championnats d'Europe individuels en Slovénie qui se disputaient tous sur des tracés assez courts, j'ai à chaque fois bien joué car mon wedging et mon putting étaient performants.

Je sais maintenant que j'ai le niveau pour le Letas, mais je dois encore travailler pour atteindre celui du LET et, encore plus, celui du LPGA Tour.

Vous avez conclu votre automne en beauté en remportant la dernière épreuve du Letas en Espagne, dans des circonstances là encore assez inhabituelles...
C'était très curieux en effet... Il a fait très beau les deux premiers jours et on n'a pas eu de problèmes, mais le dernier il a plu sans discontinuer. Ils nous ont fait revenir au club-house quand j'étais au 7 car il y avait trop d'eau sur les greens, donc ils ont dû les éponger. On a attendu une heure, une heure et demie avant de revenir sur le parcours. Du 7 au 11, on a pu jouer normalement, mais au 12 le brouillard est arrivé et on ne pouvait pas taper le deuxième coup car on ne voyait pas le green... Ils ont donc rappelé tout le monde à l'intérieur, et après une grosse demi-heure d'attente, ils ont fini par annuler le dernier tour. C'était très particulier pour moi, car je jouais mal ce jour-là, mais je rentrais de partout et j'étais quand même dans le par après 11 trous. Je sentais cependant que ça commençait à aller mieux après le premier break, et comme j'aimais bien les trous de la fin, je pensais vraiment pouvoir aller chercher un ou deux birdies pour repasser en tête. Mais bon, l'occasion ne s'est pas présentée... Cette victoire était franchement bizarre, car il n'y a pas eu de putt pour gagner, donc la sensation était moins extraordinaire. Même si c'est toujours agréable de gagner !

Deux victoires, une quatrième place et que des cartes sous le par en trois tournois du Letas : vous attendiez-vous à une telle réussite dans ces quelques tournois joués en Europe ?
Non, pas du tout ! Rien que d'avoir la possibilité de jouer autant de tournois pro, c'était super, mais de là à en gagner deux... Je ne savais pas du tout quel était le niveau sur ce circuit, ni comment étaient les parcours, donc j'étais arrivée sans trop d'objectifs. Forcément, j'en suis repartie très heureuse, et pleine de confiance pour la suite. Je sais maintenant que j'ai le niveau pour le Letas, mais je dois encore travailler pour atteindre celui du LET et, encore plus, celui du LPGA Tour. En tous cas ça me donne vraiment envie de passer pro, ce qui devrait se faire en fin d'année prochaine après ma dernière année d'études. Enfin, si tout se passe normalement...

Quels sont vos plans pour les semaines et les mois à venir ?
Je n'avais pas prévu de rentrer tout de suite aux États-Unis, mais avec le deuxième confinement qui vient de tomber en France, je crois que je vais repartir sans trop tarder, car je ne vais pas pouvoir m'entraîner ici... Alors qu'à Austin, où se trouve ma fac, je peux m'entraîner sans problèmes. J'ai quelques détails à régler pour le visa, mais je serai sans doute mieux là-bas, à jouer au golf comme je veux, plutôt qu'ici. À plus long terme, c'est-à-dire une fois que j'aurais mon diplôme, l'idée est de tenter les cartes du LPGA Tour, probablement dans un an.


Par Alexandre MAZAS
1 novembre 2020