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Trophée Gounouilhou : le paradis sur Terre Blanche

Le club varois a remporté ce dimanche le premier Trophée Gounouilhou de son histoire, deux ans après sa première apparition dans l’épreuve. Les joueurs sudistes ont dominé Bussy-Guermantes, champion en titre, dans une finale qui a préservé très longtemps le suspense.

Distance sur le podium, mais joie à peine contenue pour les joueurs de Terre Blanche. Alexis Orloff et Frederic Stevens / ffgolf
30 sept.
4 oct.
CHAMPIONNAT DE FRANCE PAR ÉQUIPES MESSIEURS 1ÈRE DIVISION - TROPHÉE GOUNOUILHOU
LIEU : GOLF INTERNATIONAL DE LA BAULE, France
CATÉGORIE : Toutes catégories

Le résumé

Les conditions atmosphériques, en nette amélioration par rapport à la veille, y sont sans doute pour quelque chose : la finale de cette Gounouilhou 2020 n’a fait que tutoyer le caractère épique des demi-finales. Il demeure néanmoins une chose : elle a offert tout ce que l’on est en droit d’attendre d’une finale, avec du suspense, des retournements de situation, de la combativité de part et d’autre, et un beau vainqueur.

Après avoir dominé la qualification, avoir senti le vent du boulet en quart de finale contre le Médoc, s’être sorti d’une demi-finale contre Saint-Cloud aux allures de bourbier, Terre Blanche a remporté le premier titre de champion de France de son histoire. Les Varois ont remporté la finale qui les opposait au tenant du titre, Bussy-Guermantes, sur le score de 4,5 à 2,5.

Les foursomes : jeu égal

Tom Guéant et Paul Margolis, alignés pour la première fois en foursome, se sont imposés au 17.

Pour la première rencontre de cette Gounouilhou disputée en formule complète, les Buxangeorgiens pouvaient enfin mettre sur le terrain leur paire emblématique Aurélien DouceLucas Abrial, titrée l’an dernier au Trophée Royal Blackheath. Tous deux faisaient face à un attelage tout aussi redoutable, constitué de Paul Margolis et Tom Guéant. Un match à résumer en quatre lettres : yoyo.

Capitalisant sur quelques difficultés rencontrées par Aurélien Douce en début de partie au putting, les joueurs de Terre Blanche débouchaient 2 up après quatre trous. Un birdie rentré par le même Douce au 5 relançait Bussy, qui gagnait alors quatre trous consécutifs, pour inverser totalement le score. Nouveau renversement de vapeur entre le 11 et le 13, avec l’égalisation de Margolis et Guéant, ce dernier se payant le luxe de rentrer directement le chip pour eagle au 13. En gagnant le 14 et le 15, les Varois s’assuraient un matelas définitif, et s’imposaient finalement au 17, sur le score de 2&1.

Sur l’ensemble du deuxième foursome, au contraire, seule la paire de Bussy a été up. Cela n’a pas empêché un match serré. Christophe de Grancey et Nicolas Foschia ont pris l’avantage en début de partie, entre autres en profitant de quelques mises en jeu égarées de Camille Bordone. Mais de son côté, Carl Bertrand a gardé Terre Blanche à flot, tant et si bien que l’avantage n’était que d’un trou au départ du 17.

Moment visiblement choisi par Nicolas Foschia pour décocher un coup de fer qui venait se poser à deux mètres à peine du trou sur ce par 3. Coup de fer qui, au-delà de sa qualité intrinsèque, mettait Christophe de Grancey dans sa position préférée : tout près du trou, avec la victoire pour son équipe au bout du putter. Le résultat attendu est advenu : victoire de Bussy dans un cri rageur, 2&1, et égalisation avant les cinq simples de l’après-midi.

Les simples : Santa clôt

Tom Santa a rentré le putt décisif pour Terre Blanche face à Alexandre Liu.

Lors de la session de l’après-midi, les deux premiers simples ont assez vite choisi leur camp. Dès les premiers trous, Paul Margolis a pris l’avantage sur un Aurélien Douce souffrant d’une plaie entre l’index et le majeur de la main droite. Mené de quatre longueurs après sept trous, Douce s’est accroché, mais n’a pu éviter la défaite face à un Margolis ayant par ailleurs rentré trois birdies. Score final : 5&4.

Scénario similaire, mais pour l’autre camp dans le simple n°2. En gagnant les trois premiers trous, Christophe de Grancey a vite mis une pression conséquente sur Carl Bertrand. Pression qui est allée s’accroissant, avec des birdies au 9 et au 11, et au final une victoire 7&6.

La Gounouilhou allait plutôt choisir sa destination dans les trois matches suivants. Et même si, à plusieurs moments de l’après-midi, Terre Blanche est apparu en ballotage favorable, au moment où Tom Santa et Alexandre Liu dévalaient le fairway du 14, seul le premier avait la main. Derrière, les deux autres duels étaient square.

Après avoir été au moins 2 up depuis le 6, Tom Santa a concédé le trou 15, n’ayant pas pu se sortir d’une situation très délicate derrière un arbre, après la mise en jeu de ce par 4. Au 16 et au 17, une guerre des nerfs au putting l’a opposé à Alexandre Liu, sans qu’aucun des deux ne commette l’erreur qui aurait pu faire basculer la rencontre.

Car derrière, les choses ne se dénouaient pas pour autant, Lucas Abrial parvenant même à égaliser, dans le 4e simple face à Rodolphe de Heer, en gagnant le 14. Un premier tournant est survenu à cet instant-là, tout d’abord avec la mise en jeu loupée de Lucas Abrial sur le 15, qui débouchait sur la perte du trou, puis, dans la partie suivante, avec le trois-putts de Nicolas Foschia sur le 14, permettant à Tom Guéant de passer 3 up.

Foschia et Liu se sont alliés pour mener le dernier sursaut d’orgueil d’un champion ayant défendu dignement son trophée. Le premier a rentré un birdie loin d’être donné sur le 15, pour revenir 2 down. Dans le match entre Santa et Liu, ce dernier réalisait une sortie de bunker somptueuse, toute proche de rentrer pour un birdie synonyme de prolongation. Quelques secondes plus tard, Terre Blanche enfonçait définitivement le clou par deux ultimes coups de marteau : tout d’abord la victoire de Guéant sur un Nicolas Foschia égaré au drive du 16 ; puis une approche laissée à quelques centimètres du trou par Tom Santa, sur le 18, pour s’assurer le par. Au moment où le tout petit putt de ce dernier tombait dans le trou, Terre Blanche devenait champion de France.

Réactions

« Très fort en émotion, souffle Tom Santa. On avait déjà gagné la Lignel l’année dernière, mais là c’est encore plus fort. Tout le projet de Terre Blanche est derrière. J’étais très frustré d’avoir perdu mes deux matches en quart et en demie. Là je gagne le match qu’il faut gagner, mais on est une équipe très soudée avant tout. C’était l’objectif depuis plusieurs années à Terre Blanche. Dans les deux premières Gounouilhou, on s’est maintenus à chaque fois mais c’était difficile. On se sentait mieux cette année, avec Paul Margolis et Tom Guéant qui nous ont rejoints. On se sentait capables d’aller la chercher, c’est ce qu’on a fait. »

« Je ressens beaucoup de joie et de fierté, je suis le capitaine le plus heureux du monde, jubile Stephan Pollet, capitaine de Terre Blanche. Ils ont fait preuve d’une ténacité absolument dingue. Ce matin, les matches étaient mal engagés à peu près à mi-parcours. L’essentiel était de ne pas perdre les deux foursomes. Mon message, le midi, était de dire qu’il fallait commencer fort les matches, être up sur les premiers trous. Il y a eu énormément de solidité de la part de mes joueurs, je les considère vraiment comme des champions. »

« Beaucoup de déception, concède Nicolas Poirier, capitaine de Bussy-Guermantes. Mais aussi beaucoup de fierté : Aurélien Douce termine la partie blessé, alors qu’il ne pouvait presque plus tenir le club, nous avons un jeune qui vient d’arriver et qui faisait sa première Gounouilhou… On s’est battus tous les jours, Terre Blanche avait une très belle équipe, et comme dit l’adage, ils ont fait moins de coups que nous. Bravo à eux. »

Le chiffre

1Il s’agit du premier titre national pour Terre Blanche. Le tout à la troisième participation du golf varois.


Par William LECOQ
4 octobre 2020