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Trophée Gounouilhou : quatre quarts de folie

Dans une journée riche en scénarios rocambolesques, Terre Blanche, Saint-Cloud, Cannes-Mougins et Bussy-Guermantes se sont hissés dans le dernier carré. Les trois premiers n’ont vu la délivrance arriver que dans la prolongation du match décisif.

30 sept.
4 oct.
CHAMPIONNAT DE FRANCE PAR ÉQUIPES MESSIEURS 1ÈRE DIVISION - TROPHÉE GOUNOUILHOU
LIEU : GOLF INTERNATIONAL DE LA BAULE, France
CATÉGORIE : Toutes catégories

Le résumé

Incroyable, inouï, bouleversant… Les mots viennent vite en tête face à une journée comme celle-ci. La décision, prise avant même le lancement du tournoi, de réduire tous les quarts de finale à un foursome suivi de quatre simples n’a pas desservi la cause des amateurs de suspense. Le contraire paraît même vraisemblable.

Le résultat final est limpide : Terre Blanche, Saint-Cloud, Cannes-Mougins et Bussy-Guermantes sont les quatre qualifiés pour les demi-finales. Malgré cela, on a presque du mal à dire lequel est passé le plus près de l’élimination.

Terre Blanche a eu très très très… très chaud

Favoris logique au moment d’entamer leur quart de finale face au Golf du Médoc, les joueurs de Terre Blanche, vainqueurs de la qualification, ont vite compris qu’il leur faudrait batailler. Après être longtemps restés à touche-touche avec Thibault Frestel et Thomas Buisson, Camille Bordone et Carl Bertrand ont empoché le foursome de tête, 3&2. Mais derrière, la victoire, sur le même score, d’Hugo Esposito sur Paul Margolis, meilleur joueur de la phase de stroke play remettait totalement le Médoc dans la course.

Les succès de Marc Augé pour le Médoc (1 up) puis de Tom Guéant pour Terre Blanche (4&2) portant le score à 2 partout, tout se jouait alors dans le simple de tête entre Rodolphe de Heer et Sam Dumez. Ce dernier, 1 down au départ du 17, refaisait son retard sur ce par 3, puis décochait une belle fléchette sur son deuxième coup du 18. Mais son putt pour faire gagner les Girondins restait suspendu au bord du trou.

Les deux hommes se lançaient alors dans une prolongation où chacun trouvait alternativement un moyen de sauver sa peau. Le cas le plus spectaculaire impliquait Rodolphe de Heer au 21e trou : son approche topée frappait le drapeau à pleine vitesse, et s’immobilisait en bonne position. Même Sam Dumez n’a pas pu retenir un large sourire.

Cette rencontre dont il était dit qu’elle basculerait sur de menus détails s’achevait au 25e trou, Sam Dumez loupant cette fois un putt de moins d’un mètre.

« Je suis vraiment heureux de cette victoire, c’est seulement le deuxième match que je gagne en Gounouilhou, soufflait Rodolphe de Heer au sortir du green du 7. Après le 18, je me suis juste dit « prends les greens, fais deux putts, pour l’avoir à l’usure ». J’étais serein, je n’ai pas eu peur, mais ça m’aurait vraiment fait mal de perdre. »

Terre Blanche se qualifie ainsi pour sa toute première demi-finale de Gounouilhou. Destin incroyable pour le club varois, qui sauvait sa peau à domicile sur un 21e trou l’année passée, au lendemain d’avoir été écarté des quarts de finale pour un petit coup par… le Golf du Médoc.

Saint-Cloud évite de justesse le coup de Raray

Pour sa première Gounouilhou, Paulin Goument a hérité du match décisif.

Autre raison pour laquelle la Gounouilhou est (avec sa camarade la Golfers’) unique : le néophyte fait parfois de l’ombre au chêne centenaire. Au départ, ce vendredi matin sur le parcours rouge du Golf international Barrière de La Baule : Saint-Cloud, quatre victoires et quinze finales jouées, et Raray, première apparition dans la division reine.

Les verts clairs ont pris les devants grâce à Martin Piedelièvre et Hugo Mongalvy en foursome (4&3), puis Marin d’Harcourt dans le dernier simple (6&5). Mais la réaction de Raray a remis les choses d’équerre : face à un Maxence Mugnier qui avait joué -7 la veille, Damien Boyer signait un succès 3&2 dans le premier simple, avant qu’Adrien Bonnet ne dispose de Joachim Poivre d’Arvor, 1 up.

Dewi Merckx côté Raray et Paulin Goument côté Saint-Cloud se retrouvaient par la force des choses à disputer le point décisif. Le second avait mis toutes les chances de son côté, en étant trois up et trois trous à jouer. Mais le premier, cravate au col, attrapait presque le green du par 4 du 16 au drive (birdie et trou gagné), et rentrait un putt de 5 m au 17 (re-birdie et re-trou gagné). Au 18, le bogey de son adversaire envoyait le match au 19e trou.

Sur le par 3 du 1, c’était au tour de Merckx de louper le green, puis le putt de 3 m qui lui aurait permis de sauver le par. Paulin Goument, pour sa première Gounouilhou, ne tremblait pas et glissait le putt libérateur au fond du godet. « C’était du sport, sourit-il. La partie se passait pas trop mal, et il a tapé des très bons coups pour finir la partie. Il y avait beaucoup de pression sur le dernier putt, même avec 70 cm. Mais on est très heureux de passer et d’aller jouer cette demi-finale. »

Cannes-Mougins renverse Chantilly

Mathieu Montagne a apporté le troisième point à Cannes-Mougins.

Entre le 3e et le 6e de la phase de stroke play, l’opposition s’est résumée, là encore, à un match décisif refaisant un passage sur les premiers trous du tracé. Auparavant, Chantilly et Cannes-Mougins s’était neutralisés, les Picards enlevant le foursome par l’intermédiaire de Félix Godfrey et Roméo Guillard-Pichard 6&5, puis le deuxième simple du fait de Maxime Leclerc, 1 up. Les Azuréens ont égalisé, tout d’abord avec le succès de Toméo Tissot, vainqueur de Théo Boulet 2 up, puis avec celui de Quentin d’Ursel, 3&2 sur Thomas Steydle.

Le match décisif, donc, désignait cette fois Marius Cara et Mathieu Montagne comme décisionnaires en dernier recours. Le départage des deux hommes a attendu le 20e trou, où le Cantilien voyait sa mise en jeu filer au milieu des arbres sur la partie gauche de ce par 5. De son côté, Mathieu Montagne mettait à profit son drive plein fairway pour prendre le green en deux, et s’assurer un birdie derrière. Malgré un bon recentrage et un troisième coup de qualité, Marius Cara loupait le putt de 3 m qui lui aurait permis de poursuivre la rencontre.

« Ça fait très plaisir de s’imposer avec une équipe aussi jeune, et un joueur de 18 ans qui a vraiment tenu son rang dans le match décisif, livre Quentin d’Ursel. J’ai vu des joueurs de Chantilly qui avaient faim, donc je suis très fier de nos gamins. Je trouve qu’ils sont matures. J’ai eu la chance de gagner la Gounouilhou en 2011, et je trouve que c’est extraordinaire de gagner en équipe dans un sport individuel. »

Le champion en titre est toujours là

Ils l’avaient prouvé l’an dernier, en enlevant le premier titre national de leur histoire : en formule de match play, les joueurs de Bussy-Guermantes sont des durs à cuire. Et comme s’il existait encore des doutes à ce sujet, ils l’ont réaffirmé ce vendredi. Non sans se faire quelques chaleurs.

Prenant le parti de placer Romain Buttarazzi dans le foursome aux côtés de Frederick Requier, les joueurs de Nîmes Campagne engrangeaient le premier point, sur le score de 5&4. Deux autres matches ont choisi leur camp relativement vite, et donné des victoires à Carlos Hamou pour Nîmes Campagne, et Alexandre Liu pour Bussy, sur le même score de 3&2. Face à Nicolas Muller, Aurélien Douce s’est fait quelques frayeurs, notamment en perdant sa balle sur sa mise en jeu du 14, dans un arbre que le vent avait hélas déraciné la nuit précédente. Mais il a ramené Bussy à flot, par sa victoire 2&1.

Cela ne faisait que confirmer le ressenti qui habitait Christophe de Grancey depuis la mi-parcours ; son match face à Thibault Vergnet serait décisif. Après la perte du 16, l’avantage de l’aîné de l’équipe de Bussy était repassé à un trou. Mais des pars sur les deux derniers trous lui permettaient de le garder jusqu’au bout.

« En formule réduite, on ne savait pas trop à quoi s’attendre, souligne Christophe de Grancey. Les conditions ont rendu le match dur, et mon adversaire a vraiment bien joué, on s’est rendu coup pour coup. On y croit, on se dit qu’on peut le faire, on l’a déjà fait l’année dernière. On verra demain. »

La suite

Demain, c’est-à-dire samedi, verra se disputer les demi-finales, où Terre Blanche défiera Saint-Cloud, et Cannes-Mougins, Bussy-Guermantes. Face à la probabilité d’une nouvelle journée délicate niveau conditions climatiques, la décision a été prise en fin de journée de vendredi de les disputer également en formule réduite, avec un foursome et quatre simples.

Le post social

Les meilleurs coups de la qualification sont à voir par ici :


Par William LECOQ
2 octobre 2020