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The Amateur Championship : Les Langasque, Mus et Larvaron derrière Romain

Qualifié après une demi-finale remportée au 19e trou face à l’Ecossais Jack McDonald, le Cabrienc reçut en 2015 le soutien de ses parents et amis venus assister à la finale contre l’Ecossais Grant Forrest disputée sur le parcours de Carnoustie. 

Romain Langasque est entouré de son père, sa mère et de tous ses amis présents à Carnoustie. Crédit / Gérard Rancurel
13-18
juin
THE AMATEUR CHAMPIONSHIP
LIEU : Royal Lytham & St Annes, Écosse
CATÉGORIE : Toutes catégories

« Rendez-vous demain matin à 7 heures à l’aéroport de Cannes Mandelieu », informa Marc Langasque. Peu de temps après la qualification de son fils pour la finale du British Amateur 2015, il avait passé quelques coups de téléphone pour trouver un vol à destination d’Edimbourg. En vain. « Après sa victoire en demie, je lui avais demandé si ça le dérangerait ou non que nous venions le voir, précise Marc Langasque. Il m’avait répondu : « Ça me ferait plaisir et ce serait top. » Mais, j’avais enchaîné en lui disant de ne pas trop rêver car, pour l’heure, ça paraissait impossible. « J’ai appelé Florence, la mère de Romain, Philippe (Larvaron, son premier entraîneur) pour les informer de mon intention d’aller en Ecosse et s’ils étaient d’accord pour m’accompagner. Ils ont accepté tout de suite. Et “Phiphi“ m’a proposé d’en parler à son père (Bernard Larvaron, ancien préfet de l’Eure et de l’Aube puis directeur des stage à l’ENA). Une aide précieuse pour alléger la facture.»«Il a dit oui immédiatement, affirme Philippe Larvaron. Car, moi, j’étais prêt à m’envoler pour Londres, louer une voiture et rouler toute la nuit pour voir Romain. Il était impensable de rater la finale. » 

Marc Langasque se tourna alors vers la Société Let’s Fly : « Julie et Cédric ont résolu mon problème en me suggérant un vol privé Cannes - Dundee, situé à trente minutes en voiture de Carnoustie. J’ai dit banco. » Le lendemain, après deux heures et trente minutes de vol, les familles Langasque, Mus et les Larvaron père, fils et petits-fils, débarquaient sur le tarmac de l’aéroport de Dundee, situé à une centaine de kilomètres au Nord d’Edimbourg. Les formalités douanières rapidement exécutées, ils sautèrent dans des taxis pour rallier Carnoustie avec pour consignes de se montrer discrets afin de ne pas perturber Romain : « Je n’avais jamais été très présent à ses côtés dans les tournois, reconnaît Marc Langasque. D’ailleurs, certaines personnes me l’avaient reproché. Mais, j’avais mes raisons. En 2012, je m’étais rendu à La Boulie pour le suivre dans sa finale du championnat de France contre Thomas Elissalde. En mon absence, il avait pris l’avantage et en ma présence, il avait perdu. Je ne voulais pas que ça se reproduise. »

Une émotion inoubliable en famille

Romain Langasque en larmes dans les bras de Philippe Larvaron, son premier entraîneur.

À leur arrivée sur le parcours écossais, Marc et Stéphanie Langasque, Florence Mus et Frédéric Mey, et les Larvaron se mêlèrent aux spectateurs parmi lesquels figuraient déjà Pierre Bechmann, François Illouz, Benoît Ducoulombier, l’entraîneur de Romain, et Adrien Mork, responsable du groupe France à l’occasion de ce tournoi. « Dans mon souvenir, tout est allé super vite, à 200 km/h, déclare Philippe Larvaron. J’ai toujours été serein car je n’ai jamais senti son adversaire en mesure de l’inquiéter. Romain était tout en maîtrise, bien dans sa partie. » « J’ai souvent tremblé quand je le voyais en difficulté mais, pas cette fois-là, poursuit Marc Langasque. Il a dominé tout au long de la finale. Il a commis quelques petites erreurs mais, elles furent sans grande conséquence. Ça m’a aidé à gérer mes émotions. » Distançant (7 up) Grant Forrest au début du second parcours, Romain Langasque a vu revenir l’Ecossais à 3 down : « Oui, mais, à ce niveau-là, une telle différence est énorme, affirme Philippe Larvaron. Ma sérénité est demeurée intacte. » 

En s’adjugeant le par 3 du 16, le Cabrienc a mis un terme à la finale et il est devenu le troisième Français à inscrire son nom au palmarès du British Amateur après Philippe Ploujoux en 1981 et Julien Guerrier en 2006 : « Quand il m’est tombé dans les bras, une immense émotion m’a saisi, confie Philippe Larvaron. En 1997, j’avais créé pour lui, avec Frédéric Anger, le baby golf. Il était âgé de deux ans et quelques mois. D’autres comme Alexandre Fuchs ou Tom Vaillant ont fréquenté cette structure après lui. Jamais, je n’aurais imaginé que Romain remporterait le British Amateur même s’il était très doué. Cette victoire lui a ouvert de nombreuses portes, celles du British Open 2015 et du Masters 2016, deux tournois majeurs dans lesquels il a passé le cut. Il s’est fait connaître ce qui l’a aidé à trouver des sponsors. Romain est quelqu’un de simple, de cool et les gens l’apprécient. Il est resté lui-même. Pour ma part, cette victoire a changé ma vie. J’ai bénéficié d’une belle reconnaissance alors que mon enseignement est resté identique. Et ça continue encore aujourd’hui. »

Le retour précipité à l’aéroport de Dundee

Marc Langasque plongé dans la lecture des noms des vainqueurs gravés sur le socle de la coupe.

« C’était un peu notre coupe du monde 98 à nous, ajoute Marc Langasque. Ce fut un grand moment de bonheur. Nous avions tous les larmes aux yeux. » « Pour moi, cette victoire fut inattendue car Romain n’était pas au meilleur de sa forme depuis quelques semaines, indique Florence Mus, sa mère. Les résultats n’étaient pas au rendez-vous. Et pourtant, il a remporté le plus prestigieux des tournois amateurs. Un succès gravé à jamais dans l’histoire du golf français. J’en suis très fière mais, je le suis encore davantage qu’il soit resté le jeune homme qu’il a toujours été. Il sait d’où il vient et ne l’oublie pas. Il a financé des opérations pendant la pandémie dans la plus grande discrétion. Il aide aussi “Phiphi“ pour ses tournois en Afrique. » Alors que Grant Forrest entamait sa remontée au score, Marc Langasque reçut un appel du commandant du jet l’informant que l’aéroport de Dundee fermait ses pistes à 16h30 et qu’il fallait décoller avant sous peine de rester cloués au sol. Mais, à cette heure-là, la finale avait peu de chance d’être terminée. Le père de Romain dut négocier un délai de quelques dizaines de minutes afin d’assister au triomphe de son fils. À peine le temps de prendre quelques photos souvenirs et de trinquer avec lui, les Langasque, Mus et Larvaron se précipitèrent dans trois taxis pour regagner l’aéroport et monter dans l’avion prêt à décoller : « Moi qui n’avais jamais pris un jet de ma vie, ce fut fabuleux, confie Marc Langasque. Quand j’y repense, quelle journée ! Au-delà des difficultés, des échecs, cette victoire a récompensé le travail accompli par Romain. Comme celle sur le Challenge Tour à l’Hopps Open de Provence en 2018 Mais, la route est encore longue pour se hisser au niveau ultime, le PGA Tour. » 

Dans le vol retour le ramenant à Cannes Mandelieu, Marc Langasque décida d’aller soutenir son fils à St Andrews à l’occasion du British Open. Il évoqua avec ses proches et Philippe Larvaron leur présence au Masters d’Augusta en avril 2016 où, là encore, ils vécurent une merveilleuse aventure sur les terres de Bobby Jones.


Par Gérard RANCUREL
13 juin 2022