On s’est toujours demandé ce qu’un golfeur du Tour européen emportait dans sa valise lorsqu’il s’envolait pour plusieurs semaines consécutives de compétition. Romain Langasque, 232 tournois au compteur, a gentiment déballé pour nous sa garde-robe.

© ChatGPT / IA

Rentré d’Andorre vendredi dernier, passé par l’Italie, dans le Piémont, où la météo n’a pas toujours été au rendez-vous, Romain Langasque a repris l’entraînement sur la Côte-d’Azur depuis ce lundi 16 mars afin de préparer au mieux son retour à la compétition programmé le 26 mars au Hero Indian Open. Le moment était donc tout trouvé pour savoir ce qu’un professionnel de golf glisse habituellement dans sa valise quand il part loin de chez lui, et ce pour une période allant de trois à quatre semaines consécutives.

Que trouve-t-on dans votre valise quand vous voyagez loin ?  
En général, je prends une dizaine de polos, quatre à cinq pantalons, deux à trois shorts, les ceintures qui vont avec, les caleçons, les chaussettes… Voilà pour ce qui est du basique. J’ai environ deux à trois tenues de sport, idem pour les tenues de ville. Et quand on part plus de quinze jours, je fais des lessives au sein de l’hôtel où je me trouve. Si on loue des maisons, on lave nos vêtements nous-mêmes. Sinon, on passe par l’hôtel. C’est assez cher, mais c’est ce qu'il y a de plus facile. Au-delà de ça, il y a évidemment ma trousse de toilettes. J’emmène aussi toujours de la mélatonine. C’est ce qui me permet, surtout dans les longs voyages, de m’adapter assez rapidement, au bout de deux ou trois jours, aux décalages horaires. Cela m’aide aussi à mieux dormir dans les avions. Ah et puis, pour info, je n’ai pas vraiment de porte-bonheur dans ma valise.

Pas de bagage cabine avec vous ?
Si, bien sûr. J’y glisse d’ailleurs mon Trackman. Il voyage toujours avec moi. En revanche, je ne voyage pas avec une Switch (Ndlr, une console de jeu) car je n’ai jamais joué à ces choses-là (rires). Ce n’est pas le cas de tous les joueurs…

Quel est l’objet que vous n’oubliez jamais de placer dans votre valise ?
Les polos, je dirais. C’est le plus important, car ils sont logotés. On va donc dire les polos et les pulls avec les différents sponsors. Ce sera toujours ma priorité. J’oublie rarement des choses car j’ai une maman qui m’aide à ne rien oublier. Même si c’est moi qui fais ma valise (rires). Elle supervise tout ça. Je crois avoir fait le tour. Ah si, il y a aussi une paire de baskets, une paire de chaussures de ville, et deux paires de chaussures de golf. 

Avez-vous le souvenir d’avoir un jour oublié quelque chose d'essentiel ?
Cela m’est arrivé d’oublier mes chaussures de sport. J’ai été d’ailleurs m’en acheter en arrivant à destination. Mais sinon, comme ça, de tête, je n’ai pas le souvenir d’avoir oublié quelque chose d’important.

Malgré tout cela, êtes-vous passé par le pro-shop sur un tournoi pour compléter votre garde -robe ?
Oui. Au Danemark, quand j’avais fini troisième (Ndlr, le 26 mai 2019). Il faisait un froid de canard, et je n’avais pas de sous-pull. J’étais parti au pro-shop m’en prendre un. Et ça m’avait bien dépanné. J’ai aussi acheté d’autres articles dans différents pro-shops, mais là moins par oubli. Juste parce que l’article me plaisait, qu’il était beau… Pour un souvenir, quoi.

On se débrouille alors avec les affaires qu’on a sur soi ou on demande de l’aide auprès des copains. Et puis sinon, on part acheter des fringues.

Savez-vous combien pèse votre valise pour chaque déplacement ?
Une grosse valise, c’est aux alentours de 20 kilos. Mais sinon, on tourne autour de 15 à 17, 18 kilos. Je n’ai jamais eu à payer un supplément pour ma valise. En revanche, pour mon sac de golf, cela m’est arrivé.

Justement, voyager avec son sac de golf, cela peut parfois tourner au cauchemar pour les pros. Vous est-il arrivé de ne pas pouvoir le récupérer une fois descendu de l’avion ?
Je croise les doigts, mais cela ne m’est plus arrivé depuis un petit moment… Une année, ça m’est arrivé trois fois ! C’est pénible car c’est quelque chose que l’on ne contrôle pas. Il m’est également arrivé de ne pas pouvoir récupérer ma valise, qui était égarée dans un autre aéroport, dans un autre pays. On se débrouille alors avec les affaires qu’on a sur soi ou on demande de l’aide aux copains (rires). Et puis sinon, on part acheter des fringues (rires). C’est récemment arrivé à mon caddie quand on a quitté le Kenya pour rejoindre l’Afrique du Sud. On lui a prêté des affaires le temps qu’il réceptionne sa valise.

Que peut-on trouver dans votre sac de golf, au-delà de votre série de clubs ?
Les balles - trois douzaines -, les casquettes et les gants, au nombre de cinq... On les récupère à chaque fois dans notre casier sur le tournoi grâce à nos équipementiers. Mais sinon, on y trouve les chaussures, les affaires de pluie, que l’on peut pourtant très vite oublier. Une paire de moufles également. J’ai toujours ma jumelle avec moi. Ce sont des choses que l’on sort quand on rentre à la maison et que l’on peut facilement oublier quand on doit repartir.

Cela arrive-t-il que votre sponsor textile vous envoie des produits en amont du tournoi ou même pendant le tournoi ?
C’est une très bonne question. Je suis sous contrat avec Puma. Et sur tous les Majeurs, on a une collection dédiée, que ce soit le pantalon ou le polo. Tout ça est prêt à être utilisé quand vous ouvrez votre locker (casier) au vestiaire à votre arrivée le mardi. Au-delà de ça, en Europe, on n’a pas de collection particulière. J’ai vu que Cobra avait confectionné un sac pour le Players Championship mais ça, c’est vraiment sur les gros tournois et sur le PGA Tour.

Un budget de 150 000 euros pour la saison

Revenons sur la question de la valise. Comment ça se passe le dernier jour d’une compétition ? Placez-vous vos bagages à la conciergerie ? Retournez-vous à votre hôtel ?
Habituellement, on installe nos valises dans le locker, sur le tournoi. Et ensuite, on part à l’aéroport pour une nouvelle destination. Soit le dimanche soir, soit le lundi matin. Les navettes du tournoi nous amènent directement jusqu’à l’aéroport. C’est assez simple et très bien organisé. Quand on manque le cut le vendredi, on peut rentrer à la maison tout de suite, surtout quand on se trouve en Europe. Je sais que Martin (Couvra) et Ugo (Coussaud), quand ils ont raté le cut au dernier tournoi (Ndlr le, Joburg Open), n’ont pas changé leur billet d’avion. C’est souvent une question de disponibilité des places et surtout de prix. En général, les hôtels sont payés pour la semaine, on ne peut donc pas se faire rembourser le week-end.

Est-ce vous qui gérez vos réservations d’avions ou votre voiture de location ? Et vous accordez-vous parfois des petits plaisirs en vous surclassant, par exemple ?
Sur les longs voyages, j’essaie de voyager en business class. Là, j’avais prévu de partir en Inde en passant par Dubaï. Compte tenu de la situation dans le Moyen-Orient en ce moment, j’ai dû racheter un autre vol et celui-ci valait 7000 euros en business. Je me suis donc replié en classe éco premium… Pour tout ce qui est des réservations, ma maman et mon équipe de management peuvent m’aider, mais pour ce qui est de l’hôtel, je m’en occupe le plus souvent via un mail. On a sur le Tour européen un service de qualité qui nous permet de ne pas nous soucier de quoi que ce soit. On envoie juste un mail pour signaler le jour de notre arrivée et le jour de notre départ, et ils s’occupent de tout. 

Basile Dalberto, caddie de Quentin Debove, nous avait avoué qu’une saison sur le Tour lui coûtait entre 40 000 à 50 000 euros. Pour vous, on imagine que c’est bien plus, non ?
Tout à fait. Entre le caddie, les avions, les hôtels, etc., je dirais qu’il faut un budget de 150 000 euros. Quand on veut faire les choses bien. C’est-à-dire en y englobant les longs voyages en business. Sinon, je dirais entre 80 000 et 100 000 euros…

Le calendrier à venir de Romain Langasque

Après le Hero Indian Open (26-29 mars), le vainqueur de l’ISPS Handa Wales Open 2020 s’accordera trois semaines de repos avant d’enchaîner avec le Volvo China Open (23-26 avril), la Turquie (30 avril-3 mai), l’Espagne, du côté de Barcelone (7-10 mai), la Belgique (21-24 mai) et l’Autriche (28-31 mai). Il tentera également la qualification pour l’U.S. Open prévue à Walton Heath (Angleterre) le lundi 18 mai, sur 36 trous.