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Paul Barjon, objectif PGA Tour…

Numéro 1 sur le Mackenzie Tour en 2019, le Néo-Calédonien bénéficie d’un droit de jeu complet sur le Korn Ferry Tour, l’antichambre du PGA Tour, étape finale avouée par l’ancien étudiant de TCU qui pourra compter sur une aide financière de la FFG.

Paul Barjon jouera les deux premiers tours en Colombie avec le Sud-Africain Dawie Van der Walt et l'Américain Braden Thornberry Ryan Young / PGA Tour
06-09
février
COUNTRY CLUB DE BOGOTA CHAMPIONSHIP
LIEU : Country Club de Bogota-Lagos, Colombie
CIRCUIT : Korn Ferry Tour

A l’autre bout du téléphone, il est exactement 7h30 du matin. 13h30 en France. Cela fait déjà plus d’une heure que Paul Barjon est réveillé. « J’ai chopé un rhume et je suis allé me coucher tôt », souffle le Néo-Calédonien, présent cette semaine à Bogota (Colombie) pour y disputer le Country Club de Bogota Championship (700 000 dollars de dotation), quatrième étape du Korn Ferry Tour 2020 lancé le 12 janvier dernier aux Bahamas.

2 640 mètres au-dessus du niveau de la mer

Arrivé tard dimanche dans la soirée directement de Panama, l’ancien étudiant de TCU (Texas Christian University) aujourd’hui âgé de 27 ans a consciencieusement préparé son rendez-vous colombien en reconnaissant lundi et mardi (à chaque fois dix-huit trous) les parcours qui accueillent les deux premiers tours du tournoi, le Lagos et le Pacos. Deux jours – mercredi, c’est jour de pro-am et donc les tracés sont occupés – qui ont été largement utilisés pour appréhender au mieux les éléments. Il fait chaud à Bogota et l’altitude n’arrange rien. La capitale colombienne est en effet située à 2 640 mètres au-dessus du niveau de la mer.

« Le plus difficile à gérer ici, c’est le vol de balle, confirme Paul Barjon. On fait beaucoup de distance. 15 % de plus que d’habitude. En termes de choix de clubs, ce n’est donc pas évident. Quand on se trouve à 180 mètres de la cible et qu’il faut jouer un fer 9 ou un fer 8, c’est un peu déstabilisant. Autour des greens, c’est assez difficile. L’objectif sera surtout de prendre le plus de greens et trouver de la profondeur. Dès que vous êtes long ici, c’est mort. Il faut toujours jouer plus court des drapeaux et des greens, car ceux-ci penchent du fond vers l’entrée. On le sait, des coups en montée, c’est plus facile à négocier… » 

Un jeu un peu rouillé

Le début de saison a été plutôt chaotique pour celui qui vit à l’année au Texas, à Fort-Worth. Au Bahamas Great Exuma Classic (12-15 janvier), il n’a pu récupérer son sac que la veille du départ, celui-ci s’étant perdu à l’enregistrement. Résultat ? Cut manqué ! En raison d’un décès dans la famille de sa femme, il n’a pas pris part au Bahamas Great Abaco Classic (19-22 janvier) et il n’est arrivé que le mardi soir à Panama (Panama Championship du 30 janvier au 2 février).

« Je n’ai fait que neuf trous de reconnaissance le mercredi, ajoute-t-il. Bref, ce n’est pas la préparation idéale. J’ai loupé le cut de deux points. Je n’ai pas été très loin du compte, malgré un putting pas franchement solide. Le jeu est un peu rouillé. Je n’avais pas joué de vrai tournoi sur quatre tours depuis mi-septembre. Ce n’est pas évident de se remettre dans le bain. »

Vingt-huit tours d'affilée sous le par

Paul Barjon sort d’une année 2019 faste. Engagé sur le Mackenzie Tour Canada, la troisième division américaine, il a réussi une saison parfaite, l’emportant à deux reprises et en finissant huit fois dans le top 10. Le tout en douze départs, alignant pour la petite histoire vingt-huit tours consécutifs sous le par. En prenant la première place finale de l’ordre du mérite, il s’est surtout offert un droit de jeu complet sur le Korn Ferry Tour (ex-Web.com Tour). Contrairement à sa première expérience malheureuse en 2017 (vingt tournois joués, seize cuts manqués), il va pouvoir élaborer tranquillement son calendrier.

« Je pense que je vais jouer assez souvent en ce début de saison, avoue-t-il calmement. Il y a un premier break entre la Floride (13-16 février) et le Mexique (27 février-1er mars) puis un second de deux semaines avant la Louisiane (19-22 mars). Etre fatigué ? C’est sûr mais on l’est beaucoup quand on fait le cut et qu’on commence à jouer pour la gagne. C’est aussi éprouvant mentalement. Le plus important sera d’être prêt pour le printemps et l’été car à partir du 23 avril, ça ne s’arrête plus jusqu’au 28 juin… On reprend ensuite le 9 juillet jusqu’au terme, le 30 août. »
Avant de poursuivre :
« L’an passé, j’ai été très régulier car j’ai su le plus souvent possible rester patient sur le parcours. Là, aux Bahamas puis à Panama, je l’ai été beaucoup moins… Pour 2020, je vais me focaliser là-dessus. »

Ryder Cup, Jeux olympiques...

Il pourra aussi compter sur la présence à ses côtés d’un autre golfeur tricolore, Cyril Bouniol. Quatrième du PGA Tour China, le Tarbais a lui aussi validé un droit de jeu sur le Korn Ferry. « On habite à un quart d’heure l’un de l’autre à Fort Worth, précise Barjon. C’est un gros plus de l’avoir avec moi, d’aller dîner une ou deux fois par semaine ensemble. On se fait des potes sur le Tour, mais on voit que les mecs voyagent souvent avec des copains de l’endroit où ils sont nés. Cyril a fait le cut à Panama. Après le premier re-ranking, il va pouvoir jouer pratiquement tous les tournois. C’est top. »

Tous deux vont également bénéficier d’une aide financière de la Fédération française de golf (FFG) dont le but est d’amener au moins l’un des deux sur le PGA Tour à court terme.
« La FFG va nous aider pour les déplacements, les caddies, les entraîneurs, conclut-il. Quand on voit les golfeurs américains, qui peuvent avoir un partenariat avec des entreprises locales, pour nous Français c’est plus difficile car on est arrivés il y a moins de dix ans. C’est délicat de se vendre aussi bien que si j’avais grandi aux USA… C’est super de leur part de nous donner un coup de main. Notre rêve à Cyril et à moi étant bien sûr d’évoluer sur le PGA Tour ! C’est l’objectif principal. Gravir les échelons, garder sa carte, gagner et puis pourquoi pas un jour participer à la Ryder Cup ou aux Jeux olympiques. C’est l’objectif qu’on se fixe tous… »


Par Lionel VELLA
5 février 2020