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Coupe Gounouilhou : le deuxième sacre de Biarritz

Vainqueurs de la qualification, les Biarrots ont réalisé le doublé en remportant pour la deuxième fois de leur histoire le championnat de France par équipes de 1ere division, vingt-trois ans après leur premier titre à Limère.

27 avr.
1 mai
CHAMPIONNAT DE FRANCE PAR ÉQUIPES MESSIEURS 1ÈRE DIVISION - TROPHÉE GOUNOUILHOU
LIEU : Prieure, France
CATÉGORIE : Toutes catégories

Souvent favori, toujours bien placé à l’issue des deux tours de qualification, finaliste en 1991 au Prieuré et en 2011 à Moliets, le club de Biarritz Le Phare voyait le titre lui échapper depuis vingt-trois ans.

De retour sur le golf du Prieuré, les Biarrots ont accompli une semaine extraordinaire et pleine d’émotions très heureuses mais, parfois nerveusement usantes.

Pour pouvoir disputer sa dernière coupe Gounouilhou, Nicolas Platret avait remué ciel et terre dans sa faculté de Louisville afin d’obtenir l’autorisation de ses professeurs de rejoindre ses partenaires au Prieuré. Il y a trois semaines encore, rien n’était acquis. Il a réussi à les convaincre de le laisser partir.

L’histoire du club basque retiendra qu’il a apporté le point victorieux au terme d’une finale très accrochée et passionnante contre Chantilly, le tenant du titre : «Cette Gounouilhou me tenait vraiment à cœur, déclare-t-il encore sous le choc. Mais, que ce fut dur contre Marius (Cara). Je n’ai pas réussi à entrer dans la partie que je n’ai jamais menée. Heureusement, mon coup de fer en draw au 16 m’a bien relancé. J’ai raté le putt pour le birdie mais, cette attaque de green m’a fait du bien moralement. Je savais que je n’avais plus rien à perdre. Au 17, après ma «socket» avec mon fer 4, j’ai évité le pire en partageant le trou avec un bogey. Puis, au 18, quand il a raté son deuxième putt, j’ai su que c’était pour moi. C’est énorme de gagner le match sur le dernier trou et d’offrir à ses partenaires le titre.»

«Ils l’ont fait, ajoute soulagé, Nicolas Cano. Ils sont allés la chercher. Je crois que le premier élément déclencheur a été la perte des deux foursomes en quarts de finale puis le second, ma bourde dans la composition des foursomes de la demi-finale. L’un et l’autre ont décuplé leur motivation. Sans oublier le coup très chanceux de Mathieu François au 18. Après tout ça, elle ne pouvait pas nous échapper. C’est un vrai soulagement de s’imposer car il y a tellement d’années où nous sommes passés de très peu à côté avec souvent des équipes très fortes sur le papier. Cette fois, nous n’avons pas trébuché en chemin.»

Auteurs de deux doublés et même d’un triplé (74-75-76), les joueurs de Chantilly auraient bien aimé en réaliser un troisième au Prieuré mais, les Biarrots les ont privés de cette joie de ramener la coupe Gounouilhou à Chantilly.

En vrai gentleman des parcours, Laurent Bailly, le capitaine cantilien, a salué chaleureusement la victoire de Biarritz : «Elle est tout-à-fait méritée, affirme-t-il. Les Biarrots ont gagné la qualification et le titre, il n’y a rien à dire. Ils possèdent en Nicolas Cano un super capitaine. La finale s’est jouée à rien. C’est le sport. Bien sûr, j’aurais préféré conserver le trophée une année de plus. Nous allons travailler sur une nouvelle génération de joueurs, nous appuyer sur les jeunes. Aussi, j’envisage l’avenir avec optimisme. Un grand merci au golf du Prieuré pour son accueil et la qualité de son parcours.»

«Ce fut une bonne semaine pour tout le monde, assure Jean-Pierre Cixous, l’entraîneur de Chantilly. Nous avions, bien évidemment, très envie de remporter cette nouvelle finale. Tout a reposé sur les épaules de Marius (Cara) en demie et en finale. Malheureusement, il a raté deux ou trois petits putts qui auraient pu l’aider à l’emporter. Je regrette que nos deux leaders pour leur dernière participation à cette compétition n’aient pas tenu leur rang dans des matches difficiles.»

Une solidité récompensée pour Leray et Godfrey

Alexis Leray et Félix Godfrey solides jusqu'au bout.

Chantilly n’aura pas volé sa victoire dans le foursome. Félix Godfrey et Alexis Leray ont usé les Biarrots Nicolas Calvet et Nathan Trey pour s’imposer 2 up. 

Malgré le départ canon des Basques, en feu après les six premiers trous, les Franciliens les ont éteints en profitant de leurs quelques erreurs. 

Au cinq, Nicolas Calvet réussissait un eagle en rentrant son troisième coup directement à 112 mètres du piquet. Le mât tremblait sur ce coup de fusil plein godet, et Biarritz prenait les devants. Ils confirmaient cette euphorie sur le par 3 du trou suivant. Trey plantait son coup de fer et Calvet concrétisait le birdie à deux mètres.  

Mais sans s’affoler, les Cantiliens revenaient très vite. Ils gagnaient le 7 (trois putts des rouge et blanc) puis le 8 grâce à un solide birdie. 

Ils ont ensuite pris l'avantage dans le virage en profitant des mésaventures biarrotes. Ces derniers égaraient leur mise en jeu au 10 très à gauche (1 up). Galvanisés, Godfrey et Leray enchaînaient par un nouveau birdie au 11 (2 up). 

Jusqu’au bout, ils ont tenu cet avantage malgré les menaces pressantes du duo inédit Calvet-Trey. revenu à 1 down. 

Les vainqueurs de la précédente édition ont fait parler leur expérience sur ce match. Ils sauvaient un par miraculeux au 14 après s’être complètement égarés à gauche. Leray accrochait un bout de green et enquillait un bon trois mètres pour sauver le par. 

Solidité à toute épreuve, ils bouclaient la rencontre sur le green du 18 par un ultime birdie alors que les Biarrots tentaient le tout pour le tout sans succès. Une victoire méritée pour ce duo costaud.

Duel de Bleus entre Auboin et Veyret

Antoine Auboin n'a pas fait de cadeaux à son ami Victor Veyret.

Premier simple de cette finale, la confrontation entre Antoine Auboin et Victor Veyret est certainement, sur le papier, l’affiche à suivre de cette finale. Partenaires en équipe de France, les deux anciens du pôle France se connaissent par cœur et s’apprécient. « On est potes donc ça fait bizarre de jouer l’un contre l’autre, confirme Auboin. On joue souvent ensemble mais quand on est l’un contre l’autre on se tire la bourre. »

Le choc est une confrontation de style. La puissance et la fougue du Basque face au rythme et au flegme du Cantilien. Mais l’opposition tourne rapidement à l’avantage du premier. En tête dès le 1, Auboin est d’abord rejoint sur un putt génial de Veyret depuis l’extérieur du green au 2. Mais le Biarrot reprend immédiatement les commandes au 3. Pour ne plus les lâcher. « On s’était dit tous ensemble qu’il fallait se mettre tout de suite dedans pour les accrocher le plus possible et cela a bien fonctionné pour moi, explique Auboin. La confiance était là et elle m’a permis de tenir la partie du début à la fin. »

Mené de deux trous après un birdie de son rival au 5, Veyret ne parvient en effet pas à réagir. « J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans la partie, explique-t-il. On a eu seulement quarante minutes de pause au déjeuner. J’étais dans l’euphorie de la victoire face à la Boulie et je n’ai pas réussi à me remettre dedans. » Moins à l’aise que dans la matinée sur les greens, le joueur de Chantilly enchaîne les pars. Insuffisant pour reprendre Auboin qui enchaîne lui aussi les deux-putts.

« J’ai eu pas mal d’occasions de revenir mais je n’ai pas réussi à les saisir. Mes putts à 2 ou 3 mètres ne tombaient pas, » poursuit Veyret. Après neuf trous partagés consécutivement, ce dernier cède finalement au 16. Après avoir tenté de passer par le fairway voisin du 15, le joueur de 21 ans passe par dessus les arbres mais manque le green et commet le bogey. Une belle opportunité pour Auboin de mettre fin au suspense, que le Basque saisit sans trembler pour offrir, en s’imposant 3&2, un deuxième point à son équipe.

Le duel des jeunes a tourné court

Théo Boulet a signé la victoire la plus large de la finale.

Le deuxième simple de cette finale voyait s’opposer les deux plus jeunes joueurs de chaque équipe. D’un coté, Alexandre Bauduin, 15 ans pour le Golf de Biarritz et de l’autre, Théo Boulet, 15 ans lui aussi depuis peu, à la manœuvre pour aider Chantilly à conserver son titre fièrement acquis l’an dernier.

Plus confiant et moins stressé que lors de sa demi-finale du matin, le Biarrot, qui honorait cette semaine sa première participation en Gounouilhou, prenait d’entrée les commandes de ce match, à la faveur d’un double bogey de son adversaire dès le trou numéro 1.

Bien dans leur match sur les quatre premiers trous, les deux joueurs partageaient les trois trous suivants. Le premier tournant du match arrivait alors sur le green du trou 5, lorsque que le jeune joueur de Chantilly enquillait une belle ficelle pour birdie, lui permettant ainsi de revenir A/S au départ du trou 6.

Dès lors, le momentum de ce simple tournait définitivement du coté de Théo Boulet, qui fort d’une seconde très belle ficelle de 7 mètre passait 2up au départ du 8, mettant par la même occasion un coup au moral du jeune Basque. « Après qu’il ait remporté le trou 6, je me suis accroché et j’ai rentré un super putt pour Par sur le 7, mais dans la foulée il rentre un énorme putt pour birdie sur ce même trou et ça m’a fait un peu mal ».

Pourtant déjà habitué à ce type d’épreuves (puisque Champion de France -16 ans en 2015 et vainqueur du Trophée Pierre Etienne Guyot en 2017 avec Biarritz), Alexandre Bauduin n’a jamais su trouver le rythme de cette partie, pour finalement décrocher sur le trou 10. « À partir du moment où sur le départ du 10, on attend… et que je mets mon drive dans un arbre, mentalement je suis plus dedans… Après, j’ai fait que des bogeys… Faut pas faire d’erreurs dans une finale comme celle-là ! »

Toujours 2up au départ du 10, le Cantilien, lui aussi novice en Gounouilhou, s’appuyait toute la partie sur un long jeu extrêmement solide, ne ratant que très peu de greens et rentrant de temps à autres quelques bons putts pour convertir des birdies et enfoncer le clou. « Au départ j’étais stressé, mais confiant, je voulais surtout prendre du plaisir, car si on ne prend pas de plaisir on ne peut pas bien jouer. Mon long jeu m’a beaucoup aidé dans ce match. »

La suite de la partie sera une succession de trous gagnés par le joueur de Chantilly (au 10, au 11 et au 12). Alors 5up et en bonne posture pour remporter le trou 14, Alexandre Bauduin donnait le trou à Théo Boulet qui s’imposait 6&4 dans une partie à sens unique et apportait par la même occasion le premier point de cette finale au Club de Chantilly.

Mathieu Échelard porté par son putting

Mathieu Échelard a été redoutable putter en mains.

Dans le troisième simple, Mathieu Échelard a surtout compté sur un putting solide pour se détacher face à Thomas Le Berre. Un bon par au 1 pour mener 1 up d’entrée, puis un putt solide après une bonne sortie de bunker au 4 pour doubler la mise donnent d’entrée au match une coloration rouge. Thomas Le Berre réagit sur le par 5 du 5, et revient 1 down.

Le départ du par 3 du 6, lors duquel Mathieu Échelard envoie son coup de fer nettement à droite, a pu faire penser à un renversement de dynamique. Son approche sur le coup suivant, qui termine à deux mètres malgré une branche l’empêchant de trop lever la balle, démontre vite le contraire. Son par dans la foulée gagne le trou face au bogey de Le Berre.

Bis repetita sur le par 4 du 7 : alors que son départ, médiocre de son propre aveu (le terme précis utilisé par le Basque est légèrement plus coloré que « médiocre »), se terre dans le rough de gauche, il parvient à avancer jusqu’à une vingtaine de mètres du green, à déposer son approche à 3 m, puis à rentrer un par qui lui permet de partager le trou.

À partir de là, la dynamique passe plus nettement dans le camp biarrot. Obligé de sortir un draw sur le deuxième coup du par 5 du 8, Thomas Le Berre se retrouve trop à gauche, et doit concéder le trou face au birdie d’Échelard. Rebelote au 10, lorsque le Basque met son approche donnée pour birdie. L’approche de Thomas Le Berre, plus compliquée depuis la gauche du green, ne manquait pourtant aucunement de qualité. Seulement, le putt de 2 m du Cantilien fait virgule.

À 4 up, Mathieu Échelard gère son avance. Il parachève au 16, 3&2.

Nicolas Platret offre le titre à Biarritz

Le poing rageur de Nicolas Platret sur le dernier putt.

En cinq participations à la coupe Gounouilhou, Nicolas Platret n’en avait gagné aucune. Aussi sa dernière lui tenait particulièrement à cœur. Etait-il un peu plus tendu au départ du dernier simple l’opposant à Marius Cara ? En tout cas, le Châlonnais de Biarritz n’est pas parvenu à entrer dans son match dès les premiers trous.

Il a pris trois putts au 2 pour se retrouver mené (1 down). Un par au 4 lui a permis d’égaliser. Les deux adversaires ont  partagé les deux trous suivants. Puis, au 7, un chip topé du Biarrot lui a coûté le trou (1 down). Sur le par 5 du 8, Marius Cara a touché le green en deux et rentré le putt pour l’eagle (2 up).

Le champion de France minimes 2017 a donné le 10 à Nicolas Platret après deux chips approximatifs (1 up). Les deux joueurs ont loupé leur putt pour le birdie au 11. Ils ont tous les deux concédé un bogey au 12. Puis sur le par 3 du 13, Marius Cara a «cravaté» un petit putt pour le par (AS).

Le Biarrot a laissé échapper une belle occasion de prendre l’avantage au 14 en n’enquillant pas un putt de trois mètres pour le birdie. Sur le par 5 d’après, il a égaré sa mise en jeu dans les arbres et a dû se recentrer. En trois sur le green, il a pris trois putts et perdu le trou (1 down).

Au 16, Marius Cara lui a fait un cadeau en loupant un petit putt pour le par et partager le trou. De nouveau «all square», une «socket» de Nicolas Platret sur son attaque de green du 17 a bien failli causer sa perte. Mais, il a sauvé le bogey et, de son côté, le Cantilien, mal placé contre le tronc d’un arbre, n’a pu mieux faire.

Ayant toujours l’honneur, le Biarrot a tapé un gros drive au départ du 18. Celui de son adversaire a atterri dans le rough de gauche derrière un arbre lui interdisant d’attaquer le green en deux. Il s’est replacé sur le fairway. Nicolas Platret en atteint le green grâce à un coup de fer 7 de 170m.

Le troisième coup de Marius Cara a pitché à six mètres du drapeau. Plus loin du trou, Nicolas Platret a putté le premier et s’est mis à un mètre. Son adversaire a dépassé le trou d’un mètre et loupé le putt de retour. Le Châlonnais n’a pas manqué le sien pour la victoire et le titre de champion.


Par La rédaction
1 mai 2018