Evaluer le volume, la destination ou le type de traitement des déchets des golfs

La filière du golf doit chercher à développer des dispositifs limitant la production de ses déchets, intégrant les filières de recyclage et de valorisation, sensibilisant et impliquant les clubs, les pratiquants et les producteurs/fournisseurs.

L'utilisation intensive des ressources, le rejet des déchets dans l'environnement et leur mauvaise gestion contribuent à détériorer à la fois l’environnement et nos lieux de vie, à impacter la santé humaine, les espèces vivantes et les habitats. L’ensemble des écosystèmes, dont les écosystèmes marins ou côtiers, sont dramatiquement touchés par les millions de tonnes de déchets rejetés. La quantité de déchets que nous générons est étroitement liée à nos modes de consommation et de production. Tout déchet qui n'est pas valorisé ou recyclé représente un gaspillage de matière première à tous les niveaux, que ce soit au niveau de la production, du transport ou de la consommation. Une mauvaise gestion des déchets peut également avoir des conséquences directes et indirectes sur la santé, la production alimentaire, le tourisme et, d’une façon générale sur l'économie et la société. La gestion des déchets demande un effort collectif de toutes les parties concernées : consommateurs, producteurs, transporteurs, responsables politiques, autorités locales et bien sûr des acteurs directs de la gestion des déchets.

Les consommateurs disposés à trier leurs déchets ménagers ne peuvent le faire qu'à la condition qu'une infrastructure de collecte soit en place. En parallèle, les collectivités ne peuvent recycler davantage que si les consommateurs trient leurs déchets.

Les principales sources des déchets générés sur les golfs 

Les activités de gestion

• déchets organiques liés à l’entretien des parcours : déchets verts (tontes, feuilles, bois d’élagages...), supports de culture,
• déchets d’emballage (plastiques, papiers, cartons, métaux, verre...),
• déchets toxiques (emballage des produits phytosanitaires, huiles, solvants, produits de nettoyage...),
• matériels d’entretien et outils en fin de vie.

La fréquentation des pratiquants

• déchets d’emballage (plastiques, papiers, cartons, verre, métaux...),
• déchets organiques biodégradables (alimentation, restauration),
• matériels sportifs (notamment les balles perdues dans les espaces naturels).

Des indicateurs clés doivent permettre aux installations golfiques d’évaluer en fonction de la nature des déchets, leur volume, leur destination ou le type de traitement (recyclage, valorisation, filière spécialisée) de manière à dresser des bilans de leurs impacts, des progrès réalisés et ainsi mettre en avant leur gestion responsable.

Les fabricants d’articles de sport et de loisir seront prochainement contraints d’organiser une filière pour leurs produits en fin de vie (réemploi, réutilisation, recyclage), au titre de la Responsabilité Élargie du Producteur (REP) et avec le principe d’une « éco-contribution » au moment de l’achat. Le principe étant la prévention, la gestion complète du cycle de vie d’un certain type de produit et la mise en œuvre de l’écoconception pour leur donner une seconde vie. Les mesures qui impacteront l'activité des entreprises seront : l'obligation d'information du consommateur sur les caractéristiques environnementales des produits, l'intégration de matière première recyclée, la reprise obligatoire des produits. Ces obligations peuvent constituer de nouvelles opportunités notamment pour la filière du golf car 32% des Français déclarent que la connexion avec la nature motive leur pratique sportive. Pratiquer des sports de nature et agir pour sa préservation doit faire sens pour les professionnels du secteur. Compte tenu que la ffgolf ne produit pas d’articles de golf son rôle sera d’inciter à privilégier les achats responsables, à créer des points de collectes de matériels usagés et trouver des débouchés en termes de recyclage et de valorisation des matériels de golf.

Focus sur les déchets verts

Depuis 2011, ils sont considérés comme déchets ménagers et il est interdit de les brûler. Les déchets verts produits sur un golf ne doivent pas être considérés comme des déchets car ils peuvent être traités et valorisés de plusieurs façons. Ils peuvent être déposés en déchetterie ou dans le cadre d’un circuit de collecte pour par exemple être valorisés en engrais naturel par compostage ou en énergie par méthanisation. Les surfaces et configurations des golfs peuvent permettre de composter les déchets verts tels que les résidus de tonte (greens et zones de fauche tardive) et de taille, les feuilles mortes...

Les déchets verts exportés peuvent être réutilisés en paillage après broyage pour les cheminements, en micro-habitats pour la biodiversité (tas de bois mort, hibernaculum...) et en compostage pour produire des terreaux réutilisés sur les parcours. Il est néanmoins impératif de veiller à ce que les aires de compostage choisies n’impactent pas les sols, les nappes ou les milieux naturels et soient bien entretenues (maintenues humides et régulièrement oxygénées).

La fréquence des tontes peut être organisée afin de ne pas être obligé de collecter les déchets. Laisser les résidus de tonte sur place (mulching sur les fairways, roughs, départs), ne contribue pas à l’augmentation du feutre.

Ces résidus seront recyclés par les organismes du sol et permettront un apport complémentaire de fertilisation (pas d’exportation de matières, ni de nutriments).